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Subversion, quand tu nous tiens...

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Comme il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent question politique - car pour paraphraser Michel Houellebecq, "la magie hypnotique qu'il [Macron] répand continue à opérer", il me semble que l'heure est venue de parler un peu, comme je l'avais précédemment annoncé, d'un personnage fort bien placé dans la médiasphère, j'ai nommé le sieur Feldschuh, dit Michel Field. Récemment, on a pu lire que le drôle s'était fait vider du poste très lucratif qu'il occupait jusqu'alors : directeur de l'information de France Télévisions, ce qui n'est pas rien au point de vue influence et niveau de responsabilités. Et certains ont pu découvrir le sémillant personnage à cette occasion. Mais je reviens bien, bien en arrière...

En 1973, au mois de mars me semble-t-il, j'avais été stupéfait - et même stupéfié - de constater que, dans le lycée-collège où j'exerçais alors (nul n'est parfait), les classes de cinquième s'étaient mises en grève... "contre la loi Debré", rejoignant ainsi de nombreuses cohortes de cet établissement. Je passe sur cette loi, à laquelle le père de la Constitution de la Ve (aujourd'hui bien écornée, il faut le constater) avait donné son patronyme. Mais quoi ? Des élèves de cinquième ? Que pouvaient-ils connaître de cette loi ? Ou, de façon plus abrupte, qui les avait entraînés sur cette voie, qui consistait surtout à sécher les cours ? Je passe aussi sur cette navrante habitude - car c'est devenu une habitude - de sécher les cours, à l'instigation de meneurs voire de partis politiques, et d'aller "manifester" (le regretté "philosophe du quotidien" Pierre Sansot, qui jadis fut mon prof, a écrit sur "la Manif" des pages savoureuses). Il y aura donc bientôt un demi-siècle, et les "enragés", comme on les nommait depuis 68, continuaient de fourbir leurs armes pour tenter de foutre le bordel dans ce "cher et vieux pays" : tous les jours, nous constatons les amères retombées de leurs délires prétendument subversifs.

Or donc, très récemment, feuilletant un hebdo "pédagogique" aujourd'hui disparu, je tombai sur un libelle (ayant les honneurs de toute une grande page !) dans lequel un dénommé Field, Michel, un petit merdeux de 19 ans à peine, "responsable lycéen de la Ligue communiste", éructait sa haine de la société (in l'Éducation, n° 177 du 24 mai 1973). Mais lisons quelques-uns de ses propos, publiés sous le titre "Un moyen d'embrigader la jeunesse" :


"Qu'il soit militaire ou national - peu importe la différence - le service est toujours un an de pris dans la vie d'un jeune pour lui inculquer beaucoup plus que le métier des armes, une idéologie : laquelle transpire par tous les pores des revues militaires et des documents officiels. Les militaires le disent eux-mêmes : l'école ne répond plus aujourd'hui aux besoins qu'a le pouvoir d'asseoir son idéologie et il le fait faire par l'intermédiaire de l'armée... C'est ainsi que sur un an, on pourrait compter les périodes où on parle réellement de l'apprentissage des armes, mais au contraire sont privilégiés tous les moments d'intoxication et de propagande contre le communisme, etc. De ce point de vue il n'y a pas pour nous de différence fondamentale entre le service militaire et le service national. Dans les deux cas, c'est un moyen d'embrigader la jeunesse et je crois que les luttes qui ont eu lieu en mars et avril dernier ont montré que cette jeunesse n'était pas disposée à se laisser faire comme ça.

La commission Armée-jeunesse, quant elle, a montré qu'elle n'était absolument pas représentative : alors qu'il y avait des centaines de milliers de jeunes dans la rue, leurs représentants étaient refoulés par la police lorsqu'ils voulaient pénétrer dans la salle de la Commission ; en fait, cette dernière groupe des généraux des scouts de France et autres organisation qui sont à notre avis fort peu représentatives des jeunes... [...]

Les UNEF ? Oui, elles ont siégé à la Commission et sont de fait officiellement les représentants des étudiants. Mais lesquels ? Pas ceux en tout cas qui s'étaient eux-mêmes dotés de structures telles que les collectifs de grève et qu'on a refusé de recevoir quand ils ont voulu entrer [...].

Quant au sens, à la philosophie du service national... en tant que militant de la Ligue communiste, ce service représente un rouage dans tout un complexe d'embrigadement qui a de l'école à la famille en passant par l'armée. Et notre politique, à la Ligue, c'est d'accepter d'aller le faire pour tenter de montrer à tous les soldats ce qu'il représente et accomplir à l'intérieur de l'armée un travail d'agitation, un travail antimilitariste. C'est ce que font tous les groupes révolutionnaires, les ligues communistes entre autres.[...]".

Voyez-vous ça, à dix-neuf ans, ce culot et la profondeur de cette réflexion ! On en demeure pantois ! Mais le même hebdo devait publier, quatre mois plus tard, la protestation d'une enseignante, Directrice de Collège  (bien isolée, je trouve) :

"Je trouve inadmissible que les propos du jeune Field soient relatés dans le numéro 177. Monsieur le ministre peut juger "peu gênant" d'être pris à partie devant les téléspectateurs par ce petit jeune homme, les chefs d'établissement abonnés à l'Éducation sont loin de l'accepter, alors qu'on les rend, par des circulaires draconiennes, responsables  de  la sécurité, pour tous les cas où de jeunes Fields poseraient des bombes ou mettraient le feu dans leur établissement.

En fait, l'Éducation est désormais le lieu où s'élabore une pensée qui n'a plus rien à voir avec l'éducation, et de surenchère en surenchère, de crainte de passer pour "peu libérale", cette revue devient l'organe d'une anti-éducation que désavouent de vieux et de jeunes lecteurs. l'Éducation désormais, sous prétexte de se rénover, ne fait plus rien d'autre que privilégier la subversion. Tout ce qui pense en France pense la même chose, et la lumière vient de l'Est. La directrice que je suis, fonctionnaire, accepte à la rigueur de recevoir des coups de bâton, mais non d'acheter le bâton".

 

Mal en prit à cette Janine P. ! Car sa lettre était suivie d'une réponse de la rédaction, bien faite pour mettre les rieurs de son côté et ridiculiser la donzelle :

"Au risque de recevoir des foudres, elles aussi sans doute venues de l'Est, l'Éducation n'éprouve aucune gêne à publier cette lettre qui nous accuse de la rage, de la même façon qu'elle croit de son devoir d'informer ses lecteurs, aussi objectivement et aussi largement que possible [...]"...

Démagogie et jeunisme, quand vous nous tenez ! C'était il y a presque un demi-siècle... Avec le recul, à qui donner raison, hein ? Vous me direz, cette Janine n'était qu'une anticipation sur la France moisie... Ben voyons !

Justement, voyons : le dénommé Field, comme le dénommé Geismar, comme le dénommé Serge July (tiens, il me semble bien que "Libé" fut fondé au moment des "protestations" contre la loi Debré...), et comme tant et tant d'autres convulsionnaires gauchistes (au nombre desquels les Krivine et autres Cohn-Bendit, ce dernier pédophile repenti, continuant à nous abreuver de ses conseils à la con), qui avaient l'ambition de faire table rase de l'épouvantable société bourgeoise... étaient tous issus des beaux quartiers et y revinrent, leur gourme jetée. Pour se jeter sur les profits à tirer, individuellement, de la société bourgeoise honnie. Je ne ferai, à cet égard, que citer le cas de Geismar, ayant fini... Inspecteur général de l'Éducation nationale (ce qui certes ne lui alla pas plus mal que la lutte contre la fraude fiscale à Cahuzac, ou la loi sur la moralisation de la vie publique à Bayrou) ; bon peuple, ils t'ont donc eu !

Mais revenons à notre Field, qui s'invente aujourd'hui une stature (il a tout de même passé une agrèg de Philo), en fumant la pipe à la façon d'un Jean Piaget : avant d'être promptement mis à la porte (il eut la sagesse de démissionner, et ne craignez rien pour lui, il dispose aussi de parachutes dorés, mais chut, plus molle sera la chute), il avait été mis plusieurs fois en cause pour son appétit monétaire (comme Salvador Dali, c'est un Avida Dollars) car il s'était adonné aux "ménages". Rassurez-vous, il ne s'était pas soudainement emparé d'une serpillière, les Portugaises sont faites pour ça, que diable ! Un "ménage", dans ce milieu, ou une pige, si vous préférez, c'est une prestation fort bien payée (5 000 euros pour deux heures de représentation !) ; et payée par qui ? vous n'allez pas me croire : par l'Éducation Nationale ! Bonne fille, cette administration confiait à l'ancien  "responsable lycéen de la Ligue communiste", la responsabilité du petit discours de remise des prix du concours général... des lycéens. Faut-il en rire, ou en pleurer ? C'est selon...

Commentaires

1. Le mercredi, 28 juin 2017, 10:26 par Marie

Et dire qu'il n'y a personne à droite pour moucher comme il le faudrait ces gauchos, 'déboulonneurs' de société !
Bien déniché, ce passé facho de gauche !

2. Le mercredi, 28 juin 2017, 10:31 par Marie

Vous faites bien de rappeler à la pensée unique médiatique que le petit Dany aimait à se faire toucher la braguette par des enfants...

Mais chut ! A gauche c'est permis entre deux "chichons" !

3. Le vendredi, 12 avril 2019, 08:36 par Parachute

Vous avez tellement raison...

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