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L'humanité échouée

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"Pas plus que nous voyons la maladie quand nous nous promenons dans la rue, nous ne mesurons ce qu'il peut y avoir d'immoralité derrière la façade que l'humanité nous montre" (Henri Bergson, Les deux sources..., p. 7).

Naturellement, je sais bien que je vais être traité - avec beaucoup d'autres - de cynique sans-cœur. Je m'y attends. Mais tout de même, depuis deux jours, on ne voit plus que cette photo, sur le Net et ailleurs : cet enfant (syrien ?) échoué sur une plage turque.

Donc, inutile de la reproduire, les consciences éplorées s'en sont chargées, afin que nous tous tombions dans le panneau.
Bref, on nous refait le coup de l'affaire al-Durah, cet enfant "palestinien", dans les bras de son père, en septembre 2000, et soi-disant tué par des tir israéliens. Et allons-y sur le "complot sioniste" ! Quand on connaît le mépris du Hamas pour la vie humaine (de ceux, y compris des leurs, qui n'ont pas le petit doigt sur la couture du pantalon), il y a de quoi s'indigner…

On nous repasse donc le plat. Non que le sort de ce jeune enfant, sur une plage, nous soit indifférent. Mais enfin, qui parle encore de la petite dizaine d'enfants français, noyés cet été, à la plage ou dans une piscine ? Vous me direz que ce n'est pas pareil : évidemment, c'étaient des Européens. Mais alors, qu'on me permette de faire une nouvelle fois allusion au sort de malheureux enfants musulmans, durant la guerre Iran-Irak, dans la décennie 80. Les belligérants, sans que la conscience internationale s'émeuve plus que ça, n'ont alors pas hésité à sacrifier des centaines voire des milliers d'enfants, les envoyant à la mort, pour ouvrir les champs de mines ! Mais qui s'en souvient ?

C'est pourquoi je fais mien ce commentaire paru anonymement sur la Toile. Tout y est dit. Salut, inconnu. Et fraternité.

"Mais quelle entourloupe que cette photo ! Quel cinéma indécent de la part des médias ! Comme les passeurs doivent se réjouir d'une si poignante dramaturgie virale ; Hollywood ou le comité Nobel en feront certainement quelque chose de formidable et tenteront même, moyennant quelques bakchichs, de retrouver les protagonistes ou compagnons d'infortune pour quelques productions de charity business…
Des enfants chrétiens crucifiés à la chignole, des hommes noyés dans une cage, ou brûlés vifs sur broche géante : il y a 1 000 photos attestant de la bestialité des islamistes en Syrie et qui auraient pu, également, en Une des journaux, provoquer un basculement de l'opinion publique, forçant ainsi les gouvernements occidentaux à mettre un terme militairement aux bouchers décapiteurs musulmans de Daesh.
Eh bien non, on en choisit une qui permet de ne pointer ni les salopards de passeurs devenus millionnaires, ni le sinistre gouvernement turc qui bombarde les Kurdes, les seuls qui osent affronter l'État Islamique les armes à la main, ni tous ces jeunes hommes en âge de se battre, mais qui fuient leur pays laissant derrière eux sans défense, leurs femmes, leurs sœurs, leurs mères et leurs enfants, ni les monarchies pétrolières, baignant dans une dégoulinade sans fin de pognon, qui arrosent sans vergogne les bouchers de la région mais qui n'accueillent pas le moindre de leurs coreligionnaires migrants ; encore moins les responsables politiques occidentaux qui sont allés semer le chaos en bons néo-colonialistes qu'ils ne se voyaient pas. La vertu de cette photo ? : me culpabiliser pour que j'admette l'idée de ce tsunami migratoire qui va bouleverser la société déjà délitée et fragile dans laquelle je dois tenter d'élever mes enfants. Le chaos de banlieues islamisées encore plus incontrôlables, voilà ce à quoi je suis obligé de dire oui, et tout de suite s'il vous plait !
Comme c'est touchant, comme elle est culpabilisante cette photo si bien composée, tellement bien calibrée pour les réseaux sociaux : tout y est… Comme un violent goût d'eau de mer dans ma bouche… "

Sans vouloir donner du lustre à l'effroi des habituels complotistes, on se prend tout de même à penser que les théories du dénommé Richard Coudenhove-Kalergi (destruction systématique de l'esprit chrétien-européen par l'immigration de masse et le métissage) sont peut-être lentement, souterrainement, méthodiquement, inexorablement mises en application. Réveiller la conscience des pays européens ? Mais quelle insupportable indécence !
"Bon public, est-ce qu'ils t'auront ?" : tel était le titre d'un ouvrage assez iconoclaste (il ne s'agissait pas de géopolitique), rédigé si j'ai bonne mémoire par un Inspecteur d'Académie (M. Lavarenne) : "ils" sont en train de nous avoir.

P.S. - "Presque à tous les coups, et il en mettrait sa main au feu, il devait s'agir d'un malheureux mort de faim et de soif après quelques jours d'agonie, en espérant toujours vainement voir la fumée d'un vapeur ou la simple silhouette d'un chalutier. Mieux valait ne pas y penser, à ces histoires, parce que ce que racontaient les pêcheurs était terrible : les filets qu'on jetait à l'eau remontaient souvent avec des cadavres, ou des morceaux de cadavres qui étaient nouvellement balancés à la mer. Des restes de centaines et de centaines d'hommes, de femmes, d'enfants qui avaient espéré arriver, après un voyage affreux à travers les déserts et les lieux désespérés qui les avaient décimés, dans un pays où ils auraient pu gagner leur quignon de pain.
Pour ce voyage, ils s'étaient dépouillés, vendant tout, corps et âme, pour pouvoir payer à l'avance les négriers qui faisaient commerce de chair humaine et qui n'hésitaient pas à les laisser mourir en les jetant à l'eau au moindre signe de danger" (André Camilleri, L'âge du doute, une enquête du commissaire Montalbano, 2008).

À propos du gamin retrouvé noyé sur une plage, certes, pas de quoi rire. Ce pauvre gosse n'a pas eu d'autre choix que de suivre un père qui, probablement, recherchait autant un asile économique que politique. Et qui l'a emmené à la mort. En attendant, c'est une véritable invasion qui se produit sous nos yeux et que nous sommes incapables d'arrêter. Et parce que nous sommes incapables de l'arrêter, nous préférons lui donner une couleur acceptable : celle d'une fuite de millions de gens devant l'horreur. Certes, le régime de Bachar n'est pas d'une grande douceur. Mais qu'on ne nous prenne pas pour des idiots. Là-dedans, il y a aussi des gens qui, tout simplement, veulent mieux vivre, veulent plus de confort, de consommation. On ne va pas le leur reprocher, c'est humain.
Et nous, tétanisés, anesthésiés par le discours lénifiant des droitsdel'hommistes, par Monsieur G. Sorman qui nous dit que "les réfugiés d'aujourd'hui me rappellent mon père fuyant le nazisme", nous regardons ce défilé ininterrompu et cherchons même des logements pour cette foule. Et si tout ceci n'était que l'avant-garde ? Pourquoi pas l'Afrique entière, après le Proche-Orient ? Je crains que l'Europe ne soit devenue un continent moribond, condamné à disparaître. Et quand on y regarde de près, il n'aura pas fallu longtemps pour cela ! - Jean-Louis.

Et puis : comment Monsieur Kudri, père de l'enfant de la photo, peut-il se présenter comme "réfugié ayant fui son pays (la Syrie) dans lequel il se sentait en danger", et y retourner sans problème pour y enterrer les corps de sa femme et ses deux enfants ?... Mystère - Alain.

Tout à fait d'accord, encore une fois. Il est tout de même renversant de voir qu'un seul enfant noyé photographié et médiatisé a fait plus sur le plan politique que des milliers déjà au fond de la Méditerranée. Les problèmes, s'ils ne sont pas en surface, n'existent donc pas. Électeurs, êtes-vous là ?
J'ai donné vos adresses pour que vous puissiez recevoir et loger ces braves gens qui sont tellement en danger chez eux qu'ils peuvent sans problème y retourner pour y enterrer un des leurs, caméras présentes ..???
Vous pouvez en prendre combien ? Moi, je ne peux pas plus, j'ai déjà des chats, des chiens ;-)
Amitiés et voie d'eau à bord - Jean-Claude.

 

 

2015-09-03 05:10 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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