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De la Grèce à l'Énarchie...

, 09:02 - Lien permanent

Le Monde de ce jour publie un bien curieux article, et qui me donne à penser. Mais qu'on en juge plutôt.
Le quotidien du soir et des bobos du Marais donne la parole à un dénommé Nikolas Bloudanis, historien spécialiste de la Grèce (moderne), et l'interroge à partir d'un ouvrage récemment commis par ce personnage ("Faillites grecques, une fatalité historique ?" - Éditions Xérolas).

Et que nous dit Nikolas, à propos de son pays : "La fonction publique est en grande partie incompétente. Et pour cause : les recrutements reposent sur le clientélisme. Les avancements sont fondés sur l'ancienneté, jamais sur les qualités professionnelles, y compris au sommet de la hiérarchie, dans les ministères [...] ... D'autres pays, bien sûr, souffrent aussi de tels maux. Mais en Grèce, ils sont poussés à leur extrême. En France, Charles de Gaulle a créé l'École nationale d'administration en 1945 pour mettre fin au clientélisme qui régnait en maître sous la IIIe République, et pour qu'un personnel qualifié fasse tourner l'État. En Grèce, il n'existe aucune formation consacrée aux fonctionnaires ! La gestion des ressources humaines s'y fait en dépit du bon sens, etc. etc."

Bon sang, mais c'est bien sûr ! Mutatis mutandis, ce diagnostic sans appel pourrait s'appliquer à un autre pays, très proche de nous, puisqu'il s'agit du nôtre ! Certes, les maux endémiques décrits par notre historien ne sont pas, chez nous, "poussés à leur extrême". Quoique...
Certes, chez nous, on peut invoquer une raison historique, le NAP. Le Noyautage des administrations publiques (sorti du cerveau du sieur Plaisantin - comme son nom ne l'indiquait pas) consistait, pour les cadres de la Résistance (l'authentique), à préparer des lendemains qui chanteraient. C'était donc quelque chose de parfaitement légitime, pour saboter l'effort de guerre pétainiste et nazi (il était d'ailleurs question de "sabotage professionnel").

Mais cela a perduré et continue : le NAP de temps de paix, surtout avec le poste que le déserteur Thorez occupa à la Libération, est devenu une discrète machine socialo-communiste (surtout communiste, d'ailleurs, me semble-t-il, car les staliniens ont largement plumé la volaille socialiste) destinée à placer, dans tous les rouages de l'État, des "camarades" sûrs, non par leur compétence, mais par leur dévouement aux ordres reçus : et cela s'est poursuivi : pour ne prendre que l'exemple du service audio-visuel public, en mai 81, plusieurs journalistes y ont été nommés directement par le P.C. - et une "réactivation" a eu lieu sous la "gauche plurielle" de Jospin.

Quant à l'ENA, mise en place non par de Gaulle mais par Debré (l'Amer Michel), son but primitif a été largement dévoyé, et l'envahissante race de l'énarchie explique une partie de nos maux actuels...
Qui donc a dit que notre situation était très proche de celle de la Grèce ? Celui-là, au moins, savait de quoi il retourne...

 

 

[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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