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Charlie(s)

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J'ai toujours eu en sainte horreur l'attitude des gens d'Hara-Kiri (qui rit jaune) et de Charlie-Hebdo (avec à leur tête l'épouvantablement grossier "Professeur" Choron), et leur humour à deux balles, et leurs atteintes injustifiables ("Bal tragique à Colombey : 1 mort", au lendemain de la disparition du Général). Mais naturellement, j'ai acquis, et je conserve précieusement, leur numéro consacré aux caricatures de Mahomet - même si l'aspect réflexif ne va pas chercher bien loin.

Mais cette fois, il est question de bien autre chose ; car la liberté de penser, même cruellement, ne se divise pas.
Ainsi, l'équipe de Charlie-Hebdo a payé l'horrible tribut du sang, qui lui a été imposé par un trio d'assassins fort bien renseigné (par qui ?) intervenant, paraît-il, "de manière quasiment militaire".

Rentrant du cinéma (La traque de Guy Georges), j'ai ouvert ma radio et entendu l'indicible. Et je me suis retrouvé quatorze années en arrière, le 11 septembre 2001, retournant chez moi après avoir visité une vieille amie, et complètement incrédule en écoutant le sort dévolu au World Trade Center.
Aujourd'hui, j'ai éprouvé le même serrement de cœur, la même terrible impuissance, qui fait jaillir d'épouvantables idées de vengeance. J'étais sur RTL : l'heure à laquelle les Grosses Têtes débitent de grasses conneries plus grosses qu'eux, et j'ai été frappé que les mêmes, sur le massacre de Charlie-Hebdo, pussent se muer soudain en êtres parfaitement sensés, et doués de réflexions relativement profondes. Parmi eux intervenait, si j'ai bien entendu, Hassen Chalghoumi, l'imam de Drancy, bien connu pour son attitude "modérée" qui lui a valu les foudres de ses fidèles (est-il donc besoin d'aller plus loin ?), et dont les propos sans nul doute sincères, mais assez lénifiants, m'ont fait irrésistiblement songer à un débat qui prit place, voici trois ans et demi, autour de l'ouvrage de Ch. Caldwell ("Une révolution sous nos yeux"). En effet, le dénommé Malek Chebel (créateur de l'expression "L'Islam des Lumières" !) s'inscrivit vigoureusement en faux contre la thèse de Caldwell, allant jusqu'à parler d'un "Islam européen sécularisé", alors que chacun sait, à l'exception notable de Jacques Chirac, que les racines de l'Europe ne plongent que dans le terreau judéo-chrétien.

Un lecteur de Valeurs actuelles (20 octobre 2011) le reprit vertement : "Monsieur Chebel prétend qu'il voit émerger un islam sécularisé et compatible avec la culture occidentale. Ou bien c'est une posture hypocrite, ou il vit dans un monde irréel. Il suffit de voir la réalité au quotidien dans la rue, la provocation des femmes musulmanes de plus en plus couvertes des pieds à la tête, et les hommes en tenue du bled à la sortie des mosquées pour se rendre compte qu'ils ne veulent pas adopter nos us et coutumes, ne serait-ce que vestimentaires". La pensée unique voudrait traiter une telle réaction d'islamophobe. Il n'y a pourtant là qu'un simple constat, certes très désagréable à rappeler : depuis l'Hégire - depuis le milieu du VIIe siècle, partout où l'Islam a étendu, par le fer, le feu et le sang, ses immenses conquêtes, la misère et la violence ont régné en maîtresses - et l'asservissement de la femme ; il n'y a pas d'islam "modéré" : il n'y a que la Charia.

Mais il conviendrait d'ajouter ceci, que malheureusement, à cause du politiquement correct, on a feint d'oublier, lors de l'hommage national qui fut rendu à l'immense Lévi-Strauss, de citer ces quelques phrases définitives, extraites de Tristes Tropiques : "Grande religion qui se fonde moins sur l'évidence d'une révélation que sur l'impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l'intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s'en rendent coupables ; car s'ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c'est plus grave) incapables de supporter l'existence d'autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l'abri du doute et de l'humiliation consiste dans une "néantisation" d'autrui, considéré comme témoin d'une autre foi et d'une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d'une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s'avouer, puisque en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants" (chapitre 39, Pléiade, Œuvres, page 433).

Je rentrais chez moi, et sur seulement trois kilomètres, j'ai croisé une dizaine de femmes voilées : "La France va payer très cher son politiquement correct", affirmait Caldwell. Nous y voici. Et honte sur ceux qui se sont appuyés cyniquement sur le vote des musulmans pour prendre le pouvoir, et vont à présent verser des larmes de crocodile. Ceux-là ne sont pas fondés à demander au pays la solidarité républicaine.

Moi non plus, je n'ai jamais été un fan de Charlie Hebdo que tout le monde, aujourd'hui, s'empresse d'encenser dans une belle unanimité moutonnière. Et je vais même plus loin, au risque de me faire traiter de facho et autres noms charmants : je n'ai pas apprécié leurs caricatures de Mahomet car, contrairement à beaucoup - si j'en crois ce que j'entends sur Sainte Télévision - je pense qu'il y a des sujets dont on ne doit pas rire n'importe comment. Car il est une notion ancienne, en voie de disparition, j'en conviens, qui est celle du Sacré. Que je ne confonds pas avec une religion archaïque, produite et entretenue par des hommes. On a le droit de s'en tamponner le coquillard du Sacré, mais on ne peut reprocher à ceux qui y adhèrent d'y attacher du prix. Il ne faut donc pas s'étonner ensuite, si on ne se fait pas que des amis. Cela étant posé, il va de soi que rien ne justifie les assassinats odieux de ce jour. Même au nom du Sacré, on n'a pas le droit d'agir ainsi. Mais dans des têtes malades, stupides et probablement analphabètes, le maniement inconsidéré d'un gros rire qui tache, ça peut mener loin. La preuve. Quant aux exécutants tout aussi stupides, "bêtes et méchants", si vous voyez ce que je veux dire, ils seraient de bons petits Français que je n'en serais pas surpris outre-mesure. Comme leurs victimes, journalistes, policiers ou économiste. Quel bilan pour notre République bafouée, par la faute d'une pseudo-élite compréhensive, pleine de mansuétude, incapable d'affirmer quelques principes simples avec fermeté ! - Gorenflo

J'adhère entièrement à ce post. La communauté musulmane ferait mieux de moins cultiver la différence, l'arrogance et l'insolence si elle veut pas que cela finisse en tragédie... - Nicolas

Merci de nous rappeler Tristes Tropiques : la France va, en effet, payer très cher son politiquement correct.
"La merde a de l'avenir. Vous verrez qu'un jour, on en fera des discours ! À force de ne pas parler des choses, par élégance, on ne dit rien et on l'a dans le cul" (Louis-Ferdinand Céline).
"L'avenir de notre cher Hexagone se situe entre un vaste parc d'attractions touristiques, et des forteresses islamiques, entre Disneyland et le Kosovo" (Eric Zemmour).
"Le scepticisme est l'élégance de l'anxiété" (Emil-Michel Cioran).
"Il est surprenant de constater avec quelle facilité les démocraties nous permettent d'atteindre nos objectifs" (Adolf Hitler).
"Ce sont les hommes qui font l'histoire. Mais ils ne savent pas l'Histoire qu'ils font" (Raymond Aron). - Alain

 

 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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