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Ça déménage, une fois !

, 18:03 - Lien permanent

Et ce sera la dernière, eu égard à mon âge, et au considérable travail que j'ai dû accomplir pour mener cette immense tâche à bien (?), depuis trois mois ; sans compter le branle initial fourni par mon fils, échappé pour quelques heures de dur labeur de haute technologie, à la bousculade de Microsoft et autres Amazon... En effet, si c'est la quatrième fois que mon site change de look (cette fois, on ne rit pas, il devient dynamique, qu'on se le dise), c'est la deuxième et dernière fois que je dis adieu à un hébergeur. En l'occurrence, présentement, celui qui m'a gratuitement et "librement" hébergé durant plus de dix années. Cette décision, je l'ai mûrie longuement, si je l'ai prise il y a presque trois ans, très exactement fin novembre 2006, alors que j'attendais mon avion à Changi, où tout n'est qu'ordre et beauté, 
Luxe, calme et volupté
comme aurait pu dire Baudelaire, si son Invitation au voyage avait conduit ses pas en Asie du Sud-Est, et plus précisément jusqu'à Singapour.
C'est dans cet endroit merveilleux, en effet, que tapotant sur mon clavier pour tromper un irrépressible stress (je déteste les aéroplanes, ce que c'est que de nous), j'eus la désagréable surprise de recevoir, comme je l'ai déjà raconté dans un billet nommé L'affaire Anastasie, un courriel m'ordonnant – et sur quel ton comminatoire - de "cesser des agissements... répréhensibles", et de fermer mon blog dans les quatre jours. Sous peine de plainte en justice. Et ceci  parce que des commentaires, à la vérité fort nombreux, postés à la suite d'un de mes cinq cents billets (à l'époque), n'avaient pas eu l'heur de plaire à un ancien assassin (= meurtrier de sang-froid, avec préméditation) !

J'avoue que cela m'avait froissé sur le moment, mais aussi amusé car, ayant retiré le billet incriminé, et l'ayant remplacé par un long et acerbe commentaire de mon cru, j'ai reçu une demande émanant de l'un des employés du fournisseur dont la devise est (paraît-il) : la liberté, ça n'a pas de prix ! me demandant de bien vouloir lui adresser ce que je venais de censurer, parce qu'il était vivement intéressé par cette polémique...

J'ajoute que le même fournisseur - que d'aucuns sont allés jusqu'à qualifier de déplorable hébergeur - avait déjà coupé sans me prévenir l'accès à mon site, sous prétexte que mon blog était envahi de spams (il faut s'y tenir, en effet, pour les effacer), et qu'à de nombreuses reprises, à la suite d'incidents, le même accès était interdit, et ce, sans aucune excuse. Car à mes yeux, la gratuité ne tient pas quitte le provider de ses manques : je n'en veux pour preuve que les propriétaires de Xiti, logiciel de statistiques gratuit pour un usage particulier (et des fonctionnalités restreintes), qui se confondent en excuses chaque fois, et c'est rare, qu'un bug les empêche de délivrer un service normal.
Enfin, outre l'assassin que j'ai dit, d'autres récriminateurs avaient essayé de m'avoir auparavant, parmi lesquels, des tenants d'une "sexualité différente", ou encore des zélateurs d'un Islam "non modéré".
Il fallait donc que je parte, c'est chose faite. Et tous ces braves gens, désormais, devront aller me chercher noise aux États-Unis. Je leur souhaite bonne chance...

Pour autant, et pour revenir à la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, je n'ai pas l'intention de jouer les provocateurs. Je ne rétablirai pas, dans sa forme originelle, le billet et ses commentaires qui ont attiré le courroux d'un être dont je ne pourrais plus dire qu'il fut un assassin, si les trois juges de la cour d'appel de Paris, qu'il eut le culot de solliciter, n'avaient pas rejeté sa demande de réhabilitation (au motif à mon sens bien ténu qu'il a participé, par la rédaction d'un livre, à la médiatisation de l'affaire, "médiatisation qui persiste encore aujourd'hui et qui est de nature à raviver l'affliction des parties civiles", autrement dit parce que la Justice a eu peur des réactions de la veuve Laroche et de ses enfants). Ce qui aurait eu pour effet d'effacer la condamnation de son casier judiciaire et d'interdire qu'il en soit désormais fait état. Lui qui, après avoir exécuté de sang-froid un parent, père de jeunes enfants - dont un à naître - estime être une victime de la Justice !
En tout état de cause, je dois signaler que ces commentaires ont été repris, hors de mon initiative et dans leur quasi-intégralité, sur un autre site (je vous laisse chercher). Sans que le personnage en question y trouve à redire. Alors…

Et si je parle aussi longuement de ce sire, c'est précisément que, au moment où je rédige ces lignes, deux faits viennent alimenter la flamme de mes souvenirs (comme aurait dit Georges Brassens). Le premier est le verdict rendu à l'encontre d'une dame qui, n'en pouvant plus après avoir soigné avec amour et abnégation, durant dix-huit ans, une mère impotente, a fini, à bout de forces physiques et morales, par l'étouffer : geste qui vient de lui valoir huit années de prison (et deux années à son époux, qui n'a pas su l'empêcher !). Verdict à mettre en face des quatre années fermes que récolta la personne dont il est question plus haut. La Justice est aveugle, c'est vrai, mais tout de même...

Quant au second fait, il m'est apporté par ma factrice (en parfaite santé, je vous rassure, ce n'est pas elle qui mettra fin à ses jours, du moins dans un avenir proche). En effet, la livraison du Monde du week-end, comme l'on sait très étoffée, comporte un cahier magazine avec une enquête de six pages intitulée "Affaire Grégory - Hantés par la vérité" (Le Monde Magazine n° 5 - Supplément au Monde n° 20 133 du samedi 17 octobre 2009).
Pour une fois, félicitons-nous de ce qu'une information honnête et exacte ne soit pas polluée, comme si souvent, par le fanatisme et l'intolérance de l'idéologie. On y trouve, en effet, les thèses opposées, exposées sans faux-semblants ou précautions langagières, concernant l'assassinat, près de la Vologne, d'un petit garçon innocent comme l'agneau, mais comme lui immolé sur le bûcher de la folie criminelle des adultes. Je dois dire, à titre personnel, qu'il m'est pénible de voir les deux anciens responsables chargés successivement de l'enquête, le militaire et le civil (le Divisionnaire Corazzi, celui qui mit le feu aux poudres sur mon blog !) se tirer des bourres par journaliste interposé. C'est dommage, mais ainsi va, peut-être, la vie.

En tout cas, on n’est pas allé jusqu’à solliciter l’avis du journaliste communiste (S. Garde) auteur d’un ouvrage (accrochez-vous si vous désirez le lire, il est introuvable) mis au pilon par décision de justice (mais dans quel pays sommes-nous ?) au prétexte qu’il contient un compte-rendu de médecine légale (et j’écris à dessein communiste, car cette tragique affaire a été polluée par les rivalités droite-gauche, comme si un assassin, ès qualités, pouvait agir – du moins en temps de paix – en fonction d’opinions politiques). Bref, pour en finir avec cette affaire, l'oubli seul, désormais, est ma félicité, comme dit le châtelain de Saint-Point...

Enfin voilà, je vais continuer encore un peu à alimenter mon site de mes connaissances et de mes admirations, mon blog de mes indignations...
L'immensité de l'un et de l'autre entraîne immanquablement que j'aie pu laisser, ici ou là, des erreurs, des liens caducs, par exemple. Je serai reconnaissant à celles et ceux qui voudront bien prendre le temps de me les signaler. Ainsi, sans doute la maison se fera peu à peu plus humaine.

Et maintenant (je passe du coq à l'âme, après avoir été tellement ému, cet été, à Saint-Rémy-la-Calonne, devant la fosse qui vit le jeune Alain-Fournier fusillé avec vingt compagnons d'infortune), partons donc pour de nouvelles aventures.

Commentaires

1. Le dimanche, 18 octobre 2009, 17:11 par Frédéric

Tout d'abord, mes félicitations pour la nouvelle présentation de votre site, très agréable et bien charpentée.
Par ailleurs, je vous remercie pour ce nouveau billet, qui revient sur "l'affaire Anastasie" survenue ici même fin 2006. J'ignorais que les commentaires relatifs à cette affaire avaient été repris sur un autre site.
Pour ma part, comme vous le savez, j'ai donné la parole à Marie-France Bezzina dans mon ouvrage, car j'estimais nécessaire de faire la moyenne par rapport aux positions de Laurence Lacour. Il faudrait que je me procure le supplément du "Monde" d'hier, cela doit être intéressant à lire.

2. Le dimanche, 18 octobre 2009, 17:53 par Alma

Il faut se souvenir des termes de l'avocat général à propos de cet individu. C'était pire qu'une condamnation.
J'avais été invitée à la découverte des restes supposés d'Alain-Fournier et de ses hommes. Bien alignés dans une fosse commune au milieu du bois des Éparges.
C'était très émouvant et même angoissant.

► Et de plus, aujourd'hui, à vingt pas en avant de la fosse, cette lettre d'amour tendre, épinglée au vent, lettre d'une amoureuse (Madame Simone) dont l'auteur du Grand Meaulnes ne prit jamais connaissance... SH

3. Le dimanche, 25 octobre 2009, 19:20 par Bernard Appy

Bravo pour la nouvelle version de votre site.
J'ai donc dû mettre à jour le lien situé au bas de ma page

Bien cordialement.

► Un grand merci à vous.
En toute confraternité,
SH

PS. : j'ai aimé votre stricte chronologie "ministérielle". C'est bien triste ou parfaitement cocasse, au choix...

4. Le mardi, 27 octobre 2009, 18:12 par Frédéric

Si le livre de Serge Garde sur l'affaire Grégory est introuvable, celui dont il a assuré la présentation et qui est signé de deux médecins, les docteurs Roger Le Breton et Juliette Garat, ne l'est pas : "Interdit de se tromper" (Paris, Plon, 1993).
Ce livre, qui relate 40 ans d'expertises médico-légales, consacre quelques pages (de 87 à 91) à l'affaire Grégory, dans la lignée des écrits de Serge Garde publiés trois ans plus tôt.
Bonne soirée,
Amicalement,
Frédéric.
► Décidément, vous êtes un puits de science !
Je suis sûr que cette information va faire tilt chez plus d'un lecteur de ce blog !
SH

5. Le samedi, 6 novembre 2010, 14:35 par batifool

sur votre billet supprimé et votre long commentaire, disons plutôt un verbiage assez futile, pourquoi ne pas faire plus simple et dire que vous avez eu peur du procès. le courage n'est pas donné à tout le monde .....

- Comme à vous, courageux anonyme...
SH

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