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Pétrole contre nourriture

, 18:54 - Lien permanent

Le Courrier des lecteurs du Monde d'hier apporte une telle leçon que je n'hésite pas, une fois n'est pas coutume, à donner in extenso ce qui m'apparaît une sacrée gifle donnée à plus d'une bonne conscience de chez nous, franchouillarde et - naturellement - viscéralement anti-américaine.
Mais avant de la reproduire ci-après, je voudrais rappeler, aux plus jeunes d'entre nous, et à ceux dont la mémoire est courte, qu'à peine le premier choc pétrolier engagé, Jacques Chirac, qui n'était encore que Premier ministre, se précipita chez Saddam Hussein et en revint, nous certifia toute la presse de l'époque unanime, avec des contrats mirifiques qui devaient nous garantir pour mille ans (allez, j'exagère un peu) un approvisionnement pétrolier inépuisable et à bas prix (je devrais dire : à Baas prix).
On sait ce qu'il advint de ce honteux miroir aux alouettes. Mais donnons sans plus tarder la parole à Monsieur A. J. Lahmy :
"France-Irak, des amitiés particulières. Nous savons que d'importantes personnalités françaises ont participé au viol des sanctions contre l'Irak et trempé dans la valse des pots-de-vin. Aussi semble-t-il encore plus urgent, pour certains, de maudire l'action des Américains…
Contrairement à ce qu'écrit I. Davidson (le Courrier des lecteurs du Monde du 18 octobre), l'opération "Pétrole contre nourriture" n'est nullement responsable des pertes humaines occasionnées par cet embargo - on parle de milliers d'enfants privés de médicaments, de lait, de nourriture. En effet, ce programme était fait pour pallier ce grave inconvénient, mais l'argent sécrété par le pétrole fut distrait de son affectation légitime et en bonne partie capté par la hiérarchie du parti Baas, Saddam Hussein en tête, et nombre de comparses corrompus dans le monde, diplomates français compris. Ce sont eux les vrais responsables des pertes occasionnées par l'embargo. Ajoutons qu'on peut maintenant légitimement estimer que la monstrueuse dictature n'était guère mécontente de jouer sur la compassion internationale pour faire lever les sanctions - et continuer à tuer.
Les Irakiens pensent aujourd'hui que ces souffrances étaient le résultat de la politique du dictateur maintenant déchu. Le peuple irakien a toujours su que la France de Chirac - que seul le pétrole, par l'intermédiaire de la compagnie Total, intéressait - partageait une large responsabilité dans ses malheurs, y compris celui induit par l'embargo. Aujourd'hui, il commence à connaître le détail de la profonde corruption du régime français, coauteur, avec Saddam, de ses malheurs, un régime que, malgré les circonvenants propos de Villepin, on peut maintenant légitimement soupçonner d'avoir en quelque sorte mis sa voix et son droit de veto à l'Onu à l'encan. Et une partie de la presse irakienne le dit.
En dernier ressort, et que cela plaise ou non, c'est le courageux président Bush qui renversa le tyran assoiffé de sang, et cette action salutaire sera toujours comptée à son crédit. Par contre, si on avait suivi MM. Chirac et Schröder, en peu de temps il n'y aurait plus eu un seul Kurde vivant en Irak, comme l'estima le cinéaste Hiner Saleem dans vos colonnes (Le Monde du 14 mai 2004)".

Je vous l'enveloppe, car il ne faut pas le consommer tout de suite. Mais le mâcher et le remâcher, pour essayer de penser par soi-même, et non de donner un blanc-seing permanent au politiquement correct. Surtout que des imbéciles achetés parlent à nouveau des "milliers" d'enfants irakiens tués par le programme "Pétrole contre nourriture". Salopards !

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