Les motivations de son maintien en détention valent vraiment le détour. En effet,  la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier a décidé qu’il resterait en détention provisoire jusqu'à son procès, car c'est là "l'unique moyen de mettre fin au trouble exceptionnel et persistant de l'ordre, provoqué par la gravité de l'infraction [...] et l'importance du préjudice". Fermez le ban. Les cambrioleurs, en herbe ou chevronnés, doivent vraiment rigoler !
Mais la suite des attendus n'est pas mal non plus : une remise en liberté "pourrait susciter l'incompréhension dans l'ethnie d'origine des victimes, et faire craindre des représailles à l'égard du mis en examen". On croit rêver : ce dangereux malfaiteur n'est en prison que parce qu'il convient de le protéger de la furie de gens... que Sarko met à la porte avec un pécule... et qui s'empressent de rentrer par la fenêtre (éventuellement, les fenêtres d'habitations privées : pourquoi se gêner ?).

Pendant ce temps, à Grenoble, le jeune Monsif Ghabbour, 25 ans, a été immédiatement remis en liberté après avoir, à grand peine, été cravaté par les forces de l'ordre. C'est le compagnon du malfrat qui, ayant tiré sur la police lors du braquage du casino d'Uriage (16 juillet), avait reçu la monnaie de sa pièce. Je ne sais s'il s'agit aussi, ici, de prendre en considération l'ethnie d'origine...

Quoi qu'il en soit, on croit rêver, ou plus exactement cauchemarder. Je le dis sans passion : un jour, les Juges, qui se croient tout permis, devront rendre des comptes

"Les fonctions publiques ne peuvent devenir la propriété de ceux qui les exercent... La garantie sociale ne peut exister ... si la responsabilité des fonctionnaires publics n'est pas assurée". (Déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen, articles 21 et 22)