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Fabius, sortie de route

, 06:54 - Lien permanent

Hier soir, Laurent Fabius sur TF1.
Depuis trois ans, j'en suis venu à réviser progressivement un jugement assez laudateur porté sur ce politicien.
Car cet individu m'apparaît désormais sous sa lumière vraie.
Le voilà qui se fait humble (de sa part, c'est un comble), le fils chéri de Mitterrand, et qui serine qu'il faut écouter ce qu'ont dit les électeurs. Mais justement, qu'ont-ils dit, les électeurs ?
Combien, au nombre de ces Non, d'opposants aux sévères mais justes réformes du gouvernement Raffarin concernant le contrôle strict des limitations de vitesse (que de vies épargnées), la réforme (timide) de l'assurance maladie ou celle (timide, également) du système de retraites (là-dessus, quel immobilisme et quel manque de courage de la part de la Gauche) ?
Et surtout, avez-vous comparé les contours du Non et ceux des votes en faveur de Le Pen, voici cinq ans ?
Car le vrai vainqueur, c'est lui, même si une certaine Gauche essaie, avec cynisme, de tirer les marrons du feu...
Pour en revenir à Fabius, il nous sort les habituelles incantations concernant le changement (lequel ? On a déjà beaucoup donné, avec Mitterrand), le rassemblement, et sa volonté de voir une Europe puissante et solidaire, et différente (c'est pour cela qu'il préfère le "calamiteux" Traité de Nice !).
Un homme d'État, ça ? Un vrai faux-cul, oui !

Et du coup, il me revient à l'esprit que Chirac l'avait traité de roquet, et je songe aussi, naturellement, à l'affaire du sang contaminé (souvenez-vous : devant la commission parlementaire, Fabius s'en est tiré, tandis que son ancien ministre Hervé fut - symboliquement, certes - condamné !), à la fameuse pétrolette qu'il avait louée pour effectuer un tour de France préparatoire à sa candidature, je songe au très récent "Y'en a marre !" qu'il prononça au moment de l'incident concernant cette jeune femme qui s'était faussement déclarée victime d'une agression dans un train (un socialiste reprocher à la Droite de ne rien faire contre l'insécurité, on aura décidément tout vu).

Je songe à tout cela, et j'en tire la conclusion que ce fils de famille, ce grand bourgeois qui ne sait rien des difficultés de la vie, parce que la vie l'a trop gâté, ce militant, enfin, dont Jospin soi-même (un connaisseur) a dénoncé, il y a peu, les "contradictions, la supercherie et la démagogie", est en définitive parfaitement indigne de la magistrature suprême, qu'il lorgne depuis si longtemps.
Cette fois, je ne reviendrai pas là-dessus.


► Si, finalement, j'y reviens. Au bout de six mois. En effet, un de ses camarades de parti, et non des moindres (Michel Sapin), vient de descendre en flèche Fabius, avec des mots bien plus durs que les miens (normal, il le connaît de près). Dans Le Point de ce 3 novembre 2005, il déclare entre autres gentillesses : "Le positionnement de Laurent Fabius est une injure à la morale politique. Il incarne l'insincérité et le cynisme portés à un niveau rarement atteint".

Je crois que ce coup-ci, le beau Laurent est habillé. Pas seulement pour l'hiver.

Commentaires

1. Le mardi, 23 octobre 2007, 07:34 par Politique

"la -dessus, quel immobilisme et quel manque de courage de la part de la gauche", eujhh ... :)

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