Certes, Israël fait couler le sang : 2 morts palestiniens par Tsahal sont aussitôt montés en épingle, mais on ne sache pas que d'aussi abondantes larmes aient été versées à propos des 20 000, oui des 20 000 dus au "petit roi" Hussein (et à la folie d'Arafat, le pitoyable martyr auto-proclamé) ; le sang séchant vite, mieux vaut ne plus parler de cela !
Pas davantage que du million de tués durant la guerre Iran-Irak - et l'Iran n'hésitant pas à envoyer ses enfants dans les champs de mines, pour les neutraliser et préparer le passage ultérieur des troupes !

Rappelons donc quelques vérités oubliées, ou plus exactement tues : même si l'on ajoute la prétendue "Palestine" d'Arafat au pays d'Israël, on est très loin d'atteindre la superficie de la Palestine originelle, dont le royaume hachémite de Jordanie (artificiellement créé par l'Angleterre, rappelons-le aussi, à partir des années vingt) occupe à lui tout seul 80%.
Il n'est donc pas complètement faux d'affirmer, comme le fait Sharon, que l'État palestinien existe déjà, et que c'est la Jordanie.

Mais il est faux de dire que l'ONU avait partagé la Palestine à peu près à égalité entre Israël et les Palestiniens : l'Organisation internationale avait partagé ce qui restait de la Palestine - soit 20 %, environ, après la création de la Jordanie - ce qui est très différent.

La seconde vérité est que la "Palestine d'Arafat" est demeurée vingt années sous le régime jordanien (et sous administration égyptienne pour ce qui concerne la bande de Gaza), et qu'à aucun moment la Jordanie ou l'Egypte n'ont songé à créer un État palestinien : pourquoi donc ?
Déjà, à l'époque, les attentats partaient de la Cisjordanie (l'actuelle "Palestine" d'Arafat) sous contrôle jordanien pour atteindre l'État d'Israël.

La troisième vérité, mais elle concerne le futur, est qu'un État palestinien de la taille de notre Gers (ou du département de la Meuse - tandis qu'Israël recouvre à peu près la superficie de la région Picardie), qui plus est coupé en deux, ne semble pas viable.
D'autant qu'on est contraint de songer aussi au fâcheux précédent du corridor de Dantzig. On ajoutera que chaque fois que l'Islam a tenu les lieux saints, l'accès en a été barré aux non-musulmans.
Bon sang, même si l'esprit des croisades n'a pas toujours été celui de la pureté des intentions, les Croisades ont tout de même eu ce fait pour point de départ, non ? Or, lorsque Jérusalem - partagée en deux par la ligne d'armistice imposée en 1948 par les "Grands" aux belligérants arabo-hébraïques - a été "réunifiée" à la suite de la guerre dite des six-jours (juin 1967), l'accès aux lieux saints a de nouveau été libre...

Maintenant, il faut hélas rappeler les lois de la guerre, qui sont terribles, et qui semblent s'être imposées à tous - peuples arabes mis à part. J'y reviendrai demain, pour ne pas trop alourdir le trait d'humeur de ce jour.