Dire que la réflexion de Michel Poniatowski, ancien grand serviteur de l’État et ancien grand ministre giscardien, n'a pas pris en trente-cinq ans la moindre ride, c'est considérablement affaiblir la portée prophétique de l'ouvrage dont suivront quelques bonnes feuilles - pour reprendre l'expression consacrée. Car non seulement sa plume agréable est au service d'une vaste culture englobant l'état du monde entier, mais encore et surtout nous pouvons aujourd'hui constater les désastres que l'auteur annonçait, s'il n'était pas rapidement porté remède aux maux et aux désordres qu'il dénonçait.
Ajoutons que ce très grand esprit était tout sauf sectaire : ne rencontrons-nous pas avec surprise, au détour d'un chapitre, un savoureux échange avec feu Jean-Baptiste Doumeng, alias le communiste rouge ?
Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a justement pas été porté remède à ce que dénonçait l'ancien ministre de l'Intérieur : on voit le résultat, une France déboussolée, avec des communautés qui ne vivent guère côte à côté, mais plus exactement face à face. Pour la survivance de la France, cela risque de finir très mal.

 

"La force de l'Occident paraît incompréhensible au monde arabe. Il ne l'analyse qu'en faisant appel à ses passions et à sa haine.
Tout coup porté à l'Occident est un ravissement, même s'il s'agit d'un coup d'épingle, d'une prise d'otage ou d'une insulte gratuite jetée à l'infidèle"

M. Poniatowski

 

 

Aux grands serviteurs de l’État,
qui assurent la continuité de la France

 

 

Si l'identité de l'Islam et celle du monde arabe ne se confondent pas, en revanche elles se conjuguent sur le mode explosif [...].

L'Islam est à la fois une religion, une conception de la cité et une civilisation, constituant pour l'individu une explication totale de son existence [...].

Le Coran est universel et s'adresse au genre humain dans son entier.

Tout enfant naît musulman car l'Islam est la religion naturelle, ce sont ses parents qui en font un juif ou un chrétien [...].

Pratiquement aucun des éléments qui constituent le statut de la femme musulmane n'est transférable à notre société, à notre droit ni à notre code civil.

La femme musulmane n'a qu'une seule solution si elle veut devenir française, "se résigner" à la liberté pour elle-même et pour ses enfants et à l'égalité avec les hommes.

La femme en France a tous les droits que lui donne la loi de notre pays et il n'est pas imaginable que l'application du droit coranique puisse les limiter comme certains intégristes voudraient nous le faire admettre [...].

À partir de 750, la nouvelle capitale des califes abbassides sera Bagdad, célèbre pour sa richesse et pour sa beauté, située sur les rives du Tigre, centre religieux et politique d'un immense empire, point de convergence de l'Asie méridionale et de l'Asie centrale et creuset de toutes les civilisations qui l'ont précédée et l'entourent alors, notamment Byzance.

Bagdad est le lieu de rencontre non seulement des Arabes et des Iraniens mais aussi des Indiens, des chrétiens qui traduisent en arabe les œuvres grecques, des Sabéens qui favorisent le développement de l'astronomie et des mathématiques. De Bagdad, par l'intermédiaire de la Sicile, du sud de l'Italie et de l'Espagne, se répandent en Europe sciences et littératures. C'est l'apogée de l'Islam, son âge d'or. Mathématiques, algèbre, astronomie, géographie, chimie, médecine, philosophie, poésie, prennent un essor dont bénéficiera bientôt l'Europe médiévale. Ibn Sina (Avicenne), Ibn Ruchd (Averroès) commentent Aristote, tandis que Rezi, bien avant Descartes, disserte sur le doute méthodique. Avec Haroun al Rachid, Bagdad connaît le sommet de sa puissance politique, de sa prospérité et de sa gloire religieuse.

Mais il arriva à Bagdad ce qu'il était arrivé à Rome : les Barbares envahirent l'empire et le dernier calife abbasside, Musta'Sim, fut mis à mort par les hordes mongoles de Hûlâgû. Puis vinrent les Turcs, et le pouvoir arabe dans l'Islam céda progressivement la place au pouvoir ottoman. Il ne reste plus alors que le royaume arabe de Grenade, qui sera reconquis par les rois de Castille en 1492, l'année même de la découverte de l'Amérique par Colomb.

Le règne de l'Islam ottoman s'étendit alors en un seul Empire du Tigre au Bosphore, de Constantinople à Alger, le Maroc seul échappant à la conquête turque. Monde immobile et fragile, agressé par les Russes, les Autrichiens et les Hongrois, les Polonais; puis avec Bonaparte, par les Français. La Première Guerre mondiale marque son effondrement et, sur ses décombres, la renaissance d'États arabes protégés par les Britanniques.

Des perspectives nouvelles s'ouvrirent à l'Islam dans les lieux mêmes de son origine, là où Muhammad avait prêché sa foi.

Le monde islamique s'effondrait, renaissait, se transformait avec une vitalité qui marquait de son sceau une grande partie du monde. Un milliard d'hommes s'identifient désormais à lui, identifiés par lui et avec tant de force qu'ils se révèlent inassimilables à d'autres religions, à d'autres systèmes de pensée philosophique et à la démocratie. Même dans les régions les plus éloignées, même dans leurs communautés les moins nombreuses, au Viêtnam, au Cambodge, en Birmanie, en Thaïlande, en Malaisie ou aux Philippines où ils sont en état de rébellion, les musulmans se révèlent inassimilables.

Pour le musulman orthodoxe, l'histoire n'a qu'un sens : l'Islam doit telle une marée recouvrir le monde. La notion de démocratie est blasphématoire et absurde. La seule légitimité politique réside dans le pouvoir religieux, dans les versets du Coran... Le système occidental en devient haïssable [...].

Les droits de l'homme sont pour le musulman un non-sens et la Déclaration universelle de ses droits blasphématoire, car elle place au même rang les croyants et les infidèles. Notre Déclaration des Droits de l'homme matérialiste et païenne est incompatible avec la chari'a révélée au prophète et, pour un immigré musulman, admettre la totalité du code des lois françaises et accepter notre démocratie sont une trahison de la foi de ses pères. Tel est le point de vue du musulman orthodoxe et, pour tout dire, intégriste.

Pour nous, admettre ces principes, c'est admettre l'existence d'une seconde nation sur notre sol, ce qui n'est ni raisonnable ni acceptable et encore moins prudent.

Tôt ou tard, il y aura affrontements et ils seront violents.

Il n'est d'autre solution que l'intégration de ceux qui acceptent d'adhérer pleinement à nos principes. Ils seront alors vraiment français, ceux qui abandonnant toute référence au droit coranique donneront la primauté aux lois de la République, à la liberté et aux droits de l'homme. La primauté de nos principes sur leur intégrisme. À eux de choisir !

La République, quand il s'est agi de contraindre l'Église catholique à respecter toutes ses lois, n'a pas hésité à le faire fermement. Il serait incompréhensible qu'elle n'agisse pas de même avec la loi coranique.

Chez lui, l'Islam a droit à notre estime et à notre considération ; chez nous, il n'est pas compatible avec nos lois.

 

 

 

 

© Michel Poniatowski (1922-2022), Que survive la France, Éditions du Rocher, Jean-Paul Bertrand éditeur, 1990 [Extrait de la 1e partie : L'état du monde - Les diversités, chapitre XI]

 

 


 

 

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Vive
la France
"Ces pages peuvent paraître cruelles. Mais elles correspondant à un sentiment très profond. Le moment est venu de traiter énergiquement le problème de l'immigration africaine et notamment musulmane. Si tel n'est pas le cas, la France aura deux visages : celui du "cher et vieux pays" dont parle le général de Gaulle et celui du campement avancé du tiers monde africain. Si nous désirons voir les choses dégénérer ainsi, il suffit de leur laisser suivre leur cours. Le campement africain toujours plus grand, plus vaste, plus illégal, grignotera d'abord, puis rongera, avant de faire disparaître tout entier le cher vieux pays, dont la défaite sera annoncée du haut des minarets de nos déjà trop nombreuses mosquées […]. Nous allons vers des Saint-Barthélemy si l'immigration africaine n'est pas strictement contrôlée, limitée, réduite et expurgée de ses éléments négatifs et dangereux, si un effort réel d'intégration ne vient pas aussi compléter cette nécessaire répression".

[Extrait de la Conclusion]