Bêtise cocardière et fièvre aphteuse

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I

 

Regardez attentivement la photo ci-dessous.

 

 

 

II

 

 Non, elle ne renvoie pas à des événements très récents. Quoi que...

Elle est ainsi légendée : "ce spectacle d'apocalypse, on ne le verra jamais en France grâce à la vigilance des services vétérinaires et à l'efficacité de la vaccination obligatoire".

Vous l'avez compris : il s'agit de la fièvre aphteuse. Mais, par bonheur, ce n'est pas chez nous, que cela se passe. Nous sommes, évidemment, sur les terres de la perfide Albion, en la bonne année ... 1967.

Incommensurable, éternelle bêtise cocardière. Nous sommes les premiers en tout, ah c'est sûr !

 

 

 

III

 

Extraits de l'article accompagnant la photo, sous le titre  "L'Angleterre s'adresse à l'Institut français de la fièvre aphteuse de Lyon" :

300 000 têtes de bétail abattues, une perte globale d'un milliard de francs, coût de cette épizootie qui a ravagé le cheptel anglais entre octobre et décembre 1967.... Le pays s'est mobilisé, comme s'il s'agissait d'une attaque atomique. Barrages sur les routes, massacre du cheptel, milliers de tonnes de désinfectants versés sur les routes, les prés et les haies...

Au siège lyonnais de l'Institut français de la fièvre aphteuse, l'échec anglais n'a surpris personne : Tôt ou tard, une catastrophe de cette ampleur devait se produire, nous a dit son directeur, le docteur vétérinaire Mackowiak.

L'agriculture française est à l'abri du danger. Une épizootie comme celle qui frappe l'Angleterre est devenue impensable en France [à cause du décret sur la vaccination obligatoire annuelle de 1962]...

 

 

IV

 

Et pendant ce temps (2001 et l'épizootie que nous connaissons à nouveau : cette fois, plus d'un million trois cent mille têtes de bétail en deux mois, seulement !), chez nous, de furieux excités s'attaquent bêtement aux trois ou quatre loups qui courent à la queue leu-leu dans les coins les plus perdus de notre territoire, parce qu'ils dévorent, chacun, trois ou quatre brebis malades par an...

 

 

© Photo parue dans le n° 977 de l'hebdomadaire Paris-Match (30 décembre 1967)