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De la réclame, ou l'Art d'enfumer le con-sommateur

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On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire...

(A. Souchon)

"J'ai souvent tenté de pourfendre les agences de publicité qui abîment nos paysages et détruisent les entrées de nos villes avec leurs panneaux démesurés. Mais plus désastreux encore sont les dégâts provoqués par cet étalage de laideur dans nos esprits. Car la publicité est capable de nous faire admettre comme des évidences des aphorismes qui sont simplement des mensonges"
[Albert Jacquard, Jeux de hasard, in Tentatives de lucidité, Stock, 2004 (causeries sur France-Culture, 2001)].

Il me semble me souvenir que c'est en 1965 que la publicité est apparue à la télé (sur l'unique chaîne de la télé). Aussitôt après, en manière de réaction, le Canard enchaîné tenta de lancer une campagne "citoyenne" destinée à combattre ce qu'on ne savait pas encore être un des fleurons de la société de consommation : se détourner des produits objets de publicités. Je me dois d'ajouter tout de suite que cette initiative obtint le même succès que celle, lancée en 1939 par Michel Duran, le critique ciné du palmipède du mercredi, concernant le boycott des films "doublés", pour magnifier les Vostf (que penserait-il, s'il revenait parmi nous, des rires gras aujourd'hui ajoutés sur les bandes-son, en sus du doublage ?) : je veux dire un succès égal à zéro. Peut-être est-ce pour cela que cet hebdomadaire dit satirique s'est ensuite lancé dans les dénonciations tous azimuts, avec cette fois-ci beaucoup de bonheur si j'ose dire, jusqu'à dénigrer autant que le fut feu Salengro dans Je suis partout (pardon, je parle d'un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître  - et dont ils n'ont jamais entendu parler) un candidat à la Présidence de la République, afin de contribuer puissamment à renverser le cours annoncé du scrutin... Mais je m'égare...

Ainsi, à partir de cette idée canardesque de 65, je me suis intéressé à la seule publicité radiophonique dont le volume, par rapport à 1965, a connu une inflation démesurée : on n'informe plus - si tant est que cela soit possible, on matraque (mais pourquoi se gêner quand on sait que faire supprimer la publicité dans une émission, s'apparente désormais à une sanction - cf. affaire CSA vs Cyril Hanouna !). Qu'on en juge.

J'ai pris pour point de départ la première radio française, RTL, bien obligée, comme ses consœurs dites périphériques (et ne parlons même pas des radios "libres"), de recourir à la publicité pour financer son fonctionnement, puisqu'aussi bien les antennes nationales, sensées appartenir à tous, ont été depuis bien longtemps placées sous le boisseau de la propagande gaucho-trotskiste (et autres pourrisseurs de société) - ce que suggéra naguère, en 2015 il me semble, le bandeau sur le "sidérant destin des trotskistes" du Point.

Or, une écoute attentive d'une heure, montre en main, répétée plusieurs fois dans la journée, a fait apparaître que la "réclame" occupe un bon tiers du temps d'antenne, ce qui est absolument incroyable, et même sidérant, comme disait l'autre. En gros, toutes les cinq-six minutes, on a droit à deux minutes de publicités - des pubs assez courtes, afin d'en fourrer six à sept dans la même salve. Comment suivre, dans ces conditions, une émission sérieuse, si elle est constamment hachée d'interruptions, sans en perdre le fil ? Car on ne peut échapper à la réclame audio-visuelle, si on peut passer une page de magazine. Et surtout comment ne pas avoir la tête farcie comme une cougourde, au bout d'une heure d'écoute ? Mais sans doute est-ce le but recherché : par exemple nous rendre assez cons pour filer vers telle enseigne, qui propose "exceptionnellement" la tranche de jambon, ou la bouteille d'eau, à un prix défiant toute concurrence, et acquérir dans le même temps, pour faire bonne mesure, des denrées dont on n'a nul besoin. Au fait, si vous me soufflez qu'il n'y a pas d'émissions sérieuses en dehors de France-Culture, je vous laisserai bien entendu la responsabilité de vos opinions...

En sus de ce tiers-temps (un nom composé qui fleure bon la pédagogie d'antan, et les occasions perdues, par lâcheté et fainéantise), il faut bien entendu prendre en compte la publicité déguisée concernant les chansons, les rengaines qu'on nous passe et repasse... jusqu'à ce que nous les achetions, la boucle étant alors bouclée : après Calogero et son Voler de nuit (comme St. Exupéry), c'est en ce moment le tour de Marc Lavoine (Je reviens à toi) – certes on eût pu trouver pire, d'autant que je tiens Calogero pur un type très au-dessus du lot. Il n'empêche…

Et dire que certaines "réclames" reviennent deux ou trois fois dans la même heure : faites le compte, pour une journée d'écoute... Et même si ma réflexion est un peu légère, j'irai jusqu'à me demander si la publicité n'est pas faite pour compenser le manque de qualité intrinsèque d'un produit. Car la qualité n'a pas besoin d'une continuelle retape. Ainsi, je n'ai jamais entendu de la propagande pour les pneus Michelin (réclame non payée par Montferrand), alors que les autres marques se disputent le crachoir (de l'expression : cracher au bassinet). J'ai un autre exemple, mais je le trouve limite : je n'ai jamais entendu parler de publicité pour les Mac Do... alors que les Flunch, KFC et autres enseignes de restau rapide, ça y va...

Bref, même si nous souhaitons refuser toute publicité (ce qui est au moins possible s'agissant de nos boîtes à lettres), elle nous est en tout état de cause imposée sans que nous, con-sommateurs, ayons le moindre mot à dire - sauf à n'écouter que des podcasts. Mais voyons de plus près la noria des annonceurs-vedettes.

À tout seigneur tout honneur, il me semble que les voitures automobiles tiennent le haut du pavé de la réclame, et parfois toute honte bue ; ainsi le tricheur Volkswagen, même pris la main dans le logiciel de tromperie, n'a jamais cessé de payer des minutes publicitaires, ni diminué leur volume : ces gens-là n'ont pas de vergogne  ; et cela donne à penser aux paroles fortes qu'un Alfred Sauvy prononça jadis pour dénoncer la folie de la bagnole. Mais Peugeot ne doit pas moins être épinglé, car après avoir tenté de nous époustoufler – qui ne se souvient de la pub télé faisant intervenir un bombardier ? - ce constructeur nous bombarde quotidiennement, jusqu'à saturation, d'annonces concernant ses modèles (d'une qualité paraît-il bien au-dessus de tous les autres) mais aussi les voitures d'occasion, que le réseau commence à proposer – comme tous les autres constructeurs, d'ailleurs, tous plus tentants les uns que les autres. Et n'omettons pas de parler de Citroën et de ses jeux de mots foireux (Bertrand Quil - Alain Terrupteur), de Ford qui a inventé le zéro (!), et de Renault qui se déclare numéro 1 (dans ce cas, pourquoi faire de la publicité ? Pour accéder au hors-concours ?), et nous bassine avec son "Qui mieux que Renault peut entretenir votre Renault ?" Je réponds sans hésiter qu'on n'a que l'embarras du choix, du côté des Midas, Norauto, et bien d'autres... Et je ne puis achever ce court tour d'horizon sans épingler l'équipementier Carglass, qui passe pratiquement sans arrêt d'une campagne de publicité à une autre, avec toujours un cadeau pour appât à l'appui, et selon la quinzaine on est pourvu gratuitement en balais d'essuie-glace Bosch, ou en répondeur Bluetooth Boulanger pour la voiture…

Viennent ensuite les annonceurs des grandes surfaces, dont la bêtise des uns le dispute à la sottise des autres. Mais en premier lieu vient Carrefour (ne parlons pas de l'inondation des boîtes aux lettres par cette marque, avec par surcroît la période du Ramadan toujours bien "célébrée"), dont la vedette radiophonique - Michèle - fait montre d'une pauvreté d'esprit et d'une inculture qu'on ne trouve plus guère que chez les animateurs de radios libres – pour reprendre la célèbre formule du regretté Desproges : à mon avis, ce doit être une vraie blonde (bon, d'accord, je sors). Les autres enseignes ne valent pas mieux, vraiment.

Et puis les nouvelles technologies, qui permettent à tout un chacun d'être in à peu de frais (enfin, façon de parler, vous avez vu les prix des engins de chez Apple ?). Je note que les trois principaux opérateurs veulent absolument nous faire adopter la fibre (mais 99 % des particuliers n'en ont nul besoin), et vantent chacun de son côté leur Box. Aucun d'entre eux n'avoue piteusement qu'il n'a fait que copier le concept triple play lancé par Free, petit dernier.

Aucun d'entre eux non plus ne fait la moindre allusion à leur sévère condamnation (après des années de pourvois pour retarder la procédure) pour entente illicite. Et s'agissant de l'un d'eux, englué jusqu'au cou dans les emprunts (que je lui souhaite non toxiques), un des magazines de consommateurs vient tout juste de publier un article intitulé "SFR à nouveau épinglé  pour clauses abusives". Tiens donc, à nouveau (ou plus exactement, de nouveau) ? La locution adverbiale signifie que ce n'est pas la première fois…

Enfin, un florilège de divers, que je ne sais comment classer. Il y a avant tout le chantage au régime, ces histoires de box "diet" (Comme j'aime et son double Ange gardien - !! – avec une voix  triomphante : "maintenant j'ai du temps pour moi et les miens" – charité bien ordonnée exigeant qu'on se cite en premier lieu) inefficaces voire dangereuses selon la dernière livraison de "60 millions de consommateurs". Et là, je m'autorise une parenthèse, la préparation des repas ayant toujours été considérée – au moins jusqu'à l'inondation publicitaire de Comme j'aime – comme une activité sociale particulièrement intégratrice. Je songe à un texte de ce grand homme que me fit jadis découvrir mon vénéré professeur de Philo, le sociologue Maurice Halbwachs, qui mourut en déportation (il n'avait pas encore atteint le demi-siècle) à Buchenwald, un mois avant la libération du camp, dans les bras d'un jeune déporté qui se nommait Jorge Semprùn : "Pour l'ouvrier… l'essentiel de la vie de famille paraît bien le repas pris en commun avec la femme et les enfants. Pour la femme, qu'elle travaille ou non au dehors, la préparation des repas est l'occupation domestique essentielle. Pour les enfants, qu'ils soient à l'école, jouent au dehors, commencent leur apprentissage, l'heure des repas est celle où ils se retrouvent avec leurs parents. La table de famille, où le père, au retour du travail de l'usine, a la place d'honneur, et ces repas préparés surtout d'après ses goûts et ses préférences, symbolisent périodiquement son autorité de chef du groupe. Toutes les solennités familiales, les fêtes, les jours de repos sont marqués surtout par des repas plus substantiels et meilleurs. Les pays où la poésie de la vie de famille est le plus goûtée et le plus répandue sont aussi ceux où les écrivains ont le moins hésité à décrire avec sentiment les mets dont se nourrissent les ménages modestes, à célébrer les aptitudes culinaires des femmes, à s'attendrir sur les joies simples des enfants groupés autour de la table. Sous ce lyrisme, on trouverait une appréciation assez juste de tout ce que représente, pour l'ouvrier, le repas pris en en famille…"

Il est vrai, je le confesse, que toutes ces considérations sont bien ringardes : les familles sont éclatées et le mariage pour tous leur a donné le coup de grâce…

Il resterait de nombreux annonceurs abonnés à la réclame, à examiner : Guy Moquet et ses allées, qui nous bassine, comme si les propriétaires désireux d'améliorer leur environnement n'avaient pas meilleur compte à s'adresser aux entrepreneurs locaux. Et que dire des vérandas Akena ("la reine des vérandas", cause toujours) qui, avec  Rénoval, se disputent sur les ondes le leadership dans leur domaine. Et que dire, oui et que dire aussi d'Optic 2000, qui s'annonce "le leader français de l'optique" (pourquoi, alors, occuper les ondes à ce point ?) et dont l'auditeur curieux remarquera la façon stéréotypée – et qui suinte l'artifice – de se mettre en valeur (car quel lunettier ne s'occupe pas de ses clients ? Ne remplit pas les formulaires Sécu à sa place ?). Que dire aussi des génériques Mylan qui osent se répandre en auto-louanges tarifées sur les ondes ? C'est pas beau, de copier : mais le crier à tue-tête, non, c'est absolument pas possible ! Et si Guillaume Musso est n° 1 des ventes, que cherche-t-on, à nous seriner cette prétendue info ?

En définitive, on peut se demander quelles sommes seraient économisées si la publicité retrouvait une place raisonnable (cinq minutes groupées par heure, interdiction de "couper" la diffusion des films, interdiction de diffuser le même placard publicitaire plus de deux fois dans la journée…). Car la pub, c'est nous qui payent, en définitive. Que ce soit par l'abrutissement ou le portefeuille. Je sais, ce n'est pas pour demain. Mais il serait bon que les consommateurs s'érigeassent en un comité aux justes comptes, pour contrôler l'invasion publicitaire du champ médiatique. En attendant, elle sert aussi à combler de cadeaux les auditeurs, à les gâter à tous les sens du terme !

Toute cette médiocrité étalée et même revendiquée est pitoyable, et pourtant elle marche : plus exactement, nous marchons. Hélas ! Brave New World ! Et dans cet océan de lamentables platitudes, il y a à mon sens une acmé, le site de paris "sportifs" Winamax, qui ose décliner ses temps d'antenne (tellement répétés) selon trois formules : c'est un anniversaire, certains sont venus de loin pour le fêter et l'entourer, mais son plus beau cadeau… c'est ce but de Bordeaux… ; c'est la rencontre amoureuse, en face de celle qu'il aime il se dit qu'il a de la chance... car l'Allemagne vient de marquer un but… ; c'est la naissance de son enfant, quelle joie indicible… puisque telle équipe de but vient de se qualifier…

Lui, il est complétement disqualifié, pour moi. Le Seigneur nous a appris que le seul péché qui ne trouverait pas rémission, c'est le péché contre l'esprit. Je parie qu'en voilà un, et de taille.

Tant à dire encore ! Mais voilà que selon mon horoscope, doctement décliné par dame Haas (ah, celle-là !) il paraît qu'Uranus passe en Taureau. Je ne voudrais donc pas trop charger la barque…

Commentaires

1. Le lundi, 28 mai 2018, 11:49 par Un Citoyen ordinaire
Juste 2 petites choses :
 
- McDo (et je concède que de temps en temps - je dis bien de temps en temps, sans en abuser - je ne résiste pas à l'envie d'un p'tit cheeseburger/frites/Coca !) fait de la pub comme les autres... Notamment en télé (en radio, je ne sais pas), il y en a une qui passe régulièrement en ce moment, avec une jeunesse bien bigarrée, "issue de la diversité", comme ils disent...
- "France Culture" est peut-être une très bonne radio (je ne sais pas non plus, je ne l'ai JAMAIS écoutée, l'estampille "groupe Radio France, bobo gaucho" suffit à m'en éloigner...) mais "Radio Courtoisie" (la "radio libre du pays réel et de la francophonie", tout est dit) n'est pas mal non plus... Je l'ai découverte il n'y a pas si longtemps (1 an et demi environ) et son "Libre journal de la réinformation" (entre autres, sans parler des débats et "causeries") vaut le coup... Pourquoi "réinformation" ? Eh bien justement, pour lutter contre la désinformation et la propagande que nous déversent TOUTES les autres radios (publiques comme privées) à base de politiquement correct, de déni, de "mainstream" et d'idéologie larvée de gauche... Je ne passe pas ma vie dessus (loin de là) car il y a beaucoup de rediff' pour "remplir" l'antenne (ben oui, pas beaucoup de moyens car... PAS de pubs [volontairement, évidemment, pour rester libre et indépendant]) et aussi pas mal de musique classique (soporifique, parfois ;-) ) mais il ne se passe néanmoins pas une journée sans que dans la voiture, en allant au boulot ou autres, j'écoute un "morceau" au hasard de mes trajets... Comment définir cette radio ? Disons que c'est une sorte de "France Culture de DROITE", donc avec des débats de (très) haute tenue (politique nationale, géopolitique, culture, histoire, société, musique...) mais le tout libéré du sempiternel prisme de gÔche... C'est donc une radio de droite (assumée !), conservatrice, patriote et nationale, sur les ondes de laquelle, on n'entendra pas (ça change) de discours PRO-immigration, islam, diversité, multiculturalisme, Macron, etc., bien au contraire ! Seul petit (gros ?) bémol (pour les provinciaux, du moins), c'est que cette radio n'émet qu'en Ile-de-France (et dans quelques rares villes de province ?) donc si on veut l'écouter, ça ne peut passer que par le podcast sur l'ordi... Bonne écoute !
[https://www.radiocourtoisie.fr/].
2. Le samedi, 2 juin 2018, 21:21 par Jean-Louis

Et si, au fond, le con-sommateur, comme beaucoup de nos con-citoyens, ne cherchait qu'à se laisser guider, mener dans les verts pâturages, sans avoir à se poser de questions, en suivant béatement, alors qu'il prétend faire le contraire ?
Propos virils, mâchoire en avant, pour la galerie et tête basse dans la vie courante, hors le regard du voisinage ?
Certes, il n'est pas facile de s'élever contre tout un "système". Mais passé le moment du "gueuloir" cher à Flaubert, que reste-t-il en actes ? Je me pose souvent la question pour moi-même et si je me la pose c'est que, sans trop me le dire, je fais probablement partie de la longue cohorte des cons-sommateurs, con-citoyens.
Encore que sur ce dernier point, je vote Charles de Gaulle au 2ème tour, depuis trois scrutins présidentiels. Ça commence à faire.

-"Nous sommes dans un monde où les hommes, poussés par de médiocres et féroces idéologies, s'habituent à avoir honte de tout. Honte d'eux-mêmes, honte d'être heureux, d'aimer ou de créer..."
Albert Camus.

3. Le dimanche, 3 juin 2018, 10:24 par Nicolas

On est tombé dans le cul-de-basse-fosse de cette société que de consommation, qui brule tout jusqu'à l'outrance et où une chanson in désirée de cette brave Nolwenn Leroy va venir vous abrutir malgré vous sous forme de pub à chaque coin d'émission. On nous gave comme des oies connes (pléo.) pour le profit d'un mauvais capitalisme qui nous fait manger des poulets encaqués jusqu'à pourrir sur pattes et à moitié morts, au rendement bancaire maximum mais avec un zéro alimentaire pointé !... Là, on voit bien où se situe la course aux intérêts dans notre course aux rendements...
Nous sommes les pantins de la "haute" finance incontrôlable et mondiale...

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