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Ils m'ont obligé à voter socialiste, ces cons !

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Si j'ai bonne mémoire, c'est mi-novembre 1958 que le jeune hebdomadaire l'Express publia une caricature montrant un Soustelle croqué en petit scout, sac tyrolien aux épaules, répondant à un immense de Gaulle penché sur lui : "Je suis venu préparer l'arrivée du gros de la troupe". Jacques Soustelle (quel grand intellectuel, celui-là !) avait en effet été élu député (de Lyon !) dès le premier tour, avec 34 autres (contre 4 élus au premier tour ce 11 juin). Le "gros de la troupe" UNR (Union pour la Nouvelle République), qui allait soutenir sans faille l'oeuvre de redressement du pays entreprise par le Général, ne fut en fait que 35 %, en gros, de la future Assemblée, ce qui fait que l'opposition eut son mot à dire - et le dit. Et quand je pense que tous les féroces opposants d'alors se réclament, aujourd'hui, du Général et vont solennellement commémorer ce jour l'appel du 18-juin... Mais passons à autre chose...

La déferlante gaulliste de 1958 n'a donc rien à voir avec ce que le premier tour de nos élections législatives de 2017 nous laisse entrevoir : un raz-de-marée sans précédent plébiscitant "un homme creux qui n'est plein que du vide de sa communication", pour reprendre l'expression cinglante de Michel Onfray (quel autre grand intellectuel, celui-là !), et ne laissant à la future opposition qu'une portion terriblement congrue.
Lorsque je passe en revue l'hécatombe du premier tour, je me réjouis certes de l'élimination de l'infâme Guigou, qui après s'être parjurée à propos du mariage pour tous, n'a rien trouvé de mieux à faire que de courir lécher le cul des croyants (c'est vrai, elle a l'habitude) pour récolter leurs suffrages, en assistant en pleine campagne électorale, coiffée du hijab, à la rupture du jeûne du ramadan dans une mosquée ! De même, j'ai appris avec satisfaction non dissimulée que le jeune député catholique ayant porté haut la future loi dite du mariage pour tous a lamentablement mordu la poussière. Mais c'est avec consternation que j'ai vu Destot, l'ancien Maire de Grenoble, homme droit s'il en est (féru d'alpinisme, pour moi c'est une référence) être abandonné en rase campagne par ses électeurs. Ou encore l'épouse de Xavier Darcos, qui n'est pas la moitié d'une conne, être carrément balayée par le célèbre mathématicien Cédric Villani (médaille Fields 2010, qui s'y connaît en politique autant que moi en hébreu) - dont je pressens qu'il va très vite prendre ses distances avec ce milieu qui lui est parfaitement étranger (il ne sera pas le seul à être épouvantablement déçu parmi ce nouveau "gros de la troupe" !). Et je songe également à l'injuste sort infligé par un petit merdeux d'En marche à l'ancien général Bertrand Soubelet (qui n'a recueilli sur son glorieux nom que 6 % des suffrages exprimés)... Enfin, une maigre consolation : il y aura, semble-t-il, moins de fonctionnaires que d'habitude...
Et plutôt que d'éructer, "les électeurs sont à vomir", peut-être pourrait-on seulement, devant cette situation, songer au constat très pessimiste que dressait naguère François de Closets* : le résultat d'un siècle et demi de scolarisation à marches forcées est nul s'agissant de la conscience et de l'esprit critique du citoyen lambda...
En tout cas, je n'ai perçu, cette fois, aucune protestation contre le découpage paraît-il très injuste (ce que n'arrêtaient pas de claironner les socialos lorsqu'ils ne parvenaient pas à s'attribuer toutes les places) effectué par la droite (et systématiquement, on montrait alors du doigt le truculent Pasqua). Alors, devant cet incontestable bouleversement, qui a tout écrasé et vaut ce qu'il vaut, mais les autres n'avaient qu'à se battre davantage (par exemple, en rappelant que le matraquage fiscal sans précédent de Hollande, mais c'est Macron - et merci pour mes impôts augmentés de 47 %), on nous ressort les vieilles lunes contre le scrutin uninominal majoritaire à deux tours (dont Pierre Mendès-France approuvait totalement le principe, mais oui, mais oui !), et on prône la proportionnelle, qui serait à coup sûr la mort de la Cinquième (à laquelle, certes, tant de coups de canif ont été portés), et rendrait le pays totalement ingouvernable, en permettant de plus à de parfaits hurluberlus, voire d'authentiques fascistes révisionnistes, d'obtenir des sièges (pour ne rien dire des zélateurs de la pédophilie). Aussi, je m'étonne qu'un Michel Onfray donne de la voix dans ce sens : mais il est vrai qu'il a soutenu Besancenot, puis Mélenchon, alors qu'un élève de CP aurait sans difficulté compris, qu'il s'agit là de fort médiocres bateleurs dépourvus de toute culture... On ne peut être pointu dans tous les domaines, n'est-ce pas ?
Quoi qu'il en soit, mis au pied du mur puisque ma candidate (pourtant élue du canton) a mordu elle aussi la poussière, il me reste à être clair avec moi-même : au second tour, on élimine. Ces cons m'obligent à voter, certes sans enthousiasme, mais à voter socialiste, pour aider une personne qui n'a apparemment pas démérité mais qui surtout n'a pas fui le navire et qui est opposée, certes sans grandes chances de succès, à son ancien suppléant, un traître ayant rejoint la bannière du cycliste du Touquet...
Maintenant, la République est "en marche", et on nous promet l'extase : vous allez voir ce que vous allez voir... Certes, une troupe comprenant beaucoup d'incapables (ce qui ne changera pas beaucoup) et même de repris de justice et d'aigrefins (ce qui ne changera pas davantage) sans parler de la foule immense des opportunistes, va paraît-il aider à engager une authentique "mission réformatrice" dans le champ économique et social, à promouvoir la modernisation de l'État et des services publics, la restauration des finances publiques (laissez-moi rire !), le soutien aux entrepreneurs et aux créateurs, la renaissance des territoires oubliés, l'affirmation de l'identité et du rang de la France... n'en jetez plus, on a déjà vu ce que le futur président est allé dire à Alger !

 

*  "Aucune société n'avait, comme la nôtre, donné l'instruction à tous les enfants, la liberté à tous les adultes. Cette double chance devrait éveiller ce goût de l'initiative, ce désir de recherche, cette curiosité insatiable, cette soif de l'inconnu qu'imaginaient les utopistes lorsqu'ils rêvaient une telle société. Nous en sommes loin. On n'observe que passivité, conformisme face à la pression médiatico-publicitaire, on ne découvre que des attitudes prévisibles, des réactions attendues, bref toutes les marques d'un conditionnement tristement efficace. Est-il naturel que quinze ou vingt ans d'études ne produisent que des consommateurs téléphages, victimes consentantes et soumises de tous les racolages ? Est-il normal d'apprendre tant de choses dans l'enfance et d'en perdre le goût dans son âge adulte ? Je ne peux m'empêcher de ressentir cette rupture, même teintée de nostalgie, comme un échec" (François de Closets, in Le bonheur d'apprendre, p. 11) .

 

Commentaires

1. Le dimanche, 18 juin 2017, 11:39 par Un Citoyen ordinaire

Je comprends tout à fait votre mise au pied du mur, votre vote SANS enthousiasme et la volonté d'ÉLIMINER qui va avec, oui, je comprends, et je ne vous cache pas que moi, ayant dans mon coin au second tour (mon candidat de cœur ayant disparu au premier) le choix (et quel choix !) entre la droite molle LR/UDI (on les a vus à l’œuvre !) et le candidat du télévangéliste blondinet collabo (je vous laisse deviner collabo de qui et de quoi...), j'ai aussi douté et me suis demandé ce que je devais faire... Faire barrage coûte que coûte au "Marcheur" (le problème n'est pas de marcher, c'est la direction dans laquelle on marche !) en votant donc pour celui d'en face quel qu'il soit ou (OU) voter blanc ? Et une fois de plus, j'en suis arrivé à la même conclusion, celle que je ne pouvais PAS "choisir" un candidat dont je n'approuve PAS la politique... Donc, oui, ce sera blanc et advienne que pourra... Comme l'a dit un certain Général, les Français sont des veaux et comme l'a dit je ne sais plus qui, on a les dirigeants que l'on mérite... Eh bien ces deux élections, présidentielles et législatives, nous le prouvent une fois de plus... Pauvre France...

2. Le mardi, 20 juin 2017, 08:46 par Olivier

Du Fouquet's au Touquet's !

Quand même, finalement, à quelque chose malheur est bon comme dit le proverbe.

En ce qui me concerne, c'est l'élimination des pintades : Duflot, Cosse, Filippetti, Belkacem, Touraine, NKM et autres galliformes que j'oublierais malgré l'extrême jouissance, limite orgasme, que leur disparition me procure......

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