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Campagne

, 05:36 - Lien permanent

C'est une étrange chose que de suivre, même d'assez loin, la campagne électorale qui déjà bat son plein, alors qu'elle n'est pas officiellement ouverte. Et je note combien la quasi-totalité des médias - surtout audio-visuels - tirent à boulets rouges sur celui qui était encore, il y a moins de deux mois, l'indiscutable favori, sans aucune retenue et surtout sans aucun esprit critique. De nombreux professeurs de droit - qui valent bien, en compétence juridique, Éliane Houlette, la procureur du parquet national financier et sa clique scandaleusement partisane - s'élèvent contre la mise à mort de Fillon, et pointent l'inanité des reproches qui lui sont faits à longueur d'antenne.

La dernière intervention en date, je l'ai lue dans La Croix, sous la plume de Dame Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel à l'université Rennes 1, et Dieu que sa démonstration est cinglante ! Mais voilà, aucun argument ne viendra à bout des tombereaux d'immondices que les médias déversent quotidiennement sur l'ancien favori ("ils l'ont dit à la télé", ce refrain bien connu a bientôt plus de poids que les Saintes Écritures elles-mêmes). L'on peut dès lors comprendre que Juppé ait décliné le plan B qui lui tendait les bras, arguant "Je ne veux pas livrer mon honneur et la paix de ma famille aux démolisseurs". Et il n'est pas jusqu'à l'usage de l'humour (?) pour enfoncer le clou : chaque soir, le dénommé Cantelou distille son poison partial, en mettant en parallèle un Hollande, très sympathique benêt (alors qu'il n'a rien d'un benêt, et que sa cote de popularité, depuis toujours en  berne, ne fait guère apparaître la sympathie des Français à son égard), et un Fillon présenté comme un individu cynique et foncièrement malhonnête.
Mais ce n'est en réalité pas exactement mon propos : car je me suis attaché à la présentation que TF1 tente de faire des futurs compétiteurs, et surtout des "petits candidats". Justement, j'ai pu comparer les deux derniers sur lesquels la première chaîne a braqué ses projecteurs. François Asselineau tout d'abord, personnage à l'abord un peu sévère (un inspecteur des finances en disponibilité), nous a révélé ses projets de souverainiste, comme on dit : sortie de l'Union, sortie de l'euro, sortie de l'Otan, afin que la France soit en mesure de retrouver son indépendance. Mais le tout est dit avec mesure et même componction, avec appel précis aux articles du Traité européen : on sent que ce François-là connaît parfaitement son sujet et les objections qu'on peut lui opposer : il en parle certes sérieusement, mais avec presque une once de détachement amusé - ce qui le rend, comment dire ? infiniment bienveillant.

A été présentée le jour suivant la dénommée Nathalie Arthaud, digne successeur de l'ineffable Arlette Laguiller, et tout aussi revêche que sa devancière - s'il est possible. Et qui nous sert les mêmes rengaines éculées. Or, cette Arthaud-là n'est plus tout à fait une adolescente boutonneuse (dont on comprendrait un peu le jusqu'au-boutisme), puisqu'elle n'est pas loin des rivages de la cinquantaine ; et dans le civil, prof d'économie-gestion. J'ai songé malgré moi au matraquage que doivent subir ses élèves de la part d'une enseignante aussi obtuse dans ses convictions. Et j'en suis même venu à penser qu'après tout, elle donnait une image assez fidèle d'une bonne partie de ce corps enseignant si loin des réalités du monde, et si coupé de la société, en définitive si partie prenante, au vrai, dans ce que d'aucuns nomment le désastre de l'Éducation nationale... Mais aussi comment celle qui récolta, à l'occasion du précédent scrutin présidentiel, 0. 56 % des suffrages, pouvait affirmer crânement parler au nom des travailleurs, "des ouvriers et des employés" (tiens, les paysans ne sont donc pas des travailleurs ?) et aller jusqu'à récuser Mélenchon (faut l'faire, quand même) ! Et quelle était sa réelle connaissance du monde du travail, elle qui n'a jamais travaillé que dans les livres, et selon un horaire hebdomadaire fort modeste... Et comment enfin elle pouvait s'auto-proclamer en lutte pour le monde ouvrier, en ignorant - ou feignant d'ignorer - que ce même monde constitue le gros bataillon des électeurs du Front national ? Qui donc a dit justement qu'une certaine catégorie d'individus, ça "osait tout", et que c'est même à cela qu'on les reconnaissait ?

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