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Obama : au bas mot, complet ratage !

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Quel contraste éloquent, que celui offert par les deux présidents américains successifs, l'élégant intellectuel noir du camp démocrate, et le plouc républicain, "monument d'ignorance et de mauvais goût", habitué de tous les excès, insupportable et grossier misogyne (entre bien d'autres qualités !). C'est en tout cas ce que veulent nous faire avaler les "élites" largement cocaïnomanes des deux côtes étasuniennes, elles qui, avec l'appui massif de médias tout acquis à la cause démocrate (car seuls les ânes démocrates auraient, à les entendre, le droit de conduire la destinée de ce grand pays), ont non seulement tout fait pour que la clique Clinton revienne au pouvoir (nonobstant les parjures, la procédure de l'impeachment évitée de justesse, les divers scandales, l'affaire des mails... et le fait de traiter de "pitoyables" les électeurs de son adversaire), mais sont en train de savonner la planche (et qu'ils sont cyniquement habiles à la manœuvre !) à partir de laquelle Donald Trump est censé s'élancer dans quelques heures...

Ainsi, je me demande si jamais aucun président sur le départ ne s'est permis, comme vient de le faire Barack Obama à Chicago, d'entonner à la fois son propre panégyrique, passant allègrement d'un "Yes we can !" à un "Yes we did !" (on n'est jamais si bien servi que par soi-même) et de dénigrer par avance l'action (supposée) de celui qui va lui succéder (après l'avoir traîné dans la boue tout du long de la campagne électorale). Ce geste immensément inélégant n'est pas isolé : toute une pléiade de gens auto-autorisés, manifestant une incroyable volonté de délégitimation de cette élection, s'élèvent par avance contre ce que va être (sont-ils particulièrement clairvoyants !) la présidence Trump. Le Monde du 7 janvier, par exemple, nous donne à lire, avec gourmandise, la traduction d'un article paru outre-Atlantique sur "Trump, le président d'une démocratie dévoyée". Si l'on en croit les termes très durs de cet écrit, le sieur Donald incarnerait "la victoire de la ploutocratie dans la guerre menée contre les plus pauvres" et serait un authentique "fasciste dans son mépris de l'idée démocratique...". N'en jetez plus, car je me demande s'il convient vraiment à ceux qui claironnent ubi et orbi leur amour de la démocratie de s'insurger dès que le vote populaire ne correspond pas à leurs attentes... N'est-ce pas contre eux qu'on devrait retourner la formule lue dans l'article précité : "Ils sont leur seule loi, et la seule qui compte"...

Beaucoup plus sereine me paraît la réaction, chez nous, d'un François Asselineau, du micro-parti Union populaire républicaine (aucune chance d'accéder à la magistrature suprême, mais quelle vaste culture !). De passage à Aix-en-Provence le 30 novembre dernier, il déclarait en effet, au journaliste qui l'interrogeait à propos de Donald Trump : "il paraît qu'il a tenu des propos racistes, xénophobes et islamophobes qui le rapprocheraient de l'extrême-droite. Nous, nous ne sommes ni de droite, ni de gauche. Cependant, nous considérons que Trump a dit des choses intéressantes et réjouissantes, telles que : Daesh est une créature d'Obama et de Clinton, l'Otan est une structure obsolète, et Tafta est un mauvais traité". Au lieu que l'ensemble du monde "artistique", Meryl Streep en tête (après toutefois Robert de Niro, le grand amateur de chairs fraîches et tarifées) s'est lancé tous azimuts dans le Trump bashing (chez nous, Isabelle Huppert s'est jointe au concert des pourceaux : rappelons-lui qu'elle peut critiquer Hollande - elle s'en gardera bien ! - mais que ce qui se passe aux States exige tout de même, de notre part, une certaine retenue).

C'est donc le camp du Bien qui se dresse vent debout contre le plouc légalement élu, et qui va très majoritairement boycotter la cérémonie d'intronisation. Cela ne doit guère impressionner, et je me permets de rafraîchir les mémoires de chez nous, au sujet de ce qui s'est passé voici quinze ans : en dépit du soutien (massif et impressionnant) de la quasi-totalité des "artistes" (dame, il y a les subventions publiques qui attirent et fidélisent énormément), l'ex-trotskiste "Michel" n'arriva qu'en troisième position, derrière Chirac et Le Pen, en avril 2002...
Vraiment, tout est prétexte à fustiger Trump (rappelons qu'à peine l'élection acquise, des manifestants "incités par les médias" selon le président tout juste élu, se sont mis à défiler contre lui. Et peut-on lui donner tort, lorsqu'on se souvient que 200 journaux américains ont soutenu Clinton, contre 6 seulement pour Trump) : ainsi, le 14 janvier, le futur président a choisi de ne pas laisser passer les propos peu amènes (c'est un euphémisme) de l'une "des personnalités les plus révérées du Parti démocrate, cette icône du mouvement des droits civiques" (dixit Le Monde). Aussitôt, haro sur le Donald ! Il n'a donc pas le droit de réagir ? Eh bien non ! Car il est blanc, hétéro et de droite... Dit autrement, un éléphant (républicain) ça Trump énormément...

Mais songeons-y : les supputations intéressées sur l'action à venir de Trump permettent fort opportunément de ne pas revenir sur la présidence glamour d'Obama, qui certes fut riche en strass et paillettes - comme à Hollywood. Et pourtant, il y aurait tant à en dire ! Déjà, remercions A. Bercoff (Le Figaro du 10 janvier) d'avoir remis les "vedettes" à leur place :
"Pour le Camp du Bien, les vulgarités de Trump sont plus insupportables que la manière dont on assaisonne féministes, gays, athées et libres penseurs à quelques milliers de kilomètres de Beverly Hills. Mais c'est ici le mot 'violence' qui interpelle. Aux Oscars comme au Grammy Awards, dans toutes ces cérémonies où les millionnaires du grand et du petit écran se coagulent et se congratulent dans une autosatisfaction permanente, on n'a jamais entendu une seule vedette dénoncer les attentats de Paris et de Bruxelles, du Texas et de Floride, de Madrid et de Londres, de Jérusalem et d'Ankara, les ethnocides de communautés entières et les mille et une manières de se débarrasser des homosexuels, des femmes et des apostats, dans un certain nombre de pays de l'hémisphère Sud. Pour les étoiles filantes du Camp du Bien, les évidentes vulgarités de Trump sont beaucoup plus insupportables que la manière dont on assaisonne féministes et gays, athées et libres penseurs, à quelques milliers de kilomètres de leurs somptueuses villas super-protégées de Beverly Hills. Cependant, imperceptiblement mais sûrement, quelque chose est en train de changer. Face à la bonne conscience des privilégiés portant leur humanité en sautoir, le plouc chef de chantier Trump, à coups de tweets et de rendez-vous pris à toute vitesse, modifie d'ores et déjà le paysage. [...] Tout se passe comme si nous assistions à la fin du «soft power» pratiqué, avec l'insuccès que l'on sait, par Barack Obama. [...] Si Hollywood pourra continuer à être «peace and love» en toute tranquillité, elle le devra à des hommes et à des femmes qui sauront faire comprendre aux totalitaires et aux intégristes de tous bords, qu'au-delà de telle limite, leur ticket ne sera jamais plus valable. Ironie du sort : ce sera peut-être grâce à Trump que Meryl Streep et les autres pourront pratiquer, en toute sécurité, leur non-violence considérée comme un des beaux-arts". Fermez le ban.

Et ceci nous conduit à revenir brièvement sur les huit ans d'Obama, "le président le plus photogénique qu'aient connu les États-Unis" (son photographe attitré a pris de lui jusqu'à 2 000 clichés par... jour - plus de deux millions de clichés en tout !) ; le plus photogénique, et certes le plus beau parleur dans toute sa splendeur, "maîtrisant le verbe comme personne". Et sachant, comme personne, mettre en scène (entre autres) sa femme, ses filles, ses chiens. Mais, comme l'on dit avec raison dans le Midi : "a ben parla, maï de qua di" ? On le compare à feu Kennedy dont on connaît abondamment les frasques (ce doit être un marqueur du parti démocrate) : plaise au ciel seulement que d'ici dix ans, on n'en vienne pas à savoir que les larmes d'Obama à Chicago étaient de crocodile, qu'avec lui aussi il s'en passait de belles sous le bureau ovale, et que l'entente parfaite avec Michelle (l'exquise et sémillante First Lady) n'était qu'une façade à gogos ! Bref, il pourra toujours se reconvertir en star du rock ou de l'écran, car pour ce qui est du cinéma, il en connaît un rayon...

En tout cas, son accession à la Maison blanche était un symbole pour les intelligentsias : un homme de couleur, vous pensez bien ! Et c'est la raison pour laquelle, pâmées et dûment endoctrinées, les foules françaises votaient à 100 % pour lui, alors même qu'aux States, pour 55 % des Américains, voter Obama serait "prendre un risque". Mais le risque a été pris. Et le résultat le plus sûr de cette élection, c'est que nous savons aujourd'hui qu'un "homme de couleur" peut se montrer tout aussi velléitaire qu'un Blanc face à des évènements demandant des prises de décision rapides et courageuses. Cela au moins, c'est acquis ; alors, qu'on ne nous bassine plus avec Frantz Fanon et ses Damnés de la Terre.

Quoi qu'il en soit, on ne prête qu'aux riches (et nul, au fait, ne s'est jamais interrogé sur l'origine de la manne en apparence inépuisable dont bénéficiait le futur "Premier président noir des États-Unis"), et Obama fut tout aussitôt lauréat du prix Nobel de la paix, lui qui le méritait à peu près autant que son prédécesseur. Comme l'écrit avec suavité un journaliste, "il a suscité des attentes exagérées". Certes, alors qu'il était en campagne, et donc peu assuré d'être élu, il s'était déjà proclamé "citoyen du monde" : de quoi donner à penser ! Élu Président, il força le trait, prononçant au Caire (le 4 juin 2009) un discours resté fameux : "l'Amérique et l'Islam se recoupent, se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité [...] ; le doute n'est pas permis, l'Islam fait bel et bien partie de l'Amérique". Bravo, Barack, pour la sécularisation, vive la contre-société musulmane, laissons faire l'Islam rigoriste (ou pas), jetons le manteau de Noé sur le crime d'apostasie, aux orties l'égalité hommes-femmes et la "visibilité heureuse du féminin" (comme dit Finkielkraut) ! Certains en ont pris, ce jour-là, de la graine ! Pour ne pas les citer, les islamistes et leur califat ont retenu la leçon, ce qui se passe depuis au Moyen-Orient en est le cruel témoignage. Mais qui plus est, cet individu s'était alors permis de nous faire la leçon, à nous Français : "Il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait porter ; nous ne pouvons pas déguiser l'hostilité envers une religion sous couvert de libéralisme"... Et rappelons qu'Obama remit récemment le couvert, à Hanovre (en avril 2016) : "Je tiens à vous rappeler que nos pays sont plus forts, plus sûrs, plus prospères quand ils accueillent et intègrent des gens de toutes origines, et cela inclut nos concitoyens musulmans". Tiens donc ! Combien de vies ont coûté et sa sortie précipitée d'Irak, et ses discours enflammés ? En tout cas, merci pour le déferlement sur l'Europe des vagues de "réfugiés"  et pour l'explosion du terrorisme islamique dans nos pays ! Et passons sous silence l'effacement objectif des States devant un Poutine seul triomphant...

Sur le plan intérieur, à part une vigoureuse action (le Financial Bailout - toujours avec un flot de paroles !) en faveur des constructeurs automobiles, il y a peu de choses à dire. L'ex-Président a stabilisé et fait reculer le chômage, mais à quel prix ? Hausse des inégalités et du nombre de pauvres : bravo pour un président "de gauche" ! Il avait promis de diviser le déficit par deux, recherchez donc ce qu'il en est exactement ! Car il a laissé filer la dette, que lui importait ? Quant à Guantanamo...
Et que penser de l'Obamacare ? Quel pourcentage d'Américains en profitent réellement ? Son bilan est donc particulièrement maigre, et c'est la raison pour laquelle nos journalistes français de la presse bien pensante, toujours à la recherche d'excuses pour ce beau parleur (Parroles parroles, comme disait Dalida à Tonton), utilisent l'expression "bilan mitigé" : quel euphémisme ! Et son plus bel échec, naturellement, c'est la non-élection, pourtant inratable, de Dame Clinton... Et l'arrivée de Trump.

C'est pourquoi je ne puis qu'être admiratif devant la réflexion d'un lecteur de quotidien : "N'est-il pas temps qu'arrivent des leaders de terrain par opposition au grand nombre de penseurs refaisant le monde dans un joli bureau bien chauffé et qui n'ont jamais fendu une bûche de leur vie ?"

Vu sous un autre angle, comme dirait Sénèque (merci à lui !) "Magna promisisti, exigua video" !

 

 

 

PS du 24 janvier : il me semble nécessaire de signaler l'article écrit par Gilles William Goldnadel (in Le Figaro du 23 janvier 2017),  "Donald Trump : chronique d'un lynchage médiatique, intellectuel et artistique", dont voici les première lignes :
"Cet article est écrit d'abord pour prendre date: avant d'avoir commis le moindre acte présidentiel condamnable, le 45e président des États-Unis d'Amérique aura été condamné à l'avance par ceux qui disent haïr les préjugés.
Quels que soient les succès et les échecs à venir, l'honnêteté commande d'acter que la planche du premier américain, traité comme le dernier, aura été savonnée comme jamais celle d'un président élu ne l'avait été, quand bien même aurait-il été minoritaire en voix, ce qui est loin d'être un précédent dans ce mode de scrutin.
Il ne s'agit pas seulement d'un procès d'intention à grand spectacle, mais plus profondément d'une contestation de la légitimité même du président élu
".

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