Bloc-notes

Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Idées nauséabondes

, 02:48 - Lien permanent

Il y a une bonne quinzaine déjà, j'étais tombé, dans La Provence, sur l'incroyable entrefilet suivant, intitulé "La 'zemmourisation' du Maire ne passe pas".
Citation : Dans son entretien à "La Provence" le 17 septembre, Maryse Joissains confiait être "très intéressée" par les propos du polémiste d'extrême-droite [sic] Éric Zemmour. "J'ai écouté Zemmour, c'est pas mal, ses idées", [sic !] avait-elle confié, en précisant qu'elle ne partageait pas "tout à 100 %", mais qu'elle le voyait comme un lanceur d'alerte.

De quoi faire bondir l'élue Souad Hammal : "C'est un intellectuel aux idées étriquées, rétrogrades et nauséabondes qu'on invite régulièrement sur les plateaux télé et qui s'en prend ouvertement aux habitants des quartiers et en fait son fonds de commerce [...]. Comment peut-on laisser cet homme continuer à cracher ses ignominies sur nos concitoyens dont certains ont fait élire Madame le Maire aux municipales de 2014 ? Vous n'avez qu'à vérifier les bureaux de vote ! [...]
J'aimerais bien savoir, et ces jeunes des quartiers qui sont constamment stigmatisés aimeraient aussi savoir ce que Madame le Maire trouve de bon dans les paroles de cet homme ?"
L'élue Souad Hammal se souvient ensuite de ses années-collège : "à chaque fois, je me demandais : comment les nazis ont-ils pu convaincre tout un peuple de martyriser et d'exterminer des Allemands comme eux, juste parce qu'ils avaient une autre religion ? Je ne comprenais pas [...]. Dans ces moments de crise, de doute, de terrorisme, de chômage et de perte de repères, il faut s'unir, laisser nos différences de côté". Fin de citation.

Il faut préciser tout d'abord que La Provence (sorte de sous-marin socialope) ne rate jamais une occasion de cracher sur la Mairesse d'Aix-en-Provence - qui certes n'est pas une lectrice assidue de Proust, ni ne fréquente beaucoup nos Classiques, ce qui ne l'empêche nullement d'être une élue particulièrement dévouée et active (n'en déplaise à ses adversaires). Mais il faut bien - par ailleurs - concéder qu'entre le Vieux-Port, au sud, et le Cours Mirabeau, au nord, charcutières, poissonnières et autres harengères sont espèce en voie de prolifération. Bref.

Or donc, dame Souad Hammal, à la pensée titanesque sans doute (et certainement nourrie de "ses années-collège"), se croit autorisée, du haut de son inculture, à juger "étriquées" et "nauséabondes" les idées développées (dans le désert, et depuis tant d'années) par Éric Zemmour, et pousse l'ignominie à comparer ce fils d'Israël aux bourreaux nazis. Faut l'faire, comme dirait l'autre...

J'avais oublié cet improbable entrefilet tandis que j'écoutais distraitement, fin septembre (le 26 à midi, sauf erreur) un extrait de l'émission "À la bonne heure" (de Stéphane Bern, sur RTL). Y pérorait le sieur Laurent Baffie, humoriste, dit-on (ses grossières saillies au sein des "Grosses Têtes" relèvent, c'est sûr, le niveau intellectuel moyen de la nation française), mais surtout philosophe et penseur de renommée internationale. Non ? Vous ne le connaissez pas ? Vous savez, ce goujat qui, apostrophant un jour Raymond Barre à la sortie de l'Assemblée nationale, le héla en ces termes : "Et toi, Raymond, comment fais-tu avec les gonzesses ?" Ce à quoi l'interpellé, interloqué et il y avait de quoi, répondit, en s'éloignant : "D'abord je ne vous permets pas de me tutoyer". Ça y est, vous y êtes ? Eh bien, ce grand penseur en sortit une gratinée, dans l'émission susdite : "Zemmour, ce minable ? Mais comment peut-on laisser parler ce médiocre individu, avec tous les mensonges qu'il sort, etc. etc." Et voilà où se situe, pour le Paf, le critérium de la pensée française... hélas !

Alors, je ne commenterai pas, ce serait peine perdue. Mais j'aligne deux citations, en guise de contrepoison - et sans grande conviction, hélas. Car il arrive un moment où l'on ne se fait plus beaucoup d'illusions.
Tout d'abord, la parole donnée brièvement à Malika Sorel, d'origine algérienne, qui connaît le problème un peu mieux que la "collégienne" Hammal et qui ne craint pas de tenir un "Langage de vérité" : "Nous ne portons pas le même regard sur les immigrés africains que sur les Européens arrivés ici avant eux. Avec les Italiens, les Polonais, les Portugais, la France était exigeante, et elle avait raison de l’être. Elle ne l’est plus avec les nouveaux venus.
Pourquoi ? Une frange de notre élite intellectuelle, minoritaire mais puissante, présente encore les immigrés d’Afrique et du Maghreb comme des victimes de la colonisation, envers qui la France aurait une dette inextinguible… Elle clame que les nouveaux migrants sont discriminés, et ceux qui osent les contredire sont aussitôt embastillés dans la case “raciste” ! Or la victimisation est catastrophique : la culture de l’excuse déresponsabilise les étrangers installés en France. Nous ne les incitons pas à faire les efforts nécessaires à la réussite dans notre société. Pis, nous multiplions en leur faveur les dispositifs dérogatoires au droit commun, nous négocions nos valeurs, nous transigeons. Sous la pression d’une minorité “bien-pensante”, nos dirigeants, droite et gauche confondues, ont renoncé à transmettre à ces populations les codes indispensables à leur intégration. Nous laissons s’implanter en France des communautés revendiquant des privilèges et s’excluant elles-mêmes de la nation. Ce qui, finalement, ne satisfait personne : ni les immigrés, convaincus qu’ils sont discriminés parce qu’on le leur répète, ni les Français, qui souffrent de ces désordres". Elle s'exprimait ainsi en 2011 ; depuis, parce qu'il y a eu les lâches et terribles attentats, Malika a nettement haussé le ton : merci à elle et à son courage.

Ce qui me conduit pour terminer à citer Michel Onfray, qui écrivait récemment (in Le Figaro du 24 avril 2016) "Pourquoi la télévision a-t-elle fait le choix de la bêtise et non de l'intelligence ? Pour transformer le peuple qui pense en populace facile à gouverner" et qui élargissant le propos, a désigné l'audio-visuel français comme "machine à fabriquer des abrutis". Tiens, voilà qui est dit. Mais il a omis, au-delà des abêtis, de parler des impudents, et autres inqualifiables.

P. S. : Et je songe soudain au livre récemment paru (avril 2016) de Céline Pina, ex-conseillère régionale socialiste ("Silence coupable") qui dénonce la compromission des élus ("barons locaux") avec l'islamisme, et le lent noyautage des forces vives de la France par "l'islam réactionnaire et traditionaliste".
Vraisemblablement une femme "aux idées étriquées, rétrogrades et nauséabondes", qu'il faudrait faire taire ?

 

[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

Commentaires

1. Le samedi, 10 décembre 2016, 09:47 par AldO

...une femme "aux idées étriquées, rétrogrades et nauséabondes"

Une idée perçue "nauséabonde" provient nécessairement du rhinencéphale (du cerveau reptilien).
Il semble que Madame Souad Hammal, obnubilée par le brouillard limbique, ne corticalise plus les perceptions qui percutent son noyau amygdalien. Confiner la conduite de son raisonnement à la boîte automatique reptilienne est peut-être une caractéristique d'un esprit formaté ou le "surmoi républicain" a remplacé les valeurs traditionnelles.

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet