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D'un obscur général vitupérateur

, 06:10 - Lien permanent

Ce pauvre Robert Ménard joue constamment de malchance : à peine envisage-t-il de se mettre en mouvement qu'on lui reproche déjà d'emprunter le pas de l'oie ; c'est, si l'on veut, un autre Éric Zemmour : avant même qu'il ouvre la bouche, on lui impute à crime ce qui va en sortir. Bref, comme Zemmour, Ménard est persona non grata dans son propre pays (pour l'instant en tout cas, la France est encore son pays, que je sache !) et les zélateurs de la pensée unique sont à cet égard d'une vigilance inouïe.

Et cependant, on a sans doute oublié que l'ancien Oranais (oui, un Pied-Noir, voilà qui aggrave son cas) fut, il y a trente ans, à l'origine de la création de l'association Reporters sans frontières ce qui, a priori, devrait lui attirer plus d'une sympathie. Mais non, il n'en est rien. Donc, on va un instant ricaner avec les hyènes et dire que Ménard a dérapé : il a dérapé, parce qu'il a osé citer les propos - bien oubliés - d'un obscur général de brigade à titre temporaire, un certain De Gaulle si j'ai bien compris, un parfait inconnu en tout cas. Et que disait-il donc, cet illustre quidam ?

"Il ne faut pas se payer de mots. C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français, etc. etc."

Ce propos est "attribué à De Gaulle", comme l'écrit avec mépris je ne sais plus quel commentateur. Et pourtant ! C'était bien là le fond de la pensée de De Gaulle, telle que fidèlement rapportée par Peyrefitte. Allons-nous le traiter, lui aussi, de menteur ? ("C'était De Gaulle", tome I, page 52, entretien du 5 mars 1959).

Donc, Ménard a cité De Gaulle en rapportant aussi ce qu'il avait vu dans les classes de sa commune, parlant à ce sujet de "seuils de tolérance", dans le droit fil de la pensée gaullienne. Eh bien non ! La police de la pensée lui interdit à la fois de citer ce général inconnu et de rapporter ce qui se passe dans les écoles biterroises ! Il est donc qualifié "d'extrême droite" et même, suprême injure, de "pétainiste" (et quand je songe au si impeccablement documenté "Quarante millions de pétainistes", d'Henri Amouroux...). Et déjà, une organisation claironne qu'elle va porter le pet devant la Justice...

Mais quel est donc ce pays ? Est-ce faire appel à une "justification bancale" que de renvoyer à "d'anciennes photos de classe" ? Est-ce donc par le seul fait du Saint-Esprit que dans le pays, la religion musulmane s'est hissée en très peu d'années à la deuxième place ?

Mais on n'en dira pas davantage. On se souvient, en effet, de l'éviction sans ménagements - et à l'unanimité ! - de Thilo Sarrazin, coupable, au sein de la BundesBank (la banque centrale allemande) de propos "racistes" : "Je ne veux pas que mes petits-enfants et arrière-petits-enfants vivent dans un pays où les femmes sont voilées" avait seulement déclaré cet important dirigeant, en septembre 2010. Comme quoi, la pensée unique est à l’œuvre des deux côtés du Rhin. Et donc, pour reprendre le propos de G. Bronner, "nous connaissons tous le principe de précaution, et nous sommes en train d'inventer la censure par précaution"... Hélas.

Et puis, divine surprise ! Car en fait, Ménard a été précédé de peu dans l'hallali. Fin septembre, un homme relativement âgé, dont les enseignants disaient jadis qu'il était "too much", s'est mis à dire, lui aussi, des choses interdites : "Il y a à Saint-Denis, par exemple, 135 nationalités, mais il y en a une qui a quasiment disparu". Tout le monde a compris que Chevènement, puisqu'il s'agit de lui, sous-entendait la nationalité française. Cette fois, ce sont les élus de son propre bord, qui n'est pas le FN précisons-le (mais qui a beaucoup profité de la présence du FN pour se maintenir au pouvoir, voire y accéder) qui sont montés au créneau, parlant de "confusions" et de "dérapages".

Haro sur le Che, tout aussitôt ! Parce qu'il a dit la vérité ! Mais qu'est-ce donc à dire ? Eh bien, ils ont de sacrées peaux de saucisson devant les yeux, ces mangeurs de porc, qui n'ont que "l'identité heureuse" à la bouche ! Et pour cela, ils sont prêts à tous les accommodements, y compris les plus déraisonnables.

Voilà des gens, par exemple, qui détourneront pudiquement le regard en apprenant que la Suisse accueille quatre coptes d’Égypte chassés car coupables de "mépris de l’islam" (je rappelle que les Coptes habitaient l'Égypte bien avant les invasions arabo-musulmanes)... Un exemple parmi tant d'autres !

Or nous sommes en guerre, le gouvernement, un brin matamore, nous l'a assez seriné. En temps de guerre, les traîtres à la nation doivent être traités comme tels. Enfin, devraient l'être.
Car le capitaine de pédalo ne sera jamais qu'un triste adepte de la godille.

PS

 


J'ai sous les yeux une récente "Une" de l'hebdomadaire parpaillot "Réforme", portant aux nues (comme parangon d'intégrité) le très récent disparu Rocard. Vous me direz, quel rapport avec ce qui précède ? Aucun. Quoi que... A-t-on oublié que l'ancien élu de Conflans-Sainte-Honorine voulait à toute force faire entrer près de 100 millions de musulmans asiatiques au sein de l'Europe ? Quel contraste, en tout cas, avec la dernière déclaration de Cahuzac (enfin devant un tribunal, quatre ans après sa forfaiture), affirmant qu'il avait ouvert un compte en Suisse pour alimenter le courant de Michel Rocard... Naturellement, il n'avance aucune preuve - il ne doit pas y en avoir beaucoup. Mais cela ne vous rappelle-t-il rien ? Bon sang, mais c'est bien sûr ! Le socialiste Névache, pris la main dans le sac (de billets) à sa sortie de Suisse (au fait, quand est-il passé devant un tribunal ?) ! Pour qui donc travaillait Névache ? Mais pour le preux Mendès-France, blanc comme neige, lui ! Comme disaient les Latins, celui qui marche en tête ne s'abaisse pas à s'occuper des tâches subalternes...

 

 

 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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