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En direct de la chine

, 13:05 - Lien permanent

Branché, je crois l'être beaucoup plus que la moyenne. Et pourtant ce n'est que le lendemain de l'effroyable carnage, à 4 heures (les retraités n'ont plus d'avenir, alors ils se lèvent tôt) que j'appris, incrédule, ce qui s'était passé la veille, sur la Promenade des Anglais. Ce lendemain vendredi, donc, je dus aller faire des courses et pour cela parcourir en voiture la rue principale de ma ville.
Plus de onze ans que je passe régulièrement au même endroit : jamais, je le jure, je n'avais jusqu'ici vu un tel spectacle que je vais qualifier d'ahurissant ou répugnant, choisissez : une jeune femme presque entièrement voilée, avec tout de même une bien petite fenêtre pour l'ovale du visage, déambulait comme si de rien n'était.

Je n'ai qu'un mot : au lendemain du massacre délibéré de Nice, je nomme cela provocation, défi qui nous est balancé en pleine gueule. Et même si je suis passé rapidement, je n'ai vu personne se scandaliser, sur les trottoirs... Lâcheté, ou anesthésie due au matraquage des médias ? Je ne saurais dire.

Mais voici que ce jour, de très bon matin, je suis comme à mon habitude parti chiner dans quelques brocantes : le soleil était de la partie, on se serait cru sur un marché provençal de Bécaud : on rit, on s'interpelle... Et pourtant, il ne s'agissait pas de Provence, quand bien même certaines génoises de toits, du côté de Mens, fleurent bon le Midi. Non, c'était à un jet d'arbalète de ce Mont Inaccessible, sentinelle du Trièves voire de la Matheysine, que le sieur vosgien Antoine de Ville, boosté par Charles VIII, conquit cette même année où Christophe Colomb découvrait l'Amérique.

Comme si de rien n'était, mes compatriotes vaquaient joyeusement à leurs occupations et à leurs stands. Passons ; mais l'incroyable, c'était le nombre de personnes en foutue tenue islamique qui chinaient en toute quiétude, sans que personne ne trouvât à redire, que ce soit les femmes, voilées comme c'est pas possible (et la plupart, préparant de façon avancée la France de demain), ou les grands frères plastronnant, goguenards, avec leurs incroyables chemises de nuit passées sur leurs pyjamas (diable, il ne fait pourtant pas si froid, en ce moment) !

Et bien davantage, certaines de ces femmes ne se contentaient pas de chiner (et pour elles, tout doit être consenti à un euro), mais encore elles tenaient des stands ! Car elles en avaient obtenu l'autorisation de la part des organisateurs ! Mais où donc est passé mon pays ? Où se fomente par exemple la révolte de tous ceux qui ont fait leurs classes en Algérie ? Où se terrent les patriotes ?

Au long des trajets que j'ai dû accomplir sur diverses autoroutes pour me rendre sur les lieux de chine, les panneaux lumineux indiquaient à intervalles réguliers "solidaires avec Nice" ; jusqu'à un camion chargé de réguler la circulation dans un rétrécissement qui clignotait ce généreux slogan : mais du pipeau, vous dis-je !

Pas d'amalgame, n'est-ce pas ? Donc, je me permets de rappeler un fait historique : aussitôt après l'attaque de Pearl Harbor par l'aéronavale japonaise (7 décembre 1941), l'administration américaine regroupa dans des camps, et sans aucun ménagement, tous les citoyens américains d'origine japonaise (les nippo-américains). C'était, avant la lettre, une application du principe de précaution - certes parfaitement inutile dans ce cas-là. Mais le fait est.
Or, nous sommes en guerre, nous avons beau ne nous intéresser qu'au contenu de nos frigos, ça meurt atrocement tout à côté de nous. Je me souviens de la vibrante joie exprimée par les adeptes de la religion de paix dès que fut connue l'attaque des Twin Towers : il est vrai que nombre de bons Franchouillards disaient tout haut que les Amerloques, après tout, l'avaient bien cherché... Comme ces derniers sont beaucoup moins cruels que nous, beaucoup moins cons aussi, ils nous plaignent en ce moment, et avec sincérité - après avoir verrouillé chez eux comme il se devait.

Et nous, comment ripostons-nous ? Quand ouvrirons-nous des camps de sûreté, avec obligation d'y travailler (ça les changera) ? Un ami m'a fait passer, ce matin, la réaction virulente d'un individu sur un site qui m'était inconnu (M. Le Stahler, site Minurne), mise en ligne après "une nuit de veille et de colère". Comment ne pas souscrire à ce qu'exprime cette personne ? Et comment ne pas lire les nombreux commentaires de son texte en les approuvant, au moins tacitement, comme : "Et j'ajouterai: Mettez en pratique le délit de sale gueule ! Virez de vos manifestations toute gueule arabo-musulmane ! Menacez-les ! Foutez-leur la trouille! Qu'ils ne se sentent plus en sécurité ! Devenez à votre tour agressifs ! Faites comme eux ! Comme ils font depuis 40 ans avec nous !"

L'excellente et mesurée Polony (contrairement aux "excités" que je viens de citer) écrit pour sa part dans le Fig-Mag de cette semaine : "Au-delà des soubresauts immédiats et de la pantomime du pouvoir, nous est insupportable également l'hypocrisie qui depuis plusieurs mois empêche de dire clairement les choses. De dire que la double nationalité ne nous pose aucun problème quand il s'agit de Portugais sortant leur drapeau vert et rouge pour une finale où la victoire de la France les aurait pareillement réjouis, alors que les drapeaux algériens n'ont pas la même saveur parce que ceux qui les brandissent y ajoutent trop souvent un geste de revanche et de défi. Est-ce parce que nous serions racistes ? Non. C'est le ressentiment qui creuse aujourd'hui les fractures [...]. Si nous voulons éviter la guerre civile, il faut nommer les ennemis, les traquer, les terroriser. Parce que notre civilisation, n'a pas à baisser le front ni à s'excuser. Elle a à perdurer". Tout est dit.


Je me souviens enfin de cette émission au cours de laquelle l'un de ces personnages s'écria : "Vous, les Français !" : il fut repris de volée, et avec quelle raison, par la dame Élisabeth Badinter. Ceux qui se mettent volontairement hors la communauté nationale, qui tuent nos enfants tout en nous méprisant et profitant de nos largesses, ceux-là doivent être mis hors d'état de nuire, quelque moyen qu'il faille pour cela utiliser.

Autrement, "solidaires avec Nice" ne sera que du sinistre pipeau. Dont nous serons comptables, "entre deuil et colère", devant l'Histoire.

Autre réaction véhémente, venue de l'étranger.

 

 

 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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