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Violences scolaires banalisées

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Comme tant d'autres, j'ai été horrifié par les tueries méthodiques, de sang froid, perpétrées à Mantes-la-Jolie, la mal-nommée, par un Sidi Padamalgam. Et comment rendre compte de mon sentiment lorsque j'ai constaté que des associations musulmanes avaient pris l'initiative d'une "marche blanche", et qu'à la tête de leur cortège plastronnait une femme ayant revêtu le niqab, tenue islamique interdite en France ?

En manière de protestation, je crois de mon devoir de mettre en ligne deux textes possédant une certaine ancienneté, et dont on ne verra peut-être pas le rapport immédiat avec ce qui précède. Mais tant pis.

Le premier, publié dans Le Monde mi-juillet 2000 au Courrier des lecteurs, est la réflexion d'une "écrivaine" connue (disparue en avril 2013). Sous le titre ajouté par la rédaction, "Il pleut", cette personne écrivait : "S'il pleut et qu'un lepéniste mal dégrossi nous le dise, cesse-t-il pour autant de pleuvoir ? Si les mères-la-pudeur craignent l'effet d'un spectacle constitué par une succession de viols, tortures, assassinats, faut-il le déclarer inoffensif, voire salubre ? Si les auteurs, producteurs, diffuseurs dudit spectacle n'admettent d'autre censure que celle de leur conscience, la nôtre doit-elle s'incliner ? Peut-on se poser ces questions sans être soupçonné de révisionnisme ? Pensée unique et langue de bois ne sont plus hélas les monopoles de la morale judéo-chrétienne. Ceux qui la pourfendent ou la ridiculisent prétendent, eux aussi, nous clouer le bec".

Quant au second texte, il est dû à la plume d'un sale type de droite (la gauche ayant les mains propres, c'est bien connu) et a été publié dans "Le Figaro Madame" du 29 janvier 2000. Sous le titre "Le désastre éducatif", le journaliste Ivan Rioufol écrivait en effet : "L'indifférence. La voilà, l'ultime responsable de la violence qui se répand dans les collèges et lycées. Inventaire d'une semaine ordinaire : un élève martyrisé à Longwy, une adolescente violée à Toulouse, des professeurs frappés à Roubaix, une surveillante agressée à Montpellier. Et le pire : un "sixième" jeté du haut d'un escalier par trois camarades, dans un collège de Mantes-la-Jolie. Par miracle, l'enfant a échappé à la mort.
Aujourd'hui, ces drames sont criés sur les toits, par des parents affolés et des enseignants humiliés. Seule manière de se faire entendre de pouvoirs publics incrédules. Certes, Claude Allègre, ministre de l'Éducation nationale, a répondu cette semaine par quelques mesures sensées, complétant un premier dispositif d'urgence. Ségolène Royal a ressorti ses mesures antiracket. Mais le réveil est poussif.
Il y a un an, "le Figaro" publiait le "Journal d'un prof de banlieue", document dans lequel un enseignant de LEP décrivait, pour la première fois, son désarroi face à des élèves éduqués dans l'égalitarisme et le sentiment d'impunité. "Il faut vraiment que je m'accroche pour faire un cours", notait-il au premier jour de la rentrée. Or la véracité de ce témoignage allait se heurter, à l'époque, à beaucoup de suspicion, au sein même de l'Éducation nationale.
Aujourd'hui, les récits entendus confirment, tous, le désastre éducatif. "On va en cours la peur au ventre ", avoue à "Libération" un enseignant d'un collège de Roubaix. "Les élèves font ce qu'ils veulent", reconnaît un professeur de Montpellier. Dans son collège, des parents excédés ont occupé les locaux jour et nuit, la semaine dernière. Leur revendication ? Des surveillants. Oui, l'Éducation nationale en est encore à mégoter des "pions". Elle néglige ouvertement l'encadrement des élèves, tandis que les enseignants n'ont plus les moyens d'exercer leur autorité. "Sur le plan de la discipline, nous serons inflexibles" avait voulu rassurer Claude Allègre, en juin 1997. Cependant, son ministère a toujours sous-évalué la violence.
Le monde éducatif, en effet, pèche par orgueil. Il oublie aisément la réalité immédiate pour se perdre dans des visions prétentieuses sur "l'accès à la citoyenneté", la "responsabilisation des élèves" et autres "projets d'excellence". Son jargon psycho-socio-éducatif reflète la virtualité de son univers.

D'où il est, il ne voit rien venir. Voilà pourquoi parents et enseignants doivent hurler pour prévenir du danger. Bien sûr, l'Éducation nationale ne peut pas être tenue pour seule responsable de l'insécurité. Les violences télévisées et celles des jeux vidéo sont de véritables dangers potentiels. Certaines familles aussi. Mais il faut se rendre à l'évidence : l'école, trop souvent, s'avère incapable d'offrir à un élève une protection élémentaire. Devenue "lieu de vie", elle a ouvert ses portes à tous vents.
L'école doit redevenir modeste. Elle se berce de trop de projets ronflants sans se rendre compte qu'elle n'est plus comprise ni des élèves, ni des professeurs, ni des parents. Demain, ceux-là n'auront plus confiance en une institution si bavarde et distante. Une "révolution culturelle" reste à faire".

 

 

 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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