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Demis et Georges, deux Grecs

, 05:01 - Lien permanent

Eh bien, sian pouli ! Voilà que les Grecs, écoutant les pires démagogues (tous les peuples le font, et donc pourquoi pas dans le berceau de la démocratie ?) viennent de leur confier les rênes du pays ! On va voir ce qu'on va voir, s'en allaient répétant, comme des perroquets, les leaders de Syriza, qui ont donc emporté la mise.
Non, c'est tout vu, ou plus exactement, nous avons déjà presque tout vu, chez nous, à compter de mai 81 : retraite à 60 ans, 35 heures, régularisation massive de sans-papiers, enflement colossal de la dette, et j'en passe : tout l'arsenal permettant, selon le mot d'un triste bobo bi-sexuel, de passer de l'ombre à la lumière...

On rasera gratis en Grèce dès demain vous allez voir. Surtout que l'extrême-gauche semble vouloir s'allier à l'extrême-droite ! Pas étonnant que Merluche, jamais en retard d'une parole historique, ait évoqué "une lame de fond... une page nouvelle pour l'Europe". Cause toujours.
Mais cette péripétie m'intéresse peu, au vrai.

Au même moment où triomphaient les populistes, s'éteignait Demis Roussos, chanteur à la voix d'or, disait-on. Hospitalisé depuis longtemps à Athènes, le chanteur de l'ancien groupe Aphrodite's Child a été vaincu, à 68 ans, par le cancer. Non, je n'étais pas un fan de ses chansons sirupeuses (mais jamais vulgaires), encore que j'avais trouvé Longtemps je t'aimerai assez bien tournée. Mais je ne veux pas parler de chanson. Je veux dire un mot de l'homme, qui valait mieux que son art. Et il le prouva un jour.

Un jour, à la mi-juin 85, Demis Roussos était passager d'un vol TWA Athènes-Londres. Et voilà que cet avion fut détourné par des pirates du groupe libanais Hezbollah, qui se réclame, comme vous le savez, de cette "religion de paix" dont le nom m'échappe. Des terroristes, pas des rigolos. Reconnu, un passager américain en fit immédiatement les frais. Alors, Roussos intervint et tenta de négocier, de calmer le jeu - si je puis dire, avec un immense sang-froid (il aurait pu se prendre une bastos dans le bide, c'était un risque qu'il courut sciemment). Ce jour-là, il montra qu'il valait mieux que ses chansons. Qu'il était un homme responsable, tout simplement.

Et sans transition, je passe à Spaggiari, vous vous souvenez ? C'était à peu près dix ans avant le détournement que je viens d'évoquer. L'ancien para auteur du fameux "casse sans violence" de la Générale de Nice ? Celui qui, avec son équipe, avait réussi à fracturer près de 400 coffres de cette banque ? Ca y est, vous y êtes... Parmi les clients lésés, il y eut un certain Georges Moustaki, "pâtre grec" de son état. Son coffre devait être particulièrement bien garni, car Moustaki eut une réaction de capitaliste, pas de doux anar rêveur. Presque une réaction d'enfant gâté : ses chansons valaient beaucoup mieux que lui.

Deux chanteurs venus de l'Orient. Deux destins vaincus, à peu de mois de distance, par la maladie. Deux types d'homme.

 

 

[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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