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Illusion groupale et dégueulasseries

, 06:10 - Lien permanent

Comme j'ai pu le lire je ne sais plus où, les manifestations du 11 janvier n'auront bien été qu'un moment "d'illusion groupale". Surtout lorsque l'on apprend, avec quelque retard, quelle simagrée fut le défilé des "Grands" de ce monde, accourus en masse pour entourer Flanby. Ces braves gens, qui assurément ne sont pas des gens braves, ont défilé sur une centaine de mètres, à peine, et dans une rue à part, ultra-protégée, et bien à l'écart des autres manifestations réellement "populaires".

Et c'est la rouerie des preneurs d'images qui nous a fait croire - illusion d'optique - qu'ils étaient à la tête d'un rassemblement unitaire !
En tout état de cause, cette unité de façade s'est fissurée dès le lendemain : de retour chez eux, les "défileurs" ont immédiatement repris leurs bonnes habitudes de censure, depuis le Président du Sénégal, jusqu'au roi Abdallah II de Jordanie (déclarant Charlie-Hebdo "irresponsable et condamnable" !), en passant par le chef de gouvernement tunisien, le Premier ministre turc et tant d'autres chefs d'États de l'Afrique sub-saharienne, qui ont comme un seul homme oublié ce qu'ils devaient à l'appui de l'armée française... Que sont-ils venus faire dans cette galère, pourrait-on se demander. Car c'est bien une galère qui se dessine, pour les Français restés face à eux-mêmes, et profondément divisés.

Je n'en veux pour preuve que le "clash" survenu, par le biais d'un courageuse minorité au sein d'un organisme qui, au demeurant, ne sert à rien sinon à placer quelques coquins, j'ai nommé l'Observatoire de la Laïcité, présidé par le dénommé Bianco (bras droit de Mitterrand, à l'Élysée, durant une dizaine d'années, et au courant de toutes les vilénies du règne). Glavany, pour qui je n'ai aucune sympathie (sinon qu'il est, comme moi, un amateur éclairé du sport-roi) a porté le pet au sujet d'une motion à l'eau tiède délivrée, que dis-je, octroyée par le dit Observatoire, d'une motion selon lui confite en excuses : "Des musulmans ont perpétré un massacre, ont flingué dix-sept de nos concitoyens, mais il faudrait s’excuser, dire qu’ils sont maltraités et que ce n’est pas grave, ce qui s’est passé !" Voilà, ou je n'y connais rien, ce qui se nomme mettre les pieds dans le plat. Mais c'est une petite minorité, je le répète, qui a protesté. Cela en dit tellement, sur notre courage civique !

En revanche, qu'ils ont été courageux, les organisateurs des "obsèques militantes" de Charb, qui ont interdit, avec l'assentiment de la famille, l'accès du cimetière à la maîtresse de feu le rédacteur en chef. Évidemment, cela faisait désordre, qu'un militant d'extrême-gauche ait pu aimer une jeune femme de droite ("l'amour se fait vieux, il a plus les yeux bien en face").
Et la donzelle d'aller promener sa dépression ailleurs, sous les quolibets d'un orateur parlant des veuves intéressées : salaud, jusque devant un cercueil.

Enfin, tout est pardonné, puisque trois précieuses, mais de gauche, naturellement, étaient au premier rang des obsèques, et quelles femmes de valeur : Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Fleur Pellerin... Il est vrai que Charlie-Hebdo est un pur joyau, issu de l'Éducation nationale et fleuron de la culture française. Trois intelligences vives, qui pourraient tenter de m'expliquer, leurs pleurs séchés, ce qu'à voulu signifier l'impayable Merluche, se croyant dans un meeting et déclarant, entre autres aphorismes à méditer, "La laïcité et les laïcards moqués ont la preuve par Charb de leur sens complet"...

Tiens, puisque j'en suis à ces brillantes Ministres, je vais risquer une incidente, à propos de leur consœur de la Santé (pas la prison, comme ce qui est échu à son rejeton). Car cette Touraine tourangelle s'est émue d'une scène "pornographique" peinte dans un local du CHU de Clermont-Ferrand - et qui, présente depuis quinze ans, n'avait pas fait parler d'elle jusqu'ici. Mais adjoindre à cette scène une caricature de Marisol, cela devient évidemment insupportable, et il convenait de faire cesser sur le champ cette atteinte inexcusable à la dignité de la dite ministre. J'ai cependant souvenir que le "mur des cons" n'avait pas reçu le même traitement, je me demande bien pourquoi. Et surtout, quand on encense dans le même temps les caricatures (?) de Charlie-Hebdo, je subodore qu'il doit y avoir là singulière contradiction.Emmanuelle Sans doute les distingué(e)s marxistes de service vont-ils effectuer la synthèse nécessaire, mais en attendant, je dirai, au risque d'être moqué par la clique germanopratine (et ses affidés) combien j'ai été choqué par les "nouvelles" caricatures qui, me dit mon buraliste, s'arrachent tous les jours.

J'ai été entre autres révulsé par l'atteinte inadmissible à la mémoire de Sœur Emmanuelle, et aucun de ces dessins ne m'a fait rire (Est-ce bien normal, Docteur ?). Les caricatures, souvent cruelles, on les trouve par exemple au Canard.

Charlie-Hebdo, mais c'est un torchon ! Et quand je songe qu'il y avait là des gens tutoyant ou ayant dépassé les 80 ans, je me dis que leurs cas relevaient, à n'en pas douter, de la psychanalyse ou de la psychiatrie.

Des sales gosses, ça court les rues. C'est la jeunesse, il faut qu'elle se passe.

Mais des sales gosses octogénaires, non, quelque chose est forcément déglingué.

Dans la dernière livraison de Réforme, je lis "si on leur [les nouveaux responsables de Charlie Hebdo] avait dit que leur couverture allait faire dix morts au Niger et provoquerait la destruction de quarante-cinq églises, l’auraient-ils maintenue ?"

Je crois que oui. Après eux, le déluge. C'est pourquoi, et tant pis pour moi,

 

pascharlie

Mais avant le déluge justement, je voudrais revenir sur la courageuse phrase de Glavany, qui tranche tellement sur toutes les circonvolutions qu'il nous a été donné de subir : "Des musulmans ont perpétré un massacre, ont flingué dix-sept de nos concitoyens... et il faudrait s'excuser..." Dans son éditorial du premier numéro du Monde, daté du mardi 19 décembre 1944, Beuve écrivit, "il s'agit de faire triompher une révolution par la loi, celle qui restaurera, par l'union et l'effort créateur de tous les Français dignes de ce nom, la grandeur et la liberté françaises". "De tous les Français dignes de ce nom...".

Qui ne voit que certains Français ne sont pas dignes de ce nom, en particulier ceux qui se mettent délibérément à l'écart de la communauté nationale, nous déclarant volontiers, et c'est un aveu, "Vous, les Français". Et c'est pourquoi, puisqu'aussi bien la guerre est déclarée, l'indignité nationale ne doit pas être qu'une épée de Damoclès.

Lors de son appel le 18 Juin 40, même De Gaulle n'avait pas osé dire qu'il était Charlie ! - Olivier

 

 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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