Bloc-notes

Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Manifestation (de pipoles)

, 07:20 - Lien permanent

Il y avait à boire et à manger, dans cette manifestation monstre, du recueillement certes, mais aussi de nombreux danseurs au bal des faux-culs (je reprends ici la belle expression utilisée par une jeune Algérienne présente dans le cortège : martyrisée dans son pays, et venue se réfugier en France), à commencer par le premier ministre de Turquie. Pour aller encore plus loin, je n'hésite pas à rapporter d'autres propos que j'ai entendus, d'après lesquels il y avait dans cette foule gigantesque, nombre de pompiers pyromanes, et d'abord parmi les "célébrités"...

Mais avant de prononcer des propos qui fâchent, je voudrais évoquer une image de paix.
En 1979, je me trouvais travailler à Paris ; lorsque j'étais libre, mon grand plaisir était d'aller flâner au Louvre, où j'avais mes entrées, et encore de me payer une mousse dans un célèbre café du Quartier Latin. Une fin d'après-midi, alors que j'abordais dans cet établissement ma première gorgée de bière, deux hommes, qui s'étaient manifestement donné rendez-vous là, entrèrent et vinrent s'asseoir à la table qui jouxtait la mienne. Ils se congratulèrent et se mirent à parler, en vieux amis qu'ils étaient - cela était patent. Ces deux personnages proches, en cette fin d'après-midi-là, étaient cependant des citoyens relativement connus : François Cavanna et Georges Wolinski. Deux disparus, l'un sous les coups de l'âge, le second sous les balles de tueurs islamistes.
Voilà, j'ai utilisé le terme que tous les médias se sont employés à dissimuler (comme l'a fait remarquer Michel Onfray, qui a méthodiquement décortiqué le phénomène linguistique) ; et quand j'ai entendu, vendredi 9 janvier, Hollande (qui bafouillant, nous montrait de plus, c'est incroyable, les tics de comportement généreusement prêtés par les humoristes à Sarkozy) affirmer "Ces illuminés n'ont rien à voir avec la religion musulmane", j'ai eu envie de crier : "Et ta sœur ?".

Car tout le monde n'était pas là, entourant Flanby : ainsi, il est interdit de faire l'amalgame, mais comment passer sous silence le fait suivant : "alors que le monde entier a affiché sa solidarité avec les Français suite à l’attaque sanglante qui a ciblé le siège du journal satirique Charlie Hebdo, des Algérois, des islamistes en particulier, ont exprimé leur joie. Cela s’est passé devant une mosquée du quartier Belouizdad, à Alger. Des cris de joie, « Allah Ouakbar », « Charlie est mort », « A bas la France et les juifs », …sont autant de slogans qui ont été exprimés à tue-tête par des fidèles, juste après la fin de la prière de soir" ? Et il y aurait tant d'autres fausses notes à révéler....

Bref, il y eut à boire et à manger, dans cette communion prétendument unanime, sur laquelle l'attitude du New York Times, justifiant son refus de publier les caricatures mahométanes de Charlie Hebdo ("il y a une différence entre l'insulte gratuite et la satire. La plupart de ces dessins relevaient de l'insulte") paraît avoir fait tache. Mais on ne manquera pas d'observer que lors du jeu de massacre du World Trade Center, nombre de musulmans français exultèrent bruyamment, et il y eut aussi de bons Français pour dire : "c'est bien fait". Au lieu que c'est toute l'Amérique, Obama en tête, qui s'est mobilisée sans a priori aux côtés de la France... Et puis, il faut aussi noter que lorsque les Anglais ont eu à faire face à des attaques "terroristes" coordonnées, causant 52 victimes, ils réglèrent leurs problèmes avec discrétion, sans en appeler à la Terre entière...

Bien en deçà de cette communion bon-enfant, c'est violemment que, dans nos écoles, bon nombre d'élèves, endoctrinés dans leurs familles, se sont élevés contre les manifestations de respect à l'endroit des individus massacrés : la minute de recueillement décidée par l’Éducation nationale a éré sabotée par de multiples provocations - mais il n'est pas politiquement correct de dire d'où elles venaient. La valeur n'attend pas le nombre des années, et le terreau est fertile où se nourrit la future haine des valeurs de la République. Et à cette insupportable violence-là (jusqu'à une petite élève de 6e, s'écriant : "Madame, on ne va pas se laisser insulter par un dessin du prophète, c'est normal qu'on se venge... Pourquoi ils continuent, alors qu'on les avait déjà menacés ?" !), certains profs ont dû répliquer par la violence (expulsions d'élèves tenant des propos insupportables), ce qui en dit long, sur le futur vivre-ensemble dont on nous rebat les oreilles. Il se trouve que j'ai aussi entendu, en marge des incidents ayant émaillé la minute de silence, une enseignante parlant de son quotidien tellement difficile, des cours de gym ou de "sciences nat", boudés, du refus d'entrer dans une église pour y étudier l'architecture, et j'en passe. Et brusquement, cette enseignante qui n'était nullement une extrémiste excitée, de s'écrier : "ils ne connaissent que la force, ce sont des hommes aux fortes épaules qu'il faut devant eux, et non de frêles femmes (tiens donc ! Quand donc va-t-on enfin appliquer le principe de parité à l’Éducation nationale ?)".

"Ils ne connaissent que la force..." Brusquement, je me suis vu transporté près de soixante ans en arrière, au plus fort du conflit algérien. Nourri par l'Express et par Lieutenant en Algérie, et par les prêches de PMF, j'avais mon cœur qui penchait vers l'indépendance (mais naturellement, jamais je ne me serais abaissé à trahir mon pays en devenant porteur de valises, comme certaines de mes connaissances le firent) ; un vieil homme qui avait l'âge que j'ai aujourd'hui atteint, m'avait pris sous son aile, un peu comme si j'étais son petit-fils, son "petit pote", le fils de l'enfant que son épouse, infirmière durant la guerre de 14, portait, jusqu'à ce qu'un coup de brancard malencontreux la fît avorter et trépasser dans le même temps. Cet homme, horloger de son état, et peintre à ses heures bien qu'il portât un nom fort célèbre en poésie, celui de Marot, avait passé l'essentiel de sa vie active en Algérie. Il était donc "Algérie française" jusqu'au bout des ongles, et nous avions des discussions si passionnées qu'un jour, nous faillîmes en venir aux mains !

"Vous ne les connaissez pas !", s'était-il alors écrié. C'est vrai que lui les connaissait, et que ma fougue juvénile refusait de le reconnaître. Mais maintenant, je les connais. Et ils ont crû et se sont multipliés. Parce que, comme l'affirme Bernanos, "il y a quelque chose de mille fois pire que la férocité des brutes, c'est la férocité des lâches". Les lâches sont en effet nombreux, et peu nombreux sont ceux qui relèvent la tête. Parmi eux, cette magnifique fille de harki, compagne d'un des suppliciés, justement ("Pour qu'un ciel flamboie, Le rouge et le noir Ne s'épousent-ils pas ?), femme politique dite "de droite", qui s'écrie : "est-ce que cette fois peut-être on prendra la mesure de ce qui s'est passé, c'est-à-dire qu'une guerre est déclarée ?". Et elle ne craint pas d'accuser nommément certaines associations héritées du mitterrandisme, dont "les Indigènes de la République". Mais elle aurait pu en clouer bien d'autres au pilori, ainsi Touche pas à mon pote, et toutes les mouvances qui ont depuis quarante ans, de façon quasiment stalinienne, veillé au triomphe du politiquement correct et de la "société plurielle". Avec les brillants résultats que l'on voit.

Car doit-on être qualifié d'islamophobe, parce qu'on a lu le Coran, et qu'on est ressorti de cette lecture "salmigondique" effondré, à l'instar de Houellebeck ? N'y a-t-il pas, en effet, de quoi être effondré, quand on nous serine à l'envi qu'il s'agit du livre sacré d'une religion de paix, alors que tout, à l'intérieur, appelle le fidèle au devoir sacré qu'est le djihad ? Et pour ne prendre qu'un seul exemple, celui de la sourate 9, ne pas accomplir ce devoir n'est-il pas puni par Allah (verset 39) ? Tout musulman ne doit-il pas en prendre l'initiative (verset 44), en commençant par l'appliquer à ses plus proches voisins (verset 123) ?

On veut nous faire avaler que c'est Zemmour, ou le FN, une fois encore diabolisé (et, hier, ostracisé), qui est à l'origine de la formule de la lutte sans merci contre "les juifs et les croisés". Mais non, il n'a fait que dénoncer une évidence, ce qu'on ne lui pardonne pas, et même qu'on lui impute à crime ! Renversement des valeurs !

Ce n'est pas le FN qui a écrit, voici dix années (juin 2004), ce rapport officiel intitulé "Les signes et manifestations d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires". De ce rapport, dans lequel il est prétendu (mais cela reste à démontrer) qu'un "chef d'orchestre" dirige l'insidieuse manœuvre de ce que certains nomment, sans doute un peu rapidement, l'islamisation de la société française, nous ne tirerons qu'une phrase, mais tant de pages seraient à citer : "les insultes, les menaces, les agressions, bien ciblées cette fois-ci, se multiplient à l'encontre d'élèves juifs ou présumés tels, à l'intérieur comme à l'extérieur des établissements ; elles sont généralement le fait de condisciples d'origine maghrébine. Dans les témoignages que nous avons recueillis, les événements du Proche-Orient ainsi qu'une sourate du Coran sont fréquemment invoqués par les élèves pour légitimer leurs propos et leurs agressions. Ces justifications peuvent aller jusqu'à assumer les persécutions ou l'extermination des Juifs. L'apologie du nazisme et de Hitler n'est pas exceptionnelle : elle apparaît massivement dans d'innombrables graffitis, notamment de croix gammées, et même parfois dans des propos ouvertement tenus à des instituteurs, professeurs et personnels d'éducation. Ces agressions n'épargnent pas des personnels ni d'autres élèves, comme cette collégienne turque nouvellement arrivée en France et devenue le souffre-douleur de sa classe parce que son pays 'est un allié d'Israël' " ! Oui, mais pas d'amalgame, je vous prie ! Ce sont des "chances pour la France" !


Et je les contemplais, les seconds couteaux, les repris de justice Cambadélis et son pote Désir, et Valls, le petit coq ibère et prétentieux dressé sur ses ergots, lui qui avait si violemment critiqué la gestion sarkozyste de l'affaire Mérah, maintenant les dents épouvantablement longues, et l’œil rivé sur 2017... Et leur capitaine, encensé par toute la presse pour son rôle de chef, Hollande tendrement consolé par Merkel, puis bisouillant tout le monde, s'arrêtant longuement devant l'accorte Mairesse de Paris, pour lui baiser les joues - une méchante histoire rapporte que jadis, il lui baisait des endroits tout aussi rebondis, mais davantage intimes... Tout ce barnum socialiste m'est devenu insupportable, qui pense tirer de cet effroyable feu parisien des marrons électoralement payants. Certes, Flanby a - pour l'instant - le vent en poupe, me confie un ami navigateur. Mais quand on sait ce qu'est la poupe d'un bateau, espérons donc qu'il l'ait surtout dans le c...

Et puis, un dernier mot. La fille de Wolinski, Elsa, s'est écriée : "Je voudrais vraiment qu'on ne vote pas Le Pen après". Ah oui ? Mais justement, pour leur donner une leçon, aux pompiers-pyromanes, et parce qu'il ne faudrait pas, pour une fois, crier haro sur ceux qui n'ont cessé depuis des années de tirer le signal d'alarme, il serait bien que le vote FN, aux prochaines cantonales (sans réel enjeu), dépasse encore le quart des suffrages exprimés. Pour que les morts de janvier 2015 n'aient pas été sacrifiés en vain !

Le vendredi 9 janvier, dans son discours, Hollande a commis un épouvantable lapsus que personne n'a relevé ; il a dit, et on peut le croire sur parole, "nous ne refuserons aucune facilité"... Ne lui facilitons pas la tâche !

Depuis que j'ai découvert votre site, c'est avec bonheur (malgré la gravité parfois des sujets traités), que je lis vos mots....
Je suis en plein accord, ce texte exprime ma pensée mieux que je ne saurais dire....
Les faits sont là devant nous, donc devant eux également et pourtant ils retournent la situation ; où veulent-ils nous mener, que cherchent nos chers dirigeants, n'ont-ils rien compris, n'ont-ils rien appris ?!
Moi, je ne suivrai pas le troupeau de mes contemporains qui comme les moutons se laissent conduire au sacrifice (c'est vrai que pour la plupart il n'y a point de sacrifice, car leur culture, leurs traditions et leur libre pensée raisonnée et raisonnables semblent ne les avoir jamais habités....).
Défiler, manifester, parait être de nos jours l'acte de résistance suprême, si ma mémoire est bonne, des rassemblements et des manifestations eurent lieu en 1918 et 1945....... Et nous sommes bien loin de la victoire....
Vous trouverez ci-dessous, quelques vieilles lignes qui prouvent une fois de plus que "rien de nouveau sous le soleil".
Encore merci pour votre site, admirativement... - Franck

"Là-dessus, le chef leur dit : Je vous donne une nouvelle patrie ; elle vous fournira des femmes; c'est à vous, pour vous procurer des enfants. Les Sarrasins, à leur première entrée en France ne pensaient à rien moins qu'à subjuguer cette belle contrée, et à la soumettre, ainsi que le reste de l'Europe, aux lois de l'Alcoran (Coran). Mais plus tard, leurs bandes eurent uniquement pour mobiles l'amour du pillage, la soif de la vengeance et le goût des aventures.
L'établissement des Sarrasins en Provence, à la fin du neuvième siècle....[...] On a vu que les Sarrasins, dans leurs courses dévastatrices, s'emparaient des femmes et des enfants des deux sexes. Les garçons devenaient soldats ; pour les femmes et les filles, elles servaient à perpétuer la race des envahisseurs. Cette manière d'entretenir leurs forces, indépendamment des secours qu'ils recevaient continuellement d'Espagne et d'Afrique, entrait d'avance dans leurs calculs....[...]
La dernière époque qui nous reste à parcourir (An 889) présente de grandes analogies avec celle qui précède (An 759) ; c'est la même violence dans l'attaque, ce sont les mêmes scènes de pillage et de cruauté ; mais les premières calamités ne frappaient en général que les côtes de la France et les provinces frontières, au lieu que celles-ci vont s'étendre à travers le Dauphiné jusqu'aux limites de l'Allemagne. Les premières étaient passagères ; celles-ci partent d'un point fixe et menacent de ne plus cesser. Oh ! combien on a besoin, en parcourant ces temps lamentables, de se retremper dans le souvenir de ce qui a été fait de grand et de patriotique en France, soit avant, soit après cette période fatale ! Comme on se sent humilié de voir les plus vastes contrées, des contrées d'où sont sortis tant de braves et de héros, livrées à la merci de quelques hordes avides, dont aucun penchant généreux ne rachetait les excès !" INVASIONS DES SARRASINS EN FRANCE, 1836, par M. REINAUD [Joseph-Toussaint Reinaud (1795-1867)].

Merci, et permettez-moi d'ajouter cette phrase, empruntée à l'éditorial de Consigny (Le Point) de ce jour : "L'État doit se redonner les moyens d'agir. Il était à ce titre cocasse de voir toutes sortes de people et d'élus de gauche plastronner qu'ils étaient "Charlie" alors que ce sont eux qui ont désarmé les pouvoirs publics face au fondamentalisme islamique en criant à l'excès de pouvoir dès qu'un lieu de culte était surveillé. Il ne faudra plus, désormais, que chaque fois que les pouvoirs publics clignent d'un œil contre le terrorisme, ils se retrouvent avec quatorze associations, trois actrices et l'édito du Monde sur le dos".

 

 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet