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Un Commissaire sans langue de bois

, 07:03 - Lien permanent

"En boca cerrada, no entran moscas" : eh bien, pour une fois, une histoire marseillaise qui ne prête pas à rire. En effet, le Directeur de cabinet du Préfet de police des Bouches-du-Rhône, excédé sans doute par toutes les manifestations intempestives qui déferlent sur notre pays sans le concerner directement, et qui apparemment ne connaît pas l'art, appris à l'ÉNA, de manier la langue de bois, s'est laissé aller à quelques propos bien musclés, à telle enseigne que la bien-pensance ambiante va jusqu'à dire qu'il a "insulté" ses interlocuteurs. En l'occurrence, des manifestants kurdes, appelant l'Europe à réagir davantage pour défendre le Kurdistan syrien contre l'invasion djihadiste de l’État islamique (siège de Kobané).

J'ai mon opinion là-dessus, mais j'ai voulu connaître les réactions des "sous-chiens", race à laquelle j'appartiens. Eh bien, l'immense majorité, pour ne pas dire la quasi-totalité des appréciations vont dans le sens d'une défense du fonctionnaire ! Cela devrait peut-être attirer l'attention de tous les bobos, parisiens ou autres, qui tentent de nous imposer leur pensée unique. À défaut, encore des voix supplémentaires pour le FN !
Naturellement, ces braves manifestants kurdes (ils ne manifestaient que pour la quatrième fois en peu de jours) dont la devise paraît être "courage, fuyons", avaient pris la précaution de se munir d'un enregistreur, ce qui a permis de donner aux paroles sous-préfectorales une audience nationale... Et naturellement, c'est La Marseillaise, organe du PCF, qui a donné tout son lustre à cette médiocre combine...


Mais qu'a donc dit de si terriblement insultant ce Monsieur, ancien Commissaire de Police (et qui, donc, connaît parfaitement la musique) ? Il a reproché aux manifestants ("vous êtes Kurdes, c'est un grand peuple") de "foutre la merde à Marseille" (tiens, on croirait du Laurent Gerra !), de "faire les cons" sur la Canebière et le vieux-Port, au lieu d'aller se battre au Kurdistan. "On n'est pas là pour foutre le bordel !", a tenté de rétorquer un Kurde. "Alors, foutez le camp !" fut la réplique cinglante du Chef de cabinet.
N'est-ce pas là le bon sens le plus élémentaire, qui s'exprime ?

Mais allons plus loin : la France se bat en Afrique, en particulier pour éviter au Mali d'être submergé par une autre forme d’État islamique. Et des soldats français meurent. Et pendant ce temps, des dizaines de milliers de Maliens vivent bien au chaud en France : mais à quel titre devons-nous aller chez eux, faire la police à leur place ?


Par ailleurs, Calais est une plate-forme incroyablement inextricable vers laquelle convergent tous les malins d'Europe de l'Est - et d'ailleurs - en quête d'une hypothétique entrée en Grande-Bretagne. Au lieu de rester dans leurs pays respectifs pour se battre et faire avancer leurs idéaux (ils devraient, en tout cas, en avoir), ces "migrants" trouvent tellement plus confortable de venir s'agglutiner chez nous, et vivre à nos crochets - jusqu'à quand ?


Mais écoutons encore le sous-préfet : "Les Marseillais s'en foutent, les Français de manière générale ont tellement de soucis, les gens s'en foutent. C'est pas un jugement de valeur, c'est un constat". Une fois de plus, n'est-ce pas là le bon sens le plus élémentaire ?

Au fait, un lecteur du Point fait avec raison appel à l'Histoire : "Ceux qui s'opposaient au régime franquiste ont eu le courage de rejoindre les Brigades internationales. Lors de la dernière guerre, beaucoup de Français ont quitté la France pour se battre contre notre envahisseur. La France accueille des étrangers dont le but est de se mettre à l'abri des conflits de leurs pays. On peut comprendre qu'on leur dise que, plutôt que de manifester au soleil avec les subsides de la France, ils feraient mieux de se battre pour leur pays".


Tandis qu'un autre enfonce un clou plus douloureux : "Les Kurdes (et les faux Kurdes) se sont "réfugiés" dans les années 1980-1990 en France, sous le prétexte d'être menacés par les autorités de la Turquie où ils retournaient, sans crainte, en vacances, dés l'obtention de papiers français. De plus, les extrémistes du PKK se sont spécialisés dans le racket de la communauté turque en Europe, ou encore, comme hommes de main rémunérés par cette dernière. Peut-être que le sous-préfet savait tout cela et que sa rage d'être pris pour un imbécile est donc sortie un peu vite !"


Mais voilà, la lâcheté bien française a été surprise. C'est pourquoi le haut fonctionnaire va devoir s'expliquer, ce qui signifie qu'il va se faire lourder, je tiens le pari. Surtout que la fameuse association SOS Racisme, qui n'a pas manqué de monter immédiatement au créneau, dénonçant un "manque de solidarité élémentaire" [sic] et des propos "d'une violence inouïe et d'une bêtise crasse" [re-sic], a réclamé que "des sanctions soient prises dans les plus brefs délais".

Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté. Total respect, Commissaire !

 

[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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