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Jeunesse mobilisée

, 07:45 - Lien permanent

Je me souviens qu'en 1973 - déjà - nombre d'établissements scolaires, dont des collèges, s'étaient mis en grève afin de protester contre je ne sais plus quelle réforme... du service militaire (cela ne s'invente pas !) concoctée par Debré (le père, dit L'Amer Michel). Des collégiens faisant grève pour une histoire de service militaire !

Mais qui donc tirait les ficelles de cette grotesque attitude, sinon leurs professeurs eux-mêmes - nombre d'entre eux, en tout cas - qui entendaient préparer ainsi les lendemains qui chantent et l'avènement du socialisme, censé faire passer notre cher et vieux pays "de l'ombre à la lumière"...

Treize ans plus tard, alors que la "lumière" avait été massivement rejetée par les électeurs, le président de la République, désavoué par le pays, crut bon de faire appel à la même masse de manœuvre - toujours prompte à jouer à l'école buissonnière - et mit ainsi en échec, en opposant les désordres de la rue à la volonté des urnes (ce ne fut ni la première, ni la dernière fois) le gouvernement de la République. Dame, qui oserait aller contre "l'enthousiasme" de la jeunesse ? Pas Chirac le pusillanime, en tout cas. qui mit à la porte, et sans ménagement, son ministre délégué à la Recherche, Alain Devaquet baptisé direct responsable des troubles.

Au passage, Mitterrand recueillit les fruits de sa fourberie en faisant repérer quelques meneurs (D. Assouline, E. Thomas) et en leur donnant des responsabilités au sein du parti socialiste. Mais voilà, la jeunesse a compris l'astuce et, mise en branle par ses syndicats (on croit rêver : à quand les syndicats en maternelle ?) a bruyamment protesté et menacé de manifester en faveur d'une jeune Kosovare que la pudeur m'interdit de qualifier autrement. Ainsi, la boîte de Pandore une fois ouverte, on vient de s'apercevoir que l'arroseur socialiste est devenu l'arrosé.

Par bonheur, ces bandes de petits merdeux ultra-choyés ne se sont pas livrées aux débordements de leurs grands frères contre la réforme Devaquet : sans doute, les habituels jeteurs d'huile sur le feu ont-ils calmé les jeunes troupes, à cause des "camarades" au pouvoir, qu'il convient de ne pas gêner...

Ainsi, à part une manifestation contre les expulsions devant le lycée Turgot à Paris, le 17 octobre, et quelques autres rassemblements sporadiques au sujet de l'Affaire Leonarda, en particulier, et contre les expulsions de jeunes étrangers scolarisés quoi qu'en situation irrégulière, en général, la mobilisation de la jeunesse de 2013 n'a rien eu à voir avec celle de 1986, contre le projet Devaquet (dont je suis sûr que pas un manifestant sur cent n'avait lu la moindre ligne).
Or, dans le même temps où je rédige le présent texte, je reçois un tract, que je me plais à recopier ci-après : je souscris tellement à son contenu, qu'il en devient ipso facto ma conclusion :

 

"Un couple tue et enterre son enfant sauvagement... les jeunes ne se mobilisent pas...
Des vieux se font braquer pour quelques euro... les jeunes ne se mobilisent pas...
Une femme de 85 ans est jetée dans une rivière par des cambrioleurs... les jeunes ne se mobilisent pas...
Des centaines de travailleurs sont mis au chômage en Bretagne, des familles sont touchées par les fermetures d'usines, au point de recourir à la grève de la faim pour espérer survivre... les jeunes ne se mobilisent pas...
L'État rajoute trois ans de plus à la retraite, diminue les salaires... les jeunes ne se mobilisent pas...
L'État expulse une famille étrangère qui vit dans l'illégalité, qui ment sur son origine, et qui ne respecte pas les lois françaises... là, les jeunes se mobilisent !!!

Pauvre France de demain !"

 

[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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