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Lampédusa et mauvaise conscience

, 06:15 - Lien permanent

Lampédusa, pour moi, c'est d'abord un roman très besogneux de Bosco, que je me suis jadis forcé à finir avec beaucoup d'ennui...
Quoi qu'il en soit, et contrairement à ce que souhaite paraît-il le nouveau Pape, je n'arrive pas à éprouver la moindre vergogne - pour "franciser" un mot souvent utilisé en Italie, mais plus guère usité chez nous - s'agissant du tragique naufrage de Lampédusa.

Car c'est en réalité la porte d'entrée dans ce qui apparaît sans doute un Eldorado pour certaines populations, abusées, du Sud et d'ailleurs. Je n'arrive pas à éprouver la moindre vergogne, si j'ai de la compassion pour ces pauvres victimes, pas davantage que pour cette kyrielle de Syriens coincée à Calais, et qui "exige" maintenant d'entrer en Angleterre.
Comment sont-ils arrivés jusque là, de quelles complicités ont-ils bénéficié, quelles sommes ont-ils dû débourser (provenant d'où ?) pour graisser la patte à leurs ignobles passeurs, etc. etc. De plus, si ces gens "fuient l'esclavage" pour reprendre une incroyable expression du Pape, que ne luttent-ils dans leurs propres pays pour essayer de l'abolir ?
Il faut aussi se demander pourquoi le dénommé François ne se préoccupe pas davantage de ses propres ouailles, et par exemple des Coptes, chrétiens égyptiens et premiers habitants du pays (on a trop oublié que l’Égypte était majoritairement chrétienne avant que les hordes arabo-musulmanes ne conquièrent le Delta du Nil), massacrés en masses sans que le Saint-Père ne songe à lever le petit doigt.
Enfin, j'en viens à penser que ces "pauvres migrants" - il en arrive, sans bruit si j'ose dire, tous les jours ! - constituent une cinquième colonne envoyée par l'Islam pour circonvenir les pays encore grosso modo christianisés. Avec le but lointain d'y imposer, par la force ou le nombre, cette foutue charia.

Eh bien ma foi (pas musulmane), je pense exactement comme toi ! RAS-LE-BOL que nous autres, pays occidentaux, soyons en permanence obligés de battre notre coulpe ! De devoir culpabiliser, de devoir nous excuser d'être ce que nous sommes, de devoir partager la misère du monde, de devoir aider, de devoir accueillir, de devoir, toujours DEVOIR !... Nous, nous n'aurions donc que des devoirs et "eux", bien sûr, que des droits ?... Non, trop facile ! Moi non plus je n'ai AUCUNE honte, aucune "vergogna", devant ce spectacle de naufragés... Cynique ? Non, juste RÉALISTE ! Stop à l'émotionnel et place au pragmatisme ! Comme si nous avions tellement d'emplois, tellement de logements sociaux, tellement d'allocations, tellement de budget que nous puissions nous permettre de les partager comme ça, en toute générosité, avec des populations venues de pays lointains dont nous ne partageons NI la culture, NI la psychologie, et (qui plus est !) NI la religion... (suivez mon regard...).
Ils sont malheureux chez eux ? OK, soit, je le comprends tout à fait ! Eh bien qu'ils se retroussent les manches alors, et fassent eux-mêmes que les choses évoluent, bougent, changent et s'améliorent dans leur PROPRE pays afin de pouvoir y RESTER ! Plutôt que de vouloir profiter d'un Eldorado (illusoire !) chez nous... Quant au Pape, il est dans son rôle, bien sûr (que pourrait-il d'ailleurs dire d'autre ? "Renvoyez-les tous chez eux !" ?... non, évidemment...), mais s'il voyait du jour au lendemain un camp de réfugiés (ou de Roms) élire domicile juste sous ses fenêtres au Vatican (avec "le bruit et l'odeur"... comme disait Chirac), il réviserait certainement un peu sa compassion chrétienne... Voilà, c'est dit ! Bref, comme tu le constates, nous sommes bien sur la même longueur d'onde Sam... ;-)
Allez, bonne journée l'Ami ! Jacques (qui n'a pas envie que son pays devienne la poubelle du monde... il l'est déjà suffisamment comme ça !).

 

Lampédusa l'emmerdosa - Tout d'abord une bouffée du parler vrai le matin, cela ravigote.
Notre pape marche à côté de ses mules. Il donne l'impression de n'être que dans le rêve et l'angélisme. Vous me direz qu'il est dans son rôle, il est sur son nuage, mais dessous, nous on reçoit la pluie quand ce n'est pas la grêle. Tous les nuages ne sont pas qu'éthérés et vecteurs de l'ange Gabriel.
Nous ne sommes en rien responsables de cette invasion, nommée pudiquement immigration, mais qui, en d'autres temps, se serait soldée par une remise en question radicale. Et non par un sentiment exagéré de culpabilité.
Pour sourire, revenons - en deux secondes - à notre "dada" du moment, je veux parler de la Guerre des Gaules , nous savons tous comment tout ce fourbi a commencé (sans Sébeille) : par l'invasion (pacifique aussi) des Helvètes, eux-mêmes chassés par d'autres, et qui avaient trouvé que la Gaule, ce n'était pas si mal et surtout bien plus tranquille du côté de chez les Eduens qui n'avaient rien demandé que de forniquer paisiblement leurs éduïnes ! Et nous savons bien comment le bon César les arrêta dans leur choix légitime à fuir le danger (dirait-on de nos jours) et comment, en ne faisant pas de quartier (pour l'exemple) il les dissuada de recommencer en les raccompagnant gentiment chez eux par la main. Heu ? oui, enfin presque par la main solidement armée d'une épée coupante et de coups de pied au postérieur ! Autres temps, autres mœurs, mais ce sont toujours les mêmes qui sont désirés (y compris d'ailleurs par le celer, scélérat César qui inaugura en Gaule la loi du premier occupant du cher La Fontaine)
Finalement la vieillesse serait parfois une chance pour sa proximité avec la mort oublieuse si nous n'avions pas l'entière responsabilité de l'héritage dans lequel nous laisserons patauger nos enfants.
Amitiés et incompréhension totale sur les "valeurs" transitoires (j'espère) de cette époque folle. - Nicolas.

Zeus a chargé Hermès de répandre sur les humains, à parts égales, "Vergogne et Justice".
"Aidôs et Dikè" en grec, ces deux qualités qui selon les anciens, constituent le substrat de cet art politique qui nous sépare de l’animalité et rend possible le fait de société.
"Vergogne" … Un mot si désuet qu’il nous ferait presque sursauter. Quelle est donc la définition de ce terme oublié ? En vérité, aidôs recouvre un large champ de perceptions et significations : sentiments de dignité, de respect, de pudeur, de mesure ; notions de l’honneur, du devoir, de la loyauté, de la retenue, de l’interdit ; crainte, aussi, de la honte, du mépris, de l’opprobre.
L’homme habité par la Vergogne obéit à une double préoccupation, sociale et morale, "puisque l’aidôs est à la fois soucieuse de l’opinion publique dont elle apparait souvent comme la contrepartie et préoccupée, dans un sens volontiers aristocratique, de ce que le sujet se doit à lui-même" (Louis Gernet).
Le respect de soi-même et celui des autres, en somme, qui détermine, en toute conscience (entendue par Francis Wolff comme cet "œil du témoin quand on est sans témoin"), une éthique du comportement et de la responsabilité personnelle. Cicéron nous confirmera plus tard à quel point, même chez les Romains, l’héritage de cette verecundia faisait trembler les politiciens les plus aguerris. Plus que la crainte des châtiments fixés par la loi, c’est la peur de défaillir, de ne pas remplir le devoir moral imposé par la Vergogne qui leur faisait, nous dit-il, "redouter le mépris public et le déshonneur". (John Marcus).
Quitte à braver l'opprobre, je ne partage pas la vergogne du Saint Père sur le drame de Lampedusa. - Alain.

A propos de la vergogne, avant que d'aborder le fond - Ce mot de vergogne nous vient, comme beaucoup d'autres, du latin. On le retrouve donc logiquement en Italie (vergogna), en Espagne (vergüenza), au Portugal (vergonha). Mais aussi, chers amis méridionaux, en occitan et sous une forme identique à la lusitanienne.
Ma mère, native du département de l'Hérault, l'employait souvent lorsqu'elle avait des reproches sérieux à nous faire et qu'il fallait donner de la consistance à l'opprobre : "Quelle vergogne !", disait-elle. Mot qui sonnait à nos oreilles avec plus de force que la honte franchouillarde dont la faiblesse musicale nous incite à la négliger quelque peu. Ne dit-on pas, en français, "toute honte bue". Et Dieu sait s'il y a des buveurs ! Sans évoquer la suite du processus.
Quant à François, il s'est laissé aller, un temps, à une émotion que dictent les média aujourd'hui. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas sincère. Mais comme il s'agit d'un homme intelligent, il comprend bien que le règlement de la question n'est pas simple.
Malgré tout le respect que j'ai pour lui, je me permettrai de lui faire une suggestion : la banque du Vatican est riche à milliards. Vous voyez ce que je veux dire ?
Ne croyez pas, pour autant, que je me moque de lui. Je ne suis pas un être ... sans vergogne. - Jean-Louis

 

2013-10-04 06:15 [Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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