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Jeune et jolie

, 20:03 - Lien permanent

Jeune, sans aucun doute, mais jolie, ce sac d'os ? Je demande un inventaire !

Trêve de plaisanterie, je me suis laissé intoxiquer par des critiques enthousiastes, et j'ai été envahi par la honte, du début jusqu'à la fin de ce film porno : et je tiens pour un chien tout être qui le qualifiera autrement, je ne sortirai pas de là !

On nous dit que ce machin est rythmé selon les quatre saisons d'une lycéenne, agrémentées de quatre chansons de Françoise Hardy - tiens, elle aussi n'a pas de voix, curieux qu'on ne la brocarde pas comme l'épouse de l'ancien locataire de l'Élysée ;-) !

Moi, j'ai vu les choses autrement : ça commence comme le premier film de Sandrine Bonnaire, la Suzanne d'À nos amours, mais sans l'immense talent de Maurice Pialat (et son œil tellement "pictural"), et ça se termine comme une nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly (cherchez laquelle).

Ou encore : ça commence par la branlette de la grande sœur, et ça se clôt sur la branlette du petit frère : lamentable porno, vous dis-je, œuvre médiocre d'un petit branleur, forcément adulée par tout un tas de branleurs germanopratins, qui vont nous seriner que faire la pute de luxe à dix-sept ans, cela n'entraîne aucune conséquence pour l'avenir. !

Et la soi-disant séquence "littéraire" sur le fameux poème de Rimbaud, "On n'est pas sérieux...", pas davantage que l'apparition glacée et glaçante de Charlotte Rampling, ne me feront changer d'avis. Qui plus est, dans cet univers glauque et déboussolé, un seul être tient à peu près debout : c'est le parâtre ; c'est aussi le cocu, ce qui veut tout dire.

De même, la lycéenne méprise le jeune homme qui pourrait la rendre heureuse ; et que la voit-on faire ? Elle se mouille trois doigts pour les lui enfiler dans le cul - si j'ai bien compris, car ces choses - ce film-canule - sont autrement difficiles à entendre que l'Apologie de Socrate !

Tout est sale, ou sali, dans cette production : par exemple lorsqu'on aperçoit, dans "Tatie Danielle", et durant une demi-seconde, un couple s'adonnant aux joies de la levrette, on sourit de bon cœur, entendant l'héroïne se confier à son mari défunt : "des bêtes !" ; dans Jeune et jolie, quand on entend "mets-toi à quatre pattes", cela devient l'horreur !

Malgré moi, j'ai songé au roman de Mauriac, "Un adolescent d'autrefois", roman qui paraîtra bien mièvre, à côté de la perversion de la jeune héroïne. Mauriac a dû se retourner dans sa tombe. Et moi, voyant cette merde, je me suis collé la honte de ne pas me barrer vite fait.

Alors, ma honte, je l'écris.

Et puis, dans la même semaine, j'ai revu pour la énième fois, dans un volet de Band of Brothers ("Bastogne"), le magnifique et tendre roman d'amour oblatif entre Eugène, le tout jeune Gi's, et Renée l'infirmière belge : j'en conclus qu'il y a de vrais cinéastes ; et qu'il y a des porcs.

Je suis allé voir hier "Jeune et Jolie" ; je ne sais pas si j'ai eu honte (je ne pense pas que j'irai jusque-là) mais il est vrai que durant toute la première partie du film (dans la 2ème, ça se calme un peu...), cet étalage voyeuriste (pléonasme) de scènes de sexe et de nudité, avec une fille censée être mineure (même si l'actrice, elle, était évidemment majeure au moment du tournage [22 ans !], sinon la loi ne l'aurait pas autorisé, bien sûr !) rend assez mal à l'aise... C'est certain ! Trop de complaisance dans la mise en scène et dans la vision de cette ado que le réalisateur "donne en pâture" aux spectateurs sans aucun jugement, aucun avis ou aucun parti-pris. Comme si Ozon se mettait (j'allais dire "se matait"...) à la place des clients et "prostituait cinématographiquement" sa jeune actrice (absolument RAVISSANTE au demeurant !!! une vraie beauté ! quel visage !). En résumé, trop de Sexe facile (filmé avec une certaine froideur malsaine) et pas assez de psychologie, de dialogues, d'explicatif et de relationnel mère-fille... Disons que Ozon s'est fait plaisir (au sens littéral) et nous a par la même occasion "pris en otage" et mis mal à l'aise (même si - soyons honnêtes ! - nous savions aussi un peu ce que nous allions voir... le sujet du film n'était pas non plus un dîner de première communion !). Bref, je pense que cette fois, je ne serai pas trop éloigné de ton avis sur ce film... Wait and see... - Jacques (qui n'est pas un chien).

 

[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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