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Itinéraire d'un honnête homme

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Parfois, il se produit de stupéfiantes rencontres... Je parcourais hier, distraitement, le Fig Mag du 13 avril dernier (avant d'arriver au Bloc-notes de Philippe Bouvard, rare écrit réussissant, semaine après semaine, à me dérider), lorsque je tombe en arrêt devant une lettre de lecteur (un toubib qui doit avoir mon âge, à quelque chose près) : car l'ayant lue, je reçois un incroyable choc en retour. Cet homme de bien décrivait, à peu de chose près (en 1981, je n'étais pas dans l'Essonne, mais dans la Nièvre, au cœur de la Mitterrandie, et j'en ai vu et appris des choses, qui m'ont à jamais dessillé les yeux) mon propre itinéraire.

Celui que nous sommes nombreux (pas assez, sans doute), à posséder en commun : l'espérance non pas déçue, mais le total écœurement devant les agissements d'une armée de fripons (le regretté Jean-François Revel usait plus volontiers du vocable aigrefins) dirigée par l'art consommé de la communication d'un bellâtre (en 81, c'était Lang, mais soyez assuré que Vals, auprès d'Hollande, jouera la même musique). Souvenez-vous de la réflexion de Jean-Marie Domenach, qu'il me plaît de rappeler sans cesse : "il m'a fallu assister, durant quatorze ans, à la captation de la générosité du peuple français par François Mitterrand, etc. etc."

Eh bien, on prend à peu près les mêmes, et on s'apprête à recommencer ! C'est à pleurer.

Mais écoutons la parole d'un honnête homme. Et méditons sa leçon.

J'ai participé modestement à la genèse du Parti socialiste, au travers d'abord de la Convention des Institutions républicaines de François Mitterrand (Cercle Tocqueville, à Lyon), puis comme secrétaire de la première section d'entreprise créée par le PS à l'hôpital de Perray-Vaucluse dans l'Essonne.
J'ai été dans les membres fondateurs de la Commission nationale Santé du PS. J'ai très vite compris, en juin 1981, que tout allait péricliter après la prise du pouvoir, et tous les inévitables coups bas qui se mettaient en place.
J'ai démissionné. J'ai dû être le seul, à cette époque !
Ce qui envahit la France, à nouveau, c'est cette culture souterraine profonde et inavouable du PS, celle qui est faite du mépris primaire de l'Autre, tout en ne cessant de délivrer des leçons de morale et de bonne conduite, comme si les socialistes, eux seuls, détenaient la vérité.
À défaut d'une capacité réelle de penser les problèmes de notre société et de notre civilisation, le recours à l'invective permanente et à la haine, véritable "coup d'État permanent" contre l'esprit, tient lieu de projet politique pour notre pays.
Nous assistons à la victoire des "apparatchiks", et non à celle de penseurs et de responsables politiques.
Là, une fois de plus, se joue l'avenir de notre pays.
Tenez bon, Monsieur le Président !

J. S., Paris

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