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Le point de vue de Sirius

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À la fin tu es las de ce monde ancien (Apollinaire)

C'était en 1965. De Gaulle, à la télé, avait fait sensation en raillant ceux qui sautaient comme des cabris, en criant l'Europe, l'Europe, l'Europe (on aurait dû l'écouter, mais bon). La campagne faisait rage, et le dénommé François Mitterrand se posait en adversaire résolu du vieux Général. Le directeur du Monde prit une grande page de son quotidien pour longuement peser le pour et le contre, et dire pourquoi, en définitive, il ne voterait pas en faveur du "Président jeune, pour une France moderne", mais pour l'homme du Dix-huit juin - en dépit de toutes les objections fortes qu'il ne manquait pas d'opposer à la politique gaullienne. Abreuvé par une extraordinaire propagande, qui exigeait que le "cher et vieux pays" fît une cure de jouvence, qui réclamait qu'on ouvrît les portes de l'ORTF, et qu'on donnât de l'air un peu partout, sinon de grands coups de balai, je ne l'écoutai pas : j'étais jeune et plein de fougue, de rêves aussi...

En 1981, le directeur du Monde, qui n'était plus Beuve-Méry (lequel avait pris sa retraite en 1969), mais Jacques Fauvet, entreprit d'expliquer longuement son choix : j'étais moins jeune, mais toujours aussi réceptif aux fausses couleurs : je l'écoutai. Avec le recul, je me dis que son éditorial, mettant en avant les misérables diamants de Bokassa, pour mieux glisser sous le tapis toutes les horribles choses mitterrandiennes que nous ne connûmes que bien plus tard, était d'une insigne malhonnêteté. Mais bon. Le résultat de tout cela, cependant, je voudrais qu'on le lise et le relise, écrit par une vraie conscience, un chrétien de gauche, Jean-Marie Domenach, est ici : "il m'a fallu assister, durant quatorze ans, à la captation de la générosité du peuple français par François Mitterrand, à des fins purement personnelles. Il a laissé la France dans un état de corruption et de déchéance morale qui m'inquiète beaucoup" (c'est moi qui souligne). Aujourd'hui, nous sommes habitués à voir le soi-disant "Grand Journal" de Canal Plus, faire et défaire la politique (et le spectacle), rendre la justice et dire ce qui est bien et ce qui ne l'est pas : on a oublié l'impudent mélange de la politique et des affaires, on a oublié tout ça, qu'on a fait passer par pertes et profits (sauf la Dette, colossale)...
Alors, puisqu'une échéance semblable se rapproche, je voudrais, à mon tour, et de ma place, faire connaître le point de vue de Sirius : naturellement, je le dis comme mien, je n'entends nullement entraîner les foules ; "je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu'elle est exorbitante : être lu avec attention" : cette phrase, écrite en 1953 par Camus, dans ses Carnets, je me l'approprie aussi - je ne suis pas en si mauvaise compagnie.
Avant de commencer, je veux dire que je vais parler avec une absence totale de passion, amoureuse ou haineuse. Car l'amour, comme l'on sait, finit bien souvent en eau de boudin ; et puis, je vais vous faire une confidence, ne la répétez pas : cette échéance électorale, comme ses inévitables bateleurs, je m'en tape ; elle m'intéresse très médiocrement, même si je sais le sort du pays s'y jouer, en partie. Moi, ce qui me passionne et m'excite en ce moment, à un point inimaginable, c'est par exemple la sortie des Œuvres complètes du "Cang" (Georges Canguilhem), ça, c'est un type qui en avait, vous pouvez m'en croire. Et je songe que j'ai accueilli le premier tome de cette parution dans le même état d'esprit qu'un Emmanuel Mounier (tiens, un de Grenoble) qui, avec fièvre, attendit Place de la Sorbonne (c'était en 32), devant la librairie Vrin, que sortissent de presse les premiers exemplaires des Deux sources de la morale et de la religion (putain de moine, encore un livre indépassable).
Vous ne voyez pas le rapport, me dites-vous, entre Canguilhem et l'élection présidentielle, et vous pensez que je vous enfume avec ma pauvre culture bourgeoise ? Mais non : le Cang a écrit quelque part que "ceux qui parlent le plus de morale, sont ceux qui en ont le moins". Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça parle de morale, d'un certain côté. Après la triste épopée mitterrandienne, certains devraient avoir au moins la pudeur de se taire. Heureusement pour eux, malheureusement pour le pays, les Français ont la mémoire bien courte.
J'ai parlé, dans le billet précédent, du haut-le-cœur que j'avais éprouvé, de la gêne, aussi, devant le one man show de Bedos. J'ajoute une incidente : dans des temps voisins, j'ai eu l'occasion de voir les spectacles filmés de Fernand Reynaud et de Stéphane Guillon : mon Dieu, c'est un monde qui les sépare, c'est la grossièreté du mufle qui l'a emporté sur la finesse humoristique ! Passons, la déchéance morale triomphe…
 J'ai lu par ailleurs que Libération portait aux nues (cela va de soi) "l'ultime spectacle incisif" de Bedos et que, au gré de ses improvisations, le "comique" avait parlé de Laurent Wauquiez, comme d'un "ministre de mes couilles" , et traité Xavier Bertrand, de "gros con qui est à la Santé... pas la prison... pas déjà". À mon avis, les propos que je viens de rapporter n'étant que l'écume des joyeusetés "socialistes", nous sommes en train d'assister à une dégringolade voulue par l'opposition, à un type de crachats à ma connaissance sans précédent. On s'acharne sur le locataire de l'Élysée - traité de minus, de fou, d'escroc, et j'en passe, car c'est ignominieux. Et naturellement, on crache aussi sur ses soutiens : mais c'est là abaisser la fonction présidentielle ! Et si par malheur Hollande parvenait à ses fins, l'enfarinage qu'il a récemment subi ne serait que le signe avant-coureur de tout ce qui l'attend, par un juste retour des choses.
En tout état de cause, lui et les siens s'y croient déjà (comme ils y croyaient – déjà ! - avec DSK, qu'ils souhaitaient nous imposer, alors qu'ils étaient aux premières loges pour connaître tous les "travers" de cet "enculé" - cf. le livre éponyme de M.-E. Nabe) - et une majorité de Français nourrit peut-être l'étrange illusion que leur néant va, "tout à coup, engendrer le renouveau" (pour reprendre une belle formule de De Gaulle). Et c'est pourquoi ils tirent à boulets rouges, dans une grossièreté inouïe, sur le candidat sortant, que toute la presse ou presque, entièrement dévouée à la cause du "capitaine de pédalo", voue aux gémonies : un sort auquel même le pire des malfrats échapperait. Sans doute y-a-t-il à dire et à redire sur le comportement du Chef de l'État - dont je ne suis pas particulièrement un soutien. Moi-même, au milieu de tous ses écarts, voulez-vous savoir celui qui me reste en travers de la gorge ? Eh bien, je vais vous le dire : c'est lorsque Sarko, en pleine conférence de presse (genre qu'il a d'ailleurs rapidement abandonné), s'est écrié : "Entre Carla et moi, c'est du sérieux !". Le Général a dû se retourner dans sa tombe… Mais bon, à l'aune du Grand Journal de C+, il n'y avait paraît-il pas là de quoi fouetter un Président…
En même temps que la presse booste le candidat socialiste, elle reprend naturellement ses vieilles lunes ; ainsi de Libé qui titrait, le 28 décembre dernier, "à quatre mois de la présidentielle, Sarkozy place ses hommes". On nous avait déjà fait le coup sous Giscard ! Mais naturellement, lorsque Mitterrand avait "placé ses hommes", et avec quel art consommé de la politique, pas un mot ! Silence dans les rangs ! En revanche, quelle caisse de résonance pour les primaires socialistes, qui eussent dû demeurer un évènement marginal ! Car, puis-je le rappeler ? Le système des primaires, qui n'est d'ailleurs pas adapté à notre type de démocratie, avait été, peu auparavant, utilisé par les Verts, dans l'indifférence générale, parce que les médias n'avaient donné aucun écho à ce qui était alors une nouveauté. On pourrait, à bon droit, se poser la question de l'étrangeté de cette attitude : le choix opéré au sein des écologistes n'avait donc pas le statut de "primaire citoyenne" ?
Quoi qu'il en soit, "ils" ont eu droit à un énorme, un indécent battage de trois mois en faveur de leur "primaire" ; avec en prime l'accès aux fichiers électoraux, le repérage des sympathisants de gauche, à qui s'adresser prioritairement... Bon, il paraît que c'est légal ; bien sûr, puisque c'est socialiste. Et au bout du compte, après un duel sur lequel je reviendrai, médiatiquement orchestré comme un second tour des présidentielles, les sympathisants ont voté en masse pour le moins crédible, disons-le pour le plus con, celui que Mitterrand prenait pour un "benêt", dont il ne voulait pas (remarquons que "l'archaïque" est le seul socialiste un peu en vue à n'avoir jamais occupé de strapontin ministériel), l'homme qui se trouve à la tête du "département le plus endetté de France" (dixit la mère de ses enfants – remarquez que cela n'étonne guère de la part d'un individu parfaitement imperméable à tout réalisme comptable), celui qui ne connait rien à rien et, comme l'a cruellement fait remarquer son adversaire Mme Aubry, qui lisait ses fiches pour tenter de répondre aux interpellations de sa concurrente. Et je ne veux pas trop m'étendre sur l'incroyable supercherie à laquelle il s'est prêté, en 1983, en se faisant passer, sur les antennes de France-Inter, pour "un grand dirigeant de la Droite", afin d'assurer la promotion du livre "De la reconquête" d'un certain Caton (Bercoff). Dans la vidéo, que vous pouvez suivre sous ce lien, on entend le jeune Hollande s'écrier "le pouvoir socialiste ne tombera pas comme un fruit mûr". C'est précisément le conseil qu'on pourrait donner au candidat qu'il est devenu : il n'est pas sûr que le "pouvoir sarkoziste" tombe comme un fruit mûr…
Bref, ce "bois de marionnette" qui se teint les cheveux (vous me direz, Mitterrand s'était bien fait limer ses dents carnassières), n'a pas eu honte de proclamer qu'il goûte enfin aujourd'hui (avec sa compagne du moment), à un bonheur parfait, après avoir vécu tant d'années avec Ségolène, et lui avoir fait quatre enfants ! Mais c'est, en plus, un parfait goujat !
Et puisque j'en suis au couple : en 2007, nous avions eu la concubine ; cette année, c'est le chef de famille qui sollicite nos suffrages ; en 2017, sera-ce le fils premier né de cette improbable union ? Sommes-nous en train de nous laisser imposer, sans que nous le sussions, une ère de royale allégeance ? Alors, voyez-vous, lorsque j'apprends que le patriarche Stéphane Hessel, l'impayable auteur de "Indignez-vous", va voter Hollande, ce n'est pas de l'indignation que je ressens, c'est de la commisération !
 Mais passons à l'émission qui a opposé les deux candidats restés en lice. Je glisserai sur le fait que ce dépensier a annoncé sa ferme intention de réduire notre colossale dette dans les délais les plus brefs… tout en se répandant en prodigalités pour flatter son électorat. Je passerai aussi sur le fait que ce velléitaire, avec un sacré mouvement de menton, a affirmé sans rire, face à Aubry, qu'il allait mettre au pas, dès que possible, la chancelière Merkel, le président chinois Hu Jintao et même le monde de la finance ! Les intéressés en tremblent déjà, c'est sûr ! Et je me permettrai de ricaner à propos de sa volonté affichée de rétablir l'indépendance de la Justice (sous-entendu : foulée aux pieds sous Sarkozy). Une citation, à cet égard, pour s'opposer à la superbe du petit corrézien, qui prétend s'inscrire dans la lignée de 81 : "Nul garde des Sceaux n'a surpassé quelques-uns de ceux de François Mitterrand dans la dextérité à entraver le cours de la justice" (Jean-François Revel, in Le Point du 23 mars 1996). Fermez le ban.
Et je voudrais en venir à l'histoire des 60 000 postes supplémentaires, parce qu'elle est passée à la trappe hélas, alors qu'elle méritait un long développement – que je me contenterai d'esquisser ici. Il s'agit d'abord, l'avez-vu perçu, de "changer l'éducation", rien de moins. Comme la charge est confiée à "l'expert" Bruno Julliard, fils de sa mère Arlette Arnaud-Landau, blackboulée de la Mairie du Puy en Velay par Laurent Wauquier (ce qui renvoie sans doute à l'insigne grossièreté lue plus haut) on peut être sûr que les choses vont changer... dans le sens des intérêts exclusifs des enseignants. Pour le reste, pas de risque de changement ! Je connais, croyez-m'en, la musique !
La vérité est pourtant apparue l'espace de cinq secondes, pour qui avait l'oreille exercée – dans la bouche de la Dame des trente-cinq heures (et du "35 % de Maghrébins, c'est génial"), qui a parlé des redoublements, et a même cité le pourcentage, je lui en laisse la responsabilité : 10 % des élèves. Ah, l'histoire des redoublements, encore une exception française, procédure dont on sait depuis fort longtemps qu'elle ne sert à rien… du moins en ce qui concerne le profit qu'en pourraient retirer les "bénéficiaires" ! Un peu de calcul, à la louche : 10 millions d'élèves (j'enlève les maternelles, pratiquement pas touchées par le "phénomène"), dix pour cent, cela nous donne 1 million d'élèves divisé par 60 000 postes cela donne environ 17 élèves. En gros, il y a 60 000 postes qui ne servent à rien, sinon à "faire redoubler" ; et, naturellement, à augmenter encore le féroce pouvoir syndical. Or ces redoublants appartiennent tous aux classes défavorisées. Voilà comment le système scolaire, entièrement commandé par les socialo-communistes et leurs courroies de transmission, considère et gère les plus faibles ! Après cela, on vient nous parler de l'égalité des chances ! Et le sinistre Lang, dans Le Monde du 4 novembre, de ramener sa fraise et de nous raconter que "pour la droite, l'école est un fardeau et une charge". Et d'en rajouter sur le prétendu "saccage" de l'école. Pour ne rien dire de Julien Dray, encore un expert, qui examine la "situation d'urgence" [sic] de l'éducation nationale, et s'interroge : "Comment peut-on être de gauche, et ne pas considérer que cette situation d'urgence réclame des moyens eux-mêmes exceptionnels et une priorisation claire et nette ?" Mais on a déjà donné, coco, en 81 : et on a vu le résultat. Et le chantier de la transformation de l'école, mon cul ! Car il y a vraiment des coups de pied au cul, qui se perdent !
Mais pour revenir à mon propos, il est vrai qu'à terme, si Hollande arrive à persuader les "camarades enseignants" (qui forment le gros des militants du PS) de renoncer à cette pratique honteuse et ségrégative, il récupèrera une bonne partie des 60 000 postes, sans que la Nation ait un sou à verser, et pour le plus grand bien des classes défavorisées. Mais y arrivera-t-il ? Nous savons bien que non. Et je me souviens du camouflet reçu par Savary, lorsqu'il voulut, timidement, introduire une modeste réforme de l'école…

Et maintenant, deux derniers points à soulever : d'une part, quatorze ans de mitterrandisme ont "laissé la France dans un état de corruption" assez incroyable. Et la liste serait longue, de tous les aigrefins, pour ne pas dire davantage, qui ont sali le PS, mais que le PS a couverts. De Boucheron (pour ne pas remonter plus haut) à Guérini, en passant par Nucci et tant d'autres, le PS a son compte de filous de gros calibre. Pas ou peu sanctionnés par la justice, dont on sait qu'elle vote très majoritairement "à gauche". A-t-on déjà oublié les cahiers de Joseph Delcroix, et les incroyables ramifications de l'affaire Urba ? Mais voici que ces jours, on en apprend de belles, à nouveau : l'ancien maire socialiste d'Hénin-Beaumont, publie un livre (Rose Mafia) sur le fonctionnement du PS dans son département. Il met l'accent sur un système "pourri jusqu'à la moelle" – dont il a d'ailleurs profité (mais on avait déjà beaucoup appris, durant le court temps où l'écologiste Marie-Christine Blandin avait présidé le conseil régional du Nord !). Il y a de quoi être écœuré devant l'obscénité qui vient donner des leçons de morale à la Droite.
 Par ailleurs, vous souvenez-vous des prothèses mammaires PIP, et de "l'incroyable récit d'une supercherie, la folle histoire d'une imposture" (selon Le Monde, mi-janvier dernier). Mais Hollande et le piteux épisode de La reconquête, ce n'était donc pas une supercherie ? Alors, regardons les faits en face : les socialistes détiennent déjà, outre le Sénat, la totalité des régions (à l'exception de la petite Alsace), dans lesquelles les dépenses somptuaires et les cocoricos sont allés bon train. Si Hollande est élu, il est sûr que les législatives, qui se tiendront dans la foulée (encore un héritage socialiste !), lui apporteront une majorité : ainsi, le PS détiendra tous les pouvoirs, en France. C'est évidemment vers cela, qu'il lorgne : car ce parti n'est démocrate qu'à condition de régner en maître : toute opposition est crime de lèse-majesté. Et c'est bien le grand Chelem, qui le fait bicher : "le camp Hollande rêve d'une majorité absolue pour le PS en juin 2012", écrit benoîtement Le Monde (du 5 novembre dernier). C'est donc cela, une démocratie à la mode soviétique, que nous voulons pour la France ?

On peut cependant raconter ce que l'on veut : l'électeur a la fibre féminine, et il adore être berné d'illusions (j'aurais pu écrire : bercé). Alors, le risque est grand d'assister à un 21 avril à l'envers, à un second tour dont le Président sortant serait absent, et qui opposerait la candidate du FN au socialiste. Justement, ce dernier fait mine de s'inquiéter de la "banalisation" du FN. Effectivement, puisqu'il est patent qu'un tiers des Français approuve les idées du Front national. Mais Hollande nous croit assez bêtes pour avoir oublié que c'est Mitterrand qui mit le FN en selle, que la Droite n'a jamais pactisé avec ce parti, ce qui lui a souvent valu d'être battue, et que lorsque le jeune ministre Baroin, à l'Assemblée, accuse, sous les tohu-bohu, le PS d'avoir pris le pouvoir "par effraction", en 1997, il est dans le vrai, nonobstant l'arrogance d'un Jean-Marc Ayrault : c'est grâce au FN que la "gauche plurielle", Jospin en tête, est alors arrivée aux affaires ! Et je crois même que le candidat socialiste ajoute que le FN ne peut pas résoudre les problèmes des Français, puisqu'il en vit. Certes, mais tous les partis, à commencer par le sien, en vivent. Ce n'est donc pas un argument. Il faut chercher ailleurs.
J'ai sous les yeux un ouvrage que m'offrit, jadis, quelqu'un qui m'est particulièrement cher, "Combattre le Front national" (chez Vinci). Les recettes "philosophiques" que j'y découvre à nouveau me font sourire. Et quand je pense que le PS n'avait trouvé, en son temps, que Tapie, ce symbole de vertu, à opposer à Le Pen ! C'est à pleurer.
Alors, je dois dire que Marine Le Pen m'exaspère au plus haut point ; elle est loin de posséder la culture qui permettait à son père d'être parfois écouté. Son propos à elle, plus radical que celui de son géniteur, en devient le plus souvent d'une vulgarité à faire peur. Et son programme économique ! Il mettrait la France à genoux en trois mois ; mais après tout, ni plus ni moins que celui de Mélenchon, qu'on présente comme "fréquentable" (et ministrable, qui plus est)… Et son parti-pris a autant le droit d'être explicité que celui du PC - sinon davantage.
Alors, si par malheur nous assistions le 22 avril prochain, à un "21 avril à l'envers", je glisserais ensuite, dans l'urne, non pas un bulletin blanc mais, pour la première fois de ma vie (et la dernière, j'espère) un bulletin "Marine". Sans illusions, naturellement ; mais sans honte et sans états d'âme ; après tout, je paie mes impôts et n'ai jamais volé un seul centime à l'État. Ce n'est pas le cas de tous les donneurs de leçons.
Et puis, comme dans ce cas de figure le résultat serait par avance connu, ensuite il resterait à se murer dans le silence.

Commentaires

1. Le mercredi, 22 février 2012, 19:22 par Nicolas

Ce billet est en tous points concordant avec des idées justes et objectives (y compris les réserves pour Marine).

BRAVO !

Juste remise en perspective des nauséabonds socialos et consorts !!

2. Le lundi, 12 mars 2012, 20:55 par Maryellem

Nous sommes très nombreux à penser ainsi...
Nous ne reconnaissons nos opinions dans aucun des "grands" médias officiels, et enrageons, majorité bâillonnée, de n'être représentés que par quelques personnes courageuses et peu soutenues....
Faudra-t-il que le pays atteigne le point de non retour de l'absurdité totale pour enfin réagir ?

3. Le dimanche, 29 avril 2012, 23:39 par Joëlle M

Oui, nous sommes sans doute nombreux... mais où êtes-vous ? La bienpensance dégoulinante de bons sentiments de la plupart des gens "évidemment de gauche" qui m'entourent m'accable.

4. Le samedi, 19 mai 2012, 16:40 par jason2

"pour la première fois de ma vie (et la dernière, j'espère) un bulletin "Marine"."
Eh ! bien voilà... l'aveu n'était pas si difficile. Et sans doute, avant peu, l'énergie de la fille et la mâle vertu qu'on lui prête çà et là sauront nous séduire et nous feront oublier la "culture" du père...

-L'aveu ? Mais qu'est-ce à dire ? Voulez-vous singer le film de Costa-Gavras ? Auriez-vous oublié que Fabius soi-même avait déclaré, il y a pas mal de temps déjà, que Le Pen posait de bonnes questions, mais qu'il y apportait de mauvaises réponses (soit dit en passant, on n'a jamais su, et pour cause, quelles étaient les "bonnes" réponses pour Fa-Fa. Faudra-t-il attendre, pour les connaître, que Marine - ou autres - soit à 51 % ) ? Je me suis expliqué longuement là-dessus, il y a douze ans, en publiant et commentant le texte de mon cher et regretté ami Gilbert R. Il y a DOUZE ans ! Cela s'appelle "dignité électorale" ! Et vous arrivez bien tard.
Alors, maintenant, je n'aurai plus le temps de répondre à vos interpellations. Si vous permettez...
Cordialement,
SH

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