Bloc-notes

Home

Aller au menu | Aller à la recherche

On est les meilleurs !

, 06:36 - Lien permanent

Sans aucun doute, on est les meilleurs, et les rares et vains individus, grincheux et/ou haineux, qui ne le reconnaissent pas encore, ne sont que d'insupportables jaloux !
Passons donc en revue quelques exemples de cette évidente supériorité.



À l'été 2006, éclate à Séoul l'affaire dite des "bébés congelés". Découverts par le mari dans le congélateur de la maison du couple, ces deux bébés (nés viables en 2002 et 2003) paraissaient n'avoir pas de parents, le couple ayant absolument nié avoir procréé, jusqu'à ce que les tests ADN, pratiqués par les autorités sud-coréennes, mettent fin au mystère. Naturellement, la France, avec un joli mouvement de menton, mit en doute la capacité des Coréens à manier la technique de l'ADN, et exigea une contre-expertise sur le sol français. On allait voir ce qu'on allait voir, et les pauvres Coréens allaient être confondus... Las, tout au contraire, la confusion fut du côté des époux C., et de la France éternelle...
Ajoutons que, condamnée à huit années de prison, l'infanticide Véronique C. (qui avait reconnu un troisième assassinat, antérieur aux deux autres) n'en purgea qu'une faible partie... Pourquoi donc se gêner ?

Plus près de nous, une étudiante rémoise de vingt-deux ans disparut, début décembre 2008, à Budapest, en traversant le pont sur le Danube. Tout d'abord, la France mit en doute le zèle employé par la police locale à retrouver la disparue. Puis, lorsque la malheureuse Ophélie fut repêchée, les autorités hongroises procédèrent à l'autopsie de son cadavre. En France, aussitôt, on entendit que cette pratique était d'avance nulle et non avenue de la part de ce peuple retardé de l'Est, et que tout serait recommencé dans les règles de l'art, lorsque la dépouille serait de retour en France. Las : qu'a donc apporté de nouveau l'autopsie effectuée par de vrais praticiens, non par les charlatans hongrois : rien. Encore une belle occasion de se taire, qui n'a pas été saisie !

Plus près de nous encore, on citera l'affaire des joueurs de l'équipe de France, en goguette chez les Néo-Zélandais. Non contents d'avoir été étrillés par les locaux (les fameux All-Blacks), quelques joueurs, et l'un d'eux en particulier, eurent une attitude pour le moins scandaleuse. En effet, pour dissimuler une virée nocturne des plus arrosée de l'alcool local, suivie d'une chute malencontreuse, l'un des joueurs, trois-quarts centre de son état, inventa une agression dont auraient été responsables les voyous locaux. Cela fit scandale dans le Landerneau du rugby : quoi ces éleveurs de moutons, qui nous ont fait ch. pour la minable affaire du Rainbow Warrior seraient encore de retour ? Mais pour qui se prennent-ils donc, ces rustres ?
Las, la police des éleveurs de moutons n'est pas plus conne que la nôtre : elle visionna les bandes issues des caméras judicieusement placées devant l'hôtel, et l'on vit le sieur trois-quarts titubant, accompagné d'un autre joueur.. et de putes locales... L'histoire ne dit pas si, après avoir heurté sa table de nuit, le sire avait quand même réussi à heurter sa compagne d'un soir...
Quoi qu'il en soit, le triomphe de la dite police fut par bonheur modeste, autant que les excuses françaises, qui au demeurant eussent dû être bien plates...
L'affaire est oubliée, dit-on. Du côté de Wellington, je ne suis pas sûr que l'incident ait contribué à améliorer grandement l'opinion que les éleveurs de moutons se font des porteurs de bérets basques...


Et venons-en à l'affaire dite Florence Cassez. Nous savons tous, bien entendu, qu'il n'y a en prison que des innocents clamant leur innocence, c'est bien connu. Surtout s'agissant d'une ressortissante française, qui s'était (à qui la faute), acoquinée à un coquin, malfrat violent, à la tête d'un gang de kidnappeurs, assassin de surcroît, sauf erreur de ma part. Les chefs d'accusation, quoi qu'on puisse par ailleurs penser de la justice mexicaine - pays qui a une dent contre la France, car si nous l'avons oubliée, lui se souvient parfaitement de l'intervention française sous Napoléon III - sont vraiment croquignolets. Je ne sais si tout cela mérite soixante ans de prison, mais je note qu'au Mexique, on se soucie davantage des victimes que des malfrats, n'en déplaise aux éternels redresseurs de torts, à ceux qui, après avoir usé leur salive à défendre l'indéfendable Cesare Battisti, ont enfourché un autre cheval de bataille pour venir au secours de la jeune Florence.
Et dire que cela remonte jusqu'à l'Élysée ! Et dire que le Président de la République, qui devrait avoir d'autres chats à fouetter, reçoit les parents de la délinquante - de la condamnée définitive, leur fait des promesses qu'il ne pourra tenir, et décide de saboter l'année du Mexique en France en la dédiant à Florence Cassez. Comment pouvait-on imaginer que le Mexique allait rester l'arme au pied ? Le président du Mexique, Felipe Calderón, nous a rendu aussitôt la monnaie de notre pièce... Mais quelle élégance, dans notre diplomatie ! Ne doit-on pas en conclure que ces affaires, décidément, sont bien étrangères à notre Président  ? Pour ne rien dire de la pauvre MAM, bien peu inspirée, qui parle de "déni de justice", commettant par là un contresens juridique évident : on n'attendait certes pas grand-chose d'elle, on attendait tout de même un peu mieux...

Et cela me conduit, après avoir seulement évoqué l'incroyable cécité d'un Mitterrand devant l'inéluctable effondrement de l'empire soviétique, à vanter notre grande lucidité face aux événements qui ont secoué et secouent encore, le monde arabo-musulman - en particulier s'agissant des événements de Tunisie, entre autres...
C'est sûr qu'on est les meilleurs ! Mais Mam ne devrait pas être la seule à devoir s'éclipser, faute de vraiment s'expliquer...

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet