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Peintures et repentirs

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Un article fort bien documenté du Monde nous a récemment (fin du mois de juillet) appris que des chercheurs "internationaux" venaient de révéler un portrait de femme bien dissimulé sous une "prairie verdoyante", un tableau peint en 1887 par Vincent Van Gogh. Et de nous décrire avec force détails scientifiques le pourquoi et le comment de cette nouvelle et inattendue apocalypse.

Bon, quelle découverte !

Prairie verdoyante
Peinture cachée

Le peintre néerlandais, pour des raisons de manque chronique d'espèces sonnantes et trébuchantes, peignait souvent à même des toiles qui lui avaient déjà servi à s'exprimer - tout le monde sait cela. Et "les experts", Le Monde le rappelle, estiment qu'un tiers de ses tableaux possèdent ainsi un sujet réel et un sujet caché - il n'y a donc pas là de quoi crier au miracle de la multiplication des peintres !


Il paraît que cette révélation, on la doit à une technique de radiographie non encore utilisée jusqu'ici, un bombardement de radiations de synchrotron : c'est possible.



Portrait de jeune homme
Peinture cachée



Pourtant, pour qui s'intéresse un tant soit peu à la peinture et à ses à-côtés, à ses "repentirs", comme on dit dans le langage châtié qui convient, rien de bien nouveau sous le soleil de la radiographie !

Chacun connaît, en effet, le célèbre "Portrait de jeune homme", de Rembrandt. Eh bien, sous ce portrait convenu, le phare baudelairien, Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures, dissimulait une femme penchée sur un berceau !

On sait aussi comment "L'inspiration du poète", de Poussin, cache sous le poète aux longs cheveux, un autre poète plus rembruni, et portant des cheveux coupés court.



La Forge
On pourrait parler également de La Forge, des frères Le Nain, aux célèbres repentirs.
Tout ça pour dire que les scientifiques n'ont pas attendu le bombardement de radiations pour découvrir l'essentiel de ce que nous cachaient, les plus grands maîtres de la peinture.
Rien de nouveau sous le soleil, en effet.



Et puis, nous sommes un peu blasés, concernant les détails cachés. Le monde politique est à cet égard bien plus dissimulateur que les peintres. Point n'est besoin de bombarder des radiations de synchrotron pour s'en apercevoir. Ainsi du fameux Jospin, qui, en 1997, nous avait juré-promis qu'en cas de victoire de la gauche, il ferait à Renault la leçon qui convenait, à propos de l'usine de Wilvorde, et qu'en particulier de licenciements, point il n'y aurait. Les élections passées, le Premier ministre rentra sagement dans le rang ; car les promesses n'engagent que les benêts qui y croient... Vingt ans plus tôt (en février 1979), son mentor Mitterrand était allé défiler avec les opposants au "plan Barre" de restructuration de la sidérurgie lorraine ; il y eut même de véritables émeutes. Arrivé au pouvoir peu après, le beau François s'empressa de faire bien pire, et bien plus férocement, que ce que prévoyait le plan de Raymond Barre...
Et on n'en finirait pas d'énumérer toutes les "peintures" cachées sous les bons sentiments bien démagogiques. Mais laissons cela... Ces braves gens n'ont jamais exprimé le moindre repentir...

Pourtant, l'article précité a au moins un avantage : nous remettant en mémoire le coin d'herbe (Grasgrond) de Van Gogh, sa prairie verdoyante, il nous permet de nous souvenir de toute la formidable subversion que recèle, cachée sous le fatras, la poésie de chaque pré vert...

Commentaires

1. Le dimanche, 24 août 2008, 09:04 par Un citoyen ordinaire

Après le train, c'est maintenant le teint qui peut en cacher un autre...

Un citoyen ordinaire

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