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Armes (catégories d')

, 04:06 - Lien permanent

La France, comme on le sait, est l'un des pays d'Europe les plus restrictifs en matière d'armes à feu ; les écologistes ne manquent pas une occasion de s'en frotter les mains - les truands aussi. Moi, je serais encore plus draconien. J'estime que cela ne suffit pas, et qu'il convient de poursuivre plus avant dans ce sens. Plusieurs tragiques affaires, qui sont très récemment venues à notre connaissance, me confortent dans mon opinion.

Ainsi, qu'on se souvienne du récent assassinat, dans des conditions atroces, à Lagnieu, d'un jeune garçon. Notons au passage qu'un quotidien n'a pas craint d'écrire suavement que les enquêteurs, désormais, privilégiaient la thèse de l'homicide ! Il est bien connu, en effet, que nombre d'enfants se lardent eux-mêmes de quarante coups de couteau, et même davantage ! Il aurait donc pu s'agir d'une auto-mutilation, geste désespéré comme on en voit tous les jours, surtout en période de vacances scolaires (et ne parlons pas du professionnel de santé qui confond morsures de chien et coups de surin).
Le couteau est donc une arme, et une arme léthale, non une arme dite blanche. J'estime dès lors que tous les couteaux, depuis celui du boucher jusqu'à l'innocent (mais il cache bien son jeu) Opinel, doivent quitter la sixième catégorie, et se retrouver au sommet de la dangerosité, en première catégorie.
Comme armes de guerre, mais vous plaisantez, va-t-on me rétorquer. Eh non. Qu'on se rappelle à quoi servaient, durant la grande saignée de 14-18, les couteaux de boucher généreusement confiés à des Sénégalais préalablement imbibés de gnôle, et qu'on nommait les nettoyeurs de tranchées. Allez, zou, première catégorie ! La plus pacifique des ménagères, si elle aime faire la cuisine, devra déposer une demande de détention de couteaux, qu'on lui attribuera comme à regret, et qu'elle devra d'ailleurs renouveler tous les trois ans, avec déclaration sur l'honneur que lorsqu'elle ne se sert pas de ces engins de guerre, elle les enferme dans un coffre blindé.

Tiens, cela me fait songer au Prime Minister britannique, jamais en retard d'une sottise à faire (ou à dire), qui s'est récemment ému des quelque vingt mille attaques à coups de couteau perpétrées en un an sur les terres de Sa Gracieuse Majesté. Il a dit qu'il fallait sévir là-contre (le couteau est donc bien une arme dont la détention se doit d'être soumise à autorisation)... et pour cela qu'il convenait de durcir encore la législation... sur les armes à feu ! Alors que, précisément, il n'y a pas d'armes à feu, en Grande Bretagne (il est fort étonnant que cette grande démocratie suive, là-dessus, l'exemple bien connu de toutes les dictatures - qu'on songe à l'Allemagne nazie ou à l'Union soviétique) !

Mais il ne faut évidemment pas s'arrêter là, ce serait trop facile ! Chacun a pu lire dans la presse qu'une malheureuse personne, qui venait de quitter son légitime époux pour refaire sa vie avec un concubin, a été hélas refaite. Cela s'est passé à Martigues (la Venise provençale de Tino), dans un lieu particulièrement bucolique et même pacifique, l'impasse des Aubépines. L'irascible concubin, à qui la jeune femme avait signifié son intention de ne pas poursuivre leur liaison, l'a massacrée... à coups de bottes. La jetant à terre puis lui écrasant la tête "avec le talon de ses bottes de moto" (Comme le dit Homère, "Rien n'est plus misérable que l'homme, entre tous les êtres qui respirent et qui marchent sur la terre". L'homme est bien, sur terre, la seule bête nuisible : et celui-là, particulièrement, qui paraît-il, son forfait accompli, a dormi un couple d'heures auprès de sa victime avant de foutre le camp).
Dès lors, j'estime qu'il faut instaurer un permis de détention de pompes (on pourrait en dispenser certaines personnes, comme l'ancien ministre Roland Dumas, à cause de ses Berluti), et je propose de les inscrire en quatrième catégorie. Avec, naturellement autorisation de détention à renouveler tous les trois ans. Ceux qui ne seront pas contents, les marchands de chaussures, par exemple (on s'en fout, c'est tous des Italiens), pourront toujours tailler leurs chaussures dans des pneus usagés : j'ai connu ça durant la dernière guerre, et ça fonctionne très bien. En plus, ça éviterait qu'à chaque manifestation de mécontents (et il n'y a que ça, en France, des mécontents), on brûle des pneus pour polluer un max.

Et puis continuons, et dénonçons l'arme fatale, qu'il faut carrément supprimer, et réserver à quelques individus : policiers, gendarmes, médecins, j'en oublie peut-être quelques-uns ; j'ai parlé de l'automobile, l'arme la plus meurtrière qui soit. À Digne, au même moment que les "faits divers" précédents, deux jeunes gens étaient enfermés dans deux cercueils "difficilement portés par leurs amis, écrasés de douleur"... Deux vies fauchées avant que d'être engagées : vitesse, alcool, griserie insouciante, je ne sais. Et rebelote tout près de là, à Castellane, où six jeunes gens avec un conducteur ivre au volant (d'une Peugeot 206) ont rencontré un obstacle qui a fauché la moitié d'entre eux (et le conducteur s'en est tiré, il est bien peinard en prison). Il faut absolument instaurer un permis de détention d'automobile. Ceux qui ne sont pas contents n'auront qu'à aller à pied (dans des sandales Michelin), ou à monter sur des ânes.
Ce qui renforce cette analyse, c'est qu'on a hélas relevé, cet été, au moins trois cas d'enfants laissés, et même abandonnés, dans des voitures toutes vitres levées. Si la chose s'est heureusement terminée pour le bébé dont la mère était allée faire une virée en boîte (autre chose que l'amour maternel devait la chatouiller), donc nuitamment, ce n'a pas été le cas pour les gosses oubliés en plein cagnard. Allez, un permis de détention d'automobile, et à la première infraction, retrait de la détention.

La marche à pied, c'est pas mal, non ? Et pour l'instant, on pourrait encore marcher sans permis. Il est vrai, d'ailleurs qu'on nous fait si souvent marcher...

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