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Un peu d'air pur

, 22:27 - Lien permanent

Je voudrais parler de quelque chose de beau - à mes yeux. Et de fort rare. D'une rencontre.
Mais avant, il faut bien que le mistral souffle et chasse les nuages, et la fétidité ordinaire. Comment, en effet, oublier qu'une des émules de Battisti, la dénommée Marina Petrella (tiens ? Le temps de l'absolution mitterrandienne semble terminé), va sans doute rameuter sur son cas lamentable toute la gôche française repentante (et autre) ?
Et déjà, prenant le relais de Fred Vargas, Fanny Ardant a doublé tout le monde, comme l'annonce fièrement Libé, le quotidien des indécrottables marginaux et autres soixante-huitards, en déclarant, paraît-il, à une revue italienne, son admiration pour les assassins italiens. Comme chez Molière, du bâton ! Ça lui ferait les pieds, à défaut de la rendre plus intelligente.
Et puis il y a la sinistre "dame des trente-cinq heures" qui ose encore venir la ramener, et pérorer sur "Sarkozy ou l'ouverture en trompe-l'œil". Du bâton !
Et encore, voilà que le dit Sarkozy (il est partout, cet homme-là ! Mon Dieu, il ne tiendra jamais dix ans à ce rythme ! Du calme, Président !) nous fait un discours impromptu, et estime qu'il faut juger, par respect pour les victimes, les criminels jugés irresponsables. Aussitôt France-Inter de donner la parole, mi-indignée, mi-condescendante, à une juge (de gôche, comme de bien entendu), laquelle commet au moins, dans sa réfutation, deux grossières fautes de français. Du bâton, vous dis-je !
Tiens, je vais vous raconter une histoire. Au tout début du triomphe de la Gauche, en 81 ou 82 donc, un dénommé Lang assassina je ne sais plus quel quidam. Aussitôt son ministre de frère (Jack), courut porter sa démission à l'Élysée. Qui fut refusée, ce qui est parfaitement normal. Lang Jack aurait d'ailleurs pu faire un mot, et dire : "Je ne suis pas le gardien de mon frère". Quoi qu'il en soit, la presse parla à peine de cette histoire, et l'oublia très vite. Comme il est normal. Cela s'appelle la pudeur.
Vingt-cinq ans plus tard, le frère d'une ministre prend un an de prison. Pas pour assassinat, quand même. Aussitôt, "ça" déborde de partout, et toute la presse de raconter l'affaire en long et en large, avec les arriérés du coupable, et d'insinuer tout ce que cela va entraîner comme passif à l'égard de la sœur. Parce qu'elle est d'origine arabe ? Mais pas du tout ! Parce que Sarko l'a faite Ministre, voilà tout ! Tout sauf Sarko, vous en souvient-il ? Alors, du bâton, du bâton, du bâton, vous dis-je !
Ouf, cela va mieux, j'ai déblayé le terrain pour en venir, enfin, à mon billet.

Ceux qui ont fréquenté mon site (après tout, mon blog ne date pas d'hier, comme la plupart des blogs français) savent que j'ai, pour différentes raisons, marché jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle. Puisque j'en ai fait un récit (bien trop sec, je pense, avec le recul). Dans la seconde partie, tandis que mes compagnons et moi marchions en pays basque, le 4 juin 2001, notre chemin vint à croiser un monastère de Franciscains (monastère-hôtel de Tabalik), où nous fûmes accueillis comme des rois (d'humbles rois, tout de même, aux pieds bien fatigués). J'écrivais dans mon récit que cette halte, vraiment, en valait la peine. Que j'avais été frappé par le dynamisme (et la foi) du père qui était seul pour faire fonctionner ce grand ensemble. Que l'accueil était exceptionnel, puisque chacun disposait d'une chambre particulière, et que pour ce qui me concernait, cela signifiait qu'aucun ronfleur ne serait là pour m'empêcher de (ronfler) dormir tranquille.
Et que cette exception en valait bien une autre : écouter sans mot dire, avec respect, à la table monacale, la prière du soir, avant de tremper la soupe. J'avais ajouté que je m'étais adressé au père, pour le remercier comme il se devait, lui promettant de lui écrire (ce que je fis, et il me répondit !).
Et je terminais mon récit en narrant que, malheureusement, j'avais perdu la trace d'un texte trouvé sur place. Il m'avait beaucoup plu car il était inspiré, mais je n'avais eu le temps d'en lire qu'une partie. Et j'avais poursuivi ma route, le lendemain, avec en tête le seul nom de l'auteur. Nom qui figure dans mon récit.
Les années passèrent, comme on lit dans certains romans, pour figurer la fuite inexorable du temps...

Voici trois jours, je trouve un message dans ma boîte : "Je suis tombé par hasard sur un récit du pèlerinage de Compostelle dans lequel l'auteur déclarait avoir le regret d'avoir perdu un texte intitulé "Le Second Dit du Jacques". Ce texte ayant été aperçu à Saint-Palais, à l'accueil de Zabalik.
Cherchez-vous toujours ce texte ? Ce que vous disiez m'a ému et je pourrais vous le faire parvenir ... Si c'est bien de vous qu'il s'agit ...
Si j'ai bien compris vous appartenez au milieu de l'Éducation ... Moi aussi. Le hasard aurait-il bien fait les choses ?
"

Non seulement le hasard avait bien fait les choses, mais l'échange de correspondance (et dans ce cas-là, comment ne pas louer l'immédiateté du mail ?) nous apprit que nous avions exercé la même fonction, mais à vingt-mille km l'un de l'autre (au moins durant un temps), que nous avions reçu, dans l'enfance, une éducation religieuse parallèle, et que bien d'autres points communs nous reliaient, sinon la religion...
Et c'est pourquoi, cette après-midi, au retour de La Poste, alors que je confiais mon crâne à une tondeuse de chien, avec dans les oreilles une affreuse musique de singe, je me suis plongé avec ravissement dans le Second Dit de Jacques, qui est venu à moi sans que j'en fisse la demande... "De Conques, j'ai d'abord conservé le souvenir... J'ai gardé le souvenir obsédant d'un arbre, seulement un arbre nu, un arbre en tenue d'hiver... Pourquoi les arbres antiques ont-ils toujours suscité méditation, culte souvent ? Il y a en nous sans doute quelque trace des cultes celtiques... Ou bien ces cultes eux-mêmes traduisaient-ils ce qu'il y a de plus profond en l'homme ?"....

Bon sang, il y a tout de même de ces rencontres... qui permettent de continuer à vivre, au milieu de tant d'indignes...

Commentaires

1. Le lundi, 27 août 2007, 20:42 par Adricube

Puisque vous évoquez le "reste du site", une petite remarque technique qui est quelque peu hors sujet, veuillez m'en excuser ... ... si l'on clique sur "quoi de neuf", un "pop up" s'ouvre proposant des liens directs vers vos dernières pages, qui s'ouvrent eux-mêmes, en théorie, dans de nouvelles "fenêtres" du navigateur.
Or ce système est particulièrement mal adapté aux navigateurs "modernes" qui fonctionnent par onglet (Mozilla pour ne pas le nommer) et oblige à des manipulations (copier/coller le lien) qui heurtent la fainéantise de l'internaute moyen que je suis ; bref, pouvez vous faire quelque chose ???

Sinon, merci pour cette jolie histoire, et bravo pour vos remarques acidulées toujours bien venues !

Mon cher Adricube, merci pour cette suggestion - qui va faire, j'en suis sûr la joie de mon fils ! J'imagine d'ici sa tête ! En attendant "le mieux", vous pourriez vous-même agir sur votre Mozilla.
Par exemple en allant dans
Outils/Options/Onglets, et en cochant "Les nouvelles pages doivent s'ouvrir dans une nouvelle fenêtre"
Amitiés !


SH

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