Bloc-notes

Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Justice pour Quéméneur, conseiller général de Sizun

, 23:12 - Lien permanent

Il y a environ dix-huit mois, j'avais exprimé mon agacement de citoyen lambda devant les incroyables certitudes gesticulatoires de M. Denis Le Her, en commentant une émission dominicale de Fogiel ("On ne peut pas plaire à tout le monde"). Quatre ans auparavant, en 2001, j'avais déjà, brièvement, marqué mon scepticisme (sinon ma désapprobation) devant la démarche inusitée et militante entreprise par le Garde des Sceaux d'alors.
J'écrivais en effet :

"Je constate d'abord que l'argument le plus invoqué aujourd'hui (en faveur de la révision) est qu'un policier ayant participé à l'enquête initiale (Pierre Bonny. Il débutait alors dans le métier) a, vingt ans plus tard, été convaincu de collaboration et d'indignité nationale, et exécuté à la Libération pour cela (il avait d'ailleurs, dès 1934, été radié de la police, disons pour prévarication). Ensuite, que l'affaire sera revue parce qu'un Ministre de la Justice, la pâle Mme Lebranchu, appartenait autrefois à un Comité pour la révision du procès Seznec. Il me semble dommageable qu'un Ministre de la République se révèle aussi crûment partisan(e), et militant(e), alors qu'il est avant tout en charge du bien commun, et qu'on attend donc de lui une exemplaire impartialité. Mais, bof, ce que j'en dis...
Je risque quand même une remarque : un autre bagnard, un certain Louis Nourric, condamné en 1928 aux travaux forcés à perpétuité (pour l'assassinat d'un encaisseur), s'est toujours proclamé innocent (il a été gracié après 25 ans de bagne) : ne vaut-il pas un Seznec, quand bien même les pompes médiatiques l'ignorent superbement ? Et ne devrait-il pas, lui aussi, faire l'objet de la part de notre zélé(e) Ministre, d'une demande en réhabilitation ? Chiche, Madame !"



Je pensais alors faire entendre une voix discordante, tant l'action médiatique du groupe Justice pour Seznec, (France-Justice) boostée par l'activisme zélé d'un ancien Garde des Sceaux, présentement députée bretonne, est bien organisée.
Ah ! C'était sûr ! La "mémoire du mort" allait être "déchargée" ! Et c'est pourquoi, outre les apparitions médiatiques de M. Le Her, soigneusement programmées et dûment annoncées (Les rendez-vous avec les média : France 3 Ouest - JT 19-20 ; TF1 - JT PPDA (sous réserve) ; Europe 1 - Jacques Pradel ; RTL - On ne pouvait pas le rater), la foule des partisans de l'ancien réviseur était invitée à se présenter sous les lambris solennels de la Cour de cassation, afin d'entendre en direct l'arrêt "historique" (Info pratique : le Palais de Justice de Paris se trouve au 4, Boulevard du Palais (Métro Cité / Ligne 4). Nous nous attendons à ce que beaucoup de personnes assistent à cet événement. Prévoyez donc arriver tôt car une fouille systématique est effectuée à l'entrée du Palais).


Cour de Cassation © Ch. Platiau - Reuters


Et puis, patatras ! Ah ! qu'il était touchant l'incroyable tableau de l'innocenté de Montigny-lès-Metz tenant la main du petit-fils de l'ancien bagnard. Pour faire pleurer dans les chaumières, il ne manquait plus, comme me l'écrivait le soir même un ami, que Richard R. et Omar X...




Alors il est temps, maintenant que les passions sont (un peu) retombées, de revenir sur les 41 pages de l'arrêt n° 5813 de la chambre criminelle de la Cour de cassation, réunie en Cour de révision. Et de les lire avec soin. Car elles ont été rédigées après des "vérifications très approfondies".
Je croyais, disais-je, avoir fait entendre une voix discordante et très minoritaire : mais l'audition attentive d'une émission du matin sur Radio Monte-Carlo, de même que les Courriers des lecteurs de plusieurs quotidiens, comme enfin l'article terriblement objectif et accusateur de Daniel Schneiderman dans Libération, m'ont rapidement convaincu du contraire : les quelques centaines de braillards de l'autre après-midi, les insulteurs de nos juges suprêmes (mais pour qui se prennent-ils donc, ces indépendantistes et autres piètres joueurs de biniou ? Et où se croyaient-ils ? Dans une porcherie bretonne, les pieds dans le lisier ?) et plus encore de la France (on a, paraît-il, entendu fuser des "Mort à la France !" rageurs) ne sont en définitive qu'une petite minorité certes agissante, rameutant dans ses filets tous les naïfs de l'hexagone.
Tous les naïfs. Et les gogos. Avec la complicité des médias.

Car j'en viens à l'article de Schneiderman qui, lui, ne s'appuie pas sur les "certitudes médiatiques", mais sur les faits. Et ils sont particulièrement cruels, énumérés dans Le complot invité des JT :

"Si l'on souhaitait comprendre comment la télé s'y entend parfois pour graver dans le marbre les évidences qu'elle choisit, comment elle parvient à éliminer des justes causes les détails dissonants, il fallait regarder les reportages consacrés par les 20 heures au rejet, par la Cour de cassation, de la demande en révision présentée dans «l'affaire Seznec». Ce ne fut qu'émotion, colère, et communion nationale dans la détestation de la vilenie judiciaire... Sur une chaîne comme sur l'autre, pas un mot sur les motivations, les arguments, les raisons, de l'arrêt de la Cour de cassation. Une fois de plus, qu'on se le dise, la Justice est-incapable-de-reconnaître-ses erreurs... Mais la figure du petit-fils, de sa vie consacrée à l'oeuvre, est tellement émouvante, tellement plus vendeuse qu'un aride arrêt ! Et puis, l'innocence du grand-père comme l'autisme de la Justice sont des postulats, qu'il n'est plus besoin de démontrer... Mais, surtout, ce que les reportages télévisés n'ont pas montré, c'est encore une fois, comme dans nombre de ces interminables affaires, la gangrène du Complot, qui dans l'ombre dope, nourrit, et pourrit la conviction... des partisans de la révision [...]".



Nous y voilà ! Les complotistes, qui ont fait (et font encore) les beaux jours des partisans de l'innocence de Dominici, ont trouvé une nouvelle niche : le maître de scierie breton. À n'en pas douter, il aura des successeurs, car le filon est prospère...

Mais pour l'heure, voilà que je m'inquiète. Sauf grave erreur de ma part, j'avais lu quelque part que le petit-fils avait annoncé son intention de se suicider, si la Justice ne donnait pas corps à ses rêveries fumeuses. Et puis, j'apprends que la famille a manifesté son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme. À la bonne heure ! Voilà qui ne mange pas de pain, puisque c'est une démarche totalement inutile.
Mais elle fera jaser, c'est sûr, dans les étranges lucarnes. Peut-être le but ultime, en fin de compte ?

Commentaires

1. Le samedi, 23 décembre 2006, 16:36 par Frédéric

Cher ami,
toutes mes félicitations pour votre article. Ceux que je surnomme les chevaliers de la croisade antipénale ont essuyé un sérieux revers la semaine dernière. Cela fera peut-être réfléchir ceux qui espèrent une réhabilitation de Christian Ranucci, le meurtrier de Marie-Dolorès Rambla.
Encore bravo, et passez un Bon Noël !
Amicalement,
Frédéric.

2. Le dimanche, 24 décembre 2006, 08:33 par Marie-France Bezzina

Avez-vous remarqué qu'il y a presqu'autant d'erreurs judiciaires que d'affaires médiatisées ? Les familles des criminels refusent d'être associées au pire pour leur réputation, et ne veulent pas accepter que leur proche puisse être un assassin. Il en est de même pour nombre de suicides lorsque le désespéré a monté, en particulier, un scénario.
Je connais un cas où les parents n'ont jamais voulu admettre que leur enfant s'était donné la mort. L'enquête judiciaire a duré des années pour conclure comme lors des premières constatations, à savoir le suicide. J'évoquerai le refus de se sentir responsable moralement du tiers qui a tué ou s'est tué, et peut-être, dans certains cas, l'espoir d'obtenir des indemnités en tant que famille de victime ou/et pour incompétence de l'État.
Joyeux Noël !

3. Le dimanche, 24 décembre 2006, 09:50 par Georges

La démarche devant la CEDH est bien de la poudre aux yeux médiatique pour poursuivre l'exploitation du filon juteux de la prétendue erreur judiciaire. Peut-être que Denis Le Her-Seznec attend cette décision pour se couper définitivement du monde. Il peut s'y préparer car cette démarche n'a aucun sens.
Comme je suis un "mal pensant", vous remarquerez que l'on attend toujours la décision de cette même CEDH saisie par un autre grand innocent : Omar Raddad. Là encore, que d'effets de manche médiatiques - mais combien superfétatoires !
Pour revenir à l'affaire SEZNEC, je "poste" l'article que j'avais écrit pour le mensuel "Aventures et dossiers secrets de l'Histoire" bien avant l'arrêt rendu par la Cour de révision.

Je conseille à tous vos lecteurs, avant d'émettre un quelconque avis, de lire attentivement cet arrêt.
Joyeux Noël à vous et à tous vos lecteurs.



Pour Aventures et dossiers secrets de l’Histoire

L’AFFAIRE QUÉMENEUR – SEZNEC
ENQUÊTE SUR UN MYSTÈRE


De Bernez Rouz

Aux éditions APOGÉE


En mai 1923, la disparition de Pierre Quéméneur, homme d’affaires et conseiller général du Finistère, donne naissance à une des plus extraordinaires affaires judiciaires du vingtième siècle. Un associé de la victime, Guillaume Seznec, est condamné par la cour d’assises de Quimper en novembre 1924. L’absence d’aveux, de corps et d’arme du crime a donné corps à toute une littérature innocentiste qui a prospéré grâce à la méconnaissance des pièces du dossier, accablantes pour le condamné.



Il est des affaires judiciaires qui ne meurent jamais, résistant au temps. Plus les années passent, plus les enquêtes parallèles et la désinformation les enrichissent de fantasmes et de contrevérités anarchiques et souvent commerciales. Elles s’opacifient d’autant plus que la passion et l’intérêt l’emportent sur la raison.
Les articles succèdent aux articles, les livres aux livres, les comités de soutien aux comités de soutien. Chacun fait étalage de sa vérité qu’il n’a pas - ou qu’il n’a pu ou voulu - rechercher dans le dossier criminel et se répand, imaginatif et convaincu dans des démonstrations qui ne résistent guère à l’examen des faits.
Une information, une fois lancée, est reprise par l’ensemble des médias, en boucle, sans que soit vérifiée son authenticité. La justice est mise à mal, les enquêteurs vilipendés, tous coupables à leurs yeux de l’erreur judiciaire dont ils sont les seuls à ne pas être persuadés. Et la grande majorité des citoyens, crédule et manipulée, fait confiance aux hommes qui maîtrisent l’information et se détournent de ceux qui ont la noble mission de rechercher la vérité et de rendre justice.
Les abus journalistiques, la télé-réalité, les scoops qui produisent de l’Audimat et font vendre du papier, prennent le pas sur le communiqué, la mise au point, l’arrêt ou le jugement qui rétablit les faits, démontre la manipulation, écarte les intrigues.
Le mot qui fait peur est ainsi lâché à l’opinion publique, si prompte à s’émouvoir : l’erreur judiciaire - bien plus rare cependant que l’on peut l’imaginer - marque alors les esprits, s’insinue dans notre mémoire, nous fait douter de la décision de justice.
Les passionnés, romanciers opportunistes, donneurs de leçon, malveillants de tout acabit, terroristes intellectuels de l’intelligentsia ne font que recomposer l’histoire d’un crime. Chacun a sa théorie, ré-écrit l’histoire pour nous convaincre de l’innocence du condamné. Mais, d’aucuns ont eu accès au dossier ou l’interprètent. À leur façon, selon leur norme, leur éducation, leur courant de pensée, leur sensibilité ou pire encore leur intérêt. Ainsi, sont livrées à l’opinion publique, hypothèses douteuses, élucubrations en tout genre, critiques peu amènes envers la justice au mépris de l’autorité de la chose jugée.
Que penser des avocats médiatiques, spécialistes des plateaux de télévision et des salles de pas perdus qui se font remarquer habituellement après les arrêts et jugements de condamnation de nos cours et tribunaux ? Des porteurs de micros et caméras, leurs courtisans, propagateurs d’informations qu’ils ne prennent pas toujours la peine de vérifier et qui se battent rarement la coulpe lorsque les faits leur donnent tort !
Il en est ainsi de nombreuses affaires judiciaires où l’opinion a été sollicitée et carrément manipulée par des campagnes, bien orchestrées, tendant à la révision de certains procès ou par des films qui ré-écrivent l’histoire pour nous convaincre de l’innocence des condamnés au mépris de l’autorité de la chose jugée. Souvenons-nous des affaires Dominici, Ranucci, Raddad, Weber, Villemin et tant d’autres qui en sont les illustrations. Celle de Guillaume Seznec n’a pas échappé à cette règle et l’on vous parle encore aujourd’hui de mystère. Huit décennies de mystères ! Ou d’intrigues ?

Bref rappel historique : Seznec Joseph Marie Guillaume dit Guillaume Seznec était condamné le 4 novembre 1924 aux travaux forcés à perpétuité, peine aujourd’hui disparue de notre Code pénal, pour le meurtre de Pierre Quéméneur. Déporté d’abord à l’île du Diable puis à l’île du Salut et à St Laurent du Maroni, il tentait à trois reprises de s’évader. Gracié le 2 avril 1946 par le général de Gaulle, il était de retour en France le 1er juillet 1947. Renversé par une camionnette en 1953, il décédait le 13 février 1954 des suites de cet accident. Il a toujours clamé son innocence. Depuis, la révision du procès aura été rejetée à treize reprises. Le dernier arrêt de rejet en date, le 26 juin 1996, était assorti de commentaires précis sur tous les points litigieux présentés par la famille Seznec, aucun élément nouveau n’était considéré suffisant pour justifier une révision du procès.
Le garde des Sceaux, ministre de la justice, Marylise Lebranchu, introduisait alors, le 30 mars 2001, une demande en révision. Rappelons cependant que Marylise Lebranchu, originaire de Morlaix comme Seznec, était déjà à la pointe du combat pour la réhabilitation de Guillaume Seznec alors qu’elle était attachée parlementaire.
Au cours de l’audience du 24 janvier 2005, devant la commission de révision des condamnations pénales, le procureur général se déclarait favorable à une révision, faisant même état de sa conviction personnelle de l’innocence de Seznec. À juste raison, Mme Anzani, présidente de ladite commission, ne perdait pas de vue que les magistrats n’étaient pas là pour faire plaisir à une campagne de presse ou à un ministre. Le ton était donné. Comment ne pas apprécier l’indépendance statutaire de cette magistrate de renom mais aussi, en la circonstance, son courage intellectuel ? Preuve s’il en est que la justice s’exerce en toute sérénité, loin des passions et des pressions. Le 11 avril dernier, la commission de révision saisissait la chambre criminelle de la Cour de cassation qui statuera comme cour de révision, par arrêt motivé non susceptible de voie de recours : arrêt de rejet si la demande était considérée mal fondée, arrêt d’annulation de la condamnation si elle l’estimait fondée.

Je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement avec le déroulement de la procédure en révision de l’affaire Omar Raddad. L’avocat général de la commission de révision avait admis que des faits nouveaux ou des éléments inconnus de la juridiction lors du procès devant la Cour d’assises étaient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné. Le dossier était transmis à la chambre criminelle de la Cour de cassation qui, à juste titre, suivait les pertinentes observations de l’avocat général, Laurent Davenas, et rejetait la requête. Étant précisé qu’une telle décision est prise au niveau de la Cour de révision par les quatre sections de la chambre criminelle, à l’exception des magistrats ayant siégé à la commission de révision. À la majorité donc des juges suprêmes de la plus haute instance judiciaire française. Ce qui lui donne encore plus de légitimité.

Bernez Rouz, historien de formation et journaliste, vient de publier L’affaire Quéméneur-Seznec, Enquête sur un mystère (éditions Apogée). L’auteur nous livre ses réflexions à partir du dossier dont il a été autorisé à compulser la copie. Il produit plusieurs documents inédits, et compare les données du dossier criminel aux écrits de ses confrères de l’époque. Comme il l'expose dans l’avant-propos de son ouvrage : «les lecteurs trouveront ainsi des éléments fiables pour comprendre et se faire une opinion».
Ce livre est-il dérangeant pour les innocentistes ? Denis Seznec, petit-fils du condamné, ne se déclarait-il pas indigné de sa parution quelques jours avant la décision de la commission de révision ! Les bien-pensants ont-ils seuls le droit de se faire éditer pour raconter n’importe quoi, se pavaner devant micros et caméras, se livrer à tous les excès médiatiques ! Si l’on compulse l’abondante et excessive littérature de cette affaire, il est vrai que ce livre semble être le premier à a ne pas prendre fait et cause pour l’innocence de Guillaume Seznec. Un ouvrage impartial et à contre-courant en quelque sorte. Ils sont si rares !
Personnellement, je ne connaissais aucun détail de ce dossier. Je n’avais lu aucun autre livre avant de consulter celui de Bernez Rouz. Je n’avais donc aucun préjugé, apriorisme ou certitude. Je vais tenter de m’installer dans le rôle de juré pour analyser les éléments mis à la disposition du lecteur dans son ouvrage et de répondre aux questions posées au jury. En mon âme et selon ma conscience ! Dire si Seznec est coupable d’avoir dans la nuit du 25 au 26 mai 1923 volontairement donné la mort à Pierre Quéméneur ; dire s’il a agi avec préméditation et ou guet-apens ; dire s’il est coupable d’avoir commis un faux en écriture.

Cette affaire judiciaire sera toujours voilée de mystère, principalement en raison de la non-découverte du corps de la victime, Pierre Quéméneur. Cependant, force est de constater que les annales criminelles ont déjà connu des dossiers sans cadavres (Landru, Michaux, Turquin) et des meurtriers condamnés malgré leurs dénégations. L’affaire Quéméneur-Seznec n’est pas un cas isolé ! Un crime sans aveu et sans cadavre n’est pas nécessairement une erreur judiciaire.

Régulièrement depuis quatre-vingts ans, cette affaire fait la Une de l’actualité, et les demandes en révision sont rejetées les unes après les autres. Comment ne pas y voir, en toute objectivité, un dossier de l’accusation plus solide que l’on prétend ! L’enquête de police comportait-elle des lacunes ? L’instruction a-t-elle été efficiente, menée à charge et à décharge par un juge compétent ? N’est-ce pas ce que rabâchent habituellement les donneurs de leçons qui oublient bien sûr de vous parler de la responsabilité d’une certaine presse dans la manipulation des faits. C’est sous ces trois angles que j’ai examiné le dossier, en deuxième lecture ; la première m’ayant convaincu de la culpabilité de Guillaume Seznec.

Sans entrer dans le détail de la procédure, le procès pénal comporte obligatoirement en matière de crime plusieurs phases obligatoires et successives : tout d’abord l’enquête judiciaire est effectuée sous la forme préliminaire ou en flagrant délit par un service de police ou de gendarmerie sous la direction du Procureur de la République ; après le réquisitoire introductif d’instance d’un magistrat du Parquet, c’est l’information judiciaire conduite par un juge d’instruction qui, le plus souvent, délègue ses pouvoirs à des officiers de police judiciaire de la police ou de la gendarmerie. Après les phases enquête et information judiciaire vient le jugement devant une cour d’assises.
Plusieurs services de police concouraient à l’enquête policière : la police mobile de Rennes investiguait en Bretagne alors que la sûreté générale de police de Paris qui avait compétence sur tout le territoire national allait enquêter à Paris, Le Havre et dans la région de Dreux. Ce sont des commissaires de police qui allaient prendre la direction des investigations et effectuer eux-mêmes les principaux actes de police judiciaire. Le travail d’enquête ne me semble souffrir d’aucune critique tant il a été rigoureux et complet : actes d’investigations effectués à grande échelle ; recherches importantes du cadavre de Pierre Quéméneur, malgré leur négativité ; questions posées pertinentes ; hypothèses de travail intelligentes et sensées. Hélas, ces policiers n’avaient pu profiter de l’appui de la police technique et scientifique dont les enquêteurs bénéficient aujourd’hui. Gageons que la Cadillac, la malle de la victime et les écrits, notamment, " auraient parlé".
On peut toujours critiquer une enquête judiciaire, polémiquer, ergoter, dire qu’elle est incomplète, menée à charge uniquement. Ou considérer, comme le remarque l’auteur, que l’enquête de voisinage était insuffisante. Mais en toute conscience ces critiques ne peuvent être faites aux enquêteurs de l’époque qui, confrontés aux comportements, manœuvres et manigances de Seznec, au fur et à mesure du déroulement des investigations, ne pouvaient qu’être intimement persuadés de sa culpabilité.
Un suspect peut ne rien avouer mais nier l’évidence même de faits avérés, se contredire, tergiverser, mentir et se rétracter ne sont pas les meilleurs moyens pour prouver son innocence. Seznec devenait le coupable idéal, un faisceau de présomptions de culpabilité était réuni contre lui par les services de police. De plus, l’accumulation de renseignements de moralité on ne peut plus défavorables ne plaidait pas en sa faveur. Ses rapports d’affairistes étaient conflictuels et il était compromis dans de nombreuses affaires qu’il perdait régulièrement, se faisant ainsi de nombreux détracteurs. Il apparaissait comme un personnage trouble, peu scrupuleux, rusé et manipulateur, menteur, usant d’expédients pour parvenir à ses fins. Sans scrupule, il ne reculait pas devant l’emploi de moyens frauduleux et malhonnêtes.
Alors que Pierre Quéméneur était décrit comme un homme loyal et honnête qui avait fait fortune pendant la guerre en commerçant du bois. Reste que sa probité était mise à mal en raison de fraudes sur les bénéfices de guerre et l’alcool, mais à cette époque ce genre d’errements était assez répandu. Célibataire, aisé, propriétaire terrien, affairiste, c’était un notable. Il était conseiller général du Finistère. Grand brasseur d’affaires, Quéméneur malgré quelques revers de fortune, était loin d’être aux abois au moment de sa disparition. Rien ne laissait présager une disparition volontaire.

L’information judiciaire était confiée dans un premier temps à un juge d’instruction de Brest, puis en opportunité géographique à Émile Campion, juge d’instruction à Morlaix. Bernez Rouz cite un témoignage qui décrivait ce magistrat «originaire du pays, connaissant la psychologie des habitants, leur langue, et leurs habitudes, et le présentait comme un homme loyal et franc, scrupuleusement honnête, pas du tout désordonné comme ses détracteurs ont voulu le dépeindre». Force est de constater qu’en fonction des données de l’enquête, les décisions d’investigations du juge Campion étaient empreintes de logique.
La lecture dépassionnée du dossier est significative des charges qui pesaient sur Guillaume Seznec. Bien que celui-ci niât toute implication dans le meurtre présumé de Pierre Quéméneur, il n’avait pas échappé au magistrat instructeur que Seznec mentait, tergiversait, soudoyait, niait des faits pourtant indiscutablement prouvés, établissait des faux en écriture pour se disculper de l’accusation qui pesait sur lui, provoquait de faux témoignages moyennant finances pour confirmer son alibi.
Tenter de s’évader à plusieurs reprises était-il le meilleur moyen pour faire admettre son innocence ?
Toutes les assertions, tous les alibis de Seznec étaient vérifiés par le juge Campion qui s’aperçut que rien ne tenait. Il clôturait son information judiciaire, riche de quelque 507 pièces, par une ordonnance accablante d’indices graves et concordants contre Guillaume Seznec.
Le réquisitoire du procureur de la République allait dans le même sens de la culpabilité. Preuve du sérieux de la phase instruction, la chambre des mises en accusation (juridiction d’instruction du 2ème degré) demandait un supplément d’enquête portant sur dix-sept points de détail. Ce fut ensuite l’acte d’accusation qui renvoyait Seznec devant la Cour d’Assises.

Comme dans chaque affaire judiciaire médiatisée, la presse s’empare de l’événement, le corrompt et le pollue définitivement. Je ne prendrai qu’un seul exemple : les désastres humains provoqués par l’interventionnisme néfaste des médias dans l’affaire dite du petit Grégory. Mais il est légitime à chacun de constater les effets pervers de la désinformation de certains médias dans quelques affaires judiciaires contemporaines qui ont défrayé la chronique.
Je pensais naïvement que cette quête du sensationnel n’avait pas cours au début du XX ème siècle ! C’est le comportement et les excès de la presse écrite qui, à mon avis, expliquent la survivance de cette affaire. La presse qui s’était érigée en substitut de la justice dans le bras de fer qui opposait les familles Seznec et Quéméneur. Résultat, depuis l’arrêt de condamnation, c’est le condamné qu’on ovationne, la famille de la victime qu’on humilie, les enquêteurs que l’on culpabilise, la justice que l’on dénigre. Triste constatation qui a toujours cours. Inquiétant !
L’auteur cite dans son ouvrage une littérature abondante, et fait souvent référence à des articles de presse, preuves que l’activité journalistique était importante. Les journaux, politisés et partisans, avaient pris fait et cause pour la famille Quéméneur ou celle de Seznec. Ils tenaient leurs lecteurs en haleine en faisant preuve d’une imagination débordante, émettant des hypothèses aussi farfelues que fumeuses. Le citoyen suivait le roman-feuilleton, faisant plus confiance aux articles forcément sensationnels qu’aux investigations de la justice. On pourra toujours reprocher aux enquêteurs d’avoir bâclé leur travail, à la justice d’avoir des œillères pour avoir négligé les pistes de ces incorruptibles free lance ! Quatre-vingts ans après, nous en sommes toujours là !
Il n’a pas échappé à Bernez Rouz que la rigueur professionnelle n’était pas le point fort des grands chroniqueurs de l’époque. Il ne fait d’ailleurs qu’une confiance limitée aux écrits du temps, s’étant rendu compte du déphasage des articles de presse avec les pièces du dossier. Les méthodes d’hier ne sont-elles pas toujours d’actualité ?
L’activité démesurée de la presse, par ses approximations, ses assertions, ses allégations, l’exploitation de rumeurs teintées de mystères, ses enquêtes parallèles sans distanciation aux faits est le fondement de l’idée que la condamnation de Guillaume Seznec est une erreur judiciaire.

Bernez Rouz nous révèle qu’à l’époque les citoyens qui composaient le jury étaient au nombre de douze (neuf actuellement) et que ceux-ci ne se prononçaient que sur la matérialité des faits et la culpabilité de l’accusé ; le prononcé de la peine en cas de culpabilité reconnue par le jury populaire était à la charge du président de la cour et des assesseurs. Les jurés non professionnels, livrés à eux-mêmes, redoutant la sévérité des magistrats, prononçaient des acquittements abusifs (30 à 40 % des affaires). Ce n’est qu’en 1941 que le délibéré devenait commun et portait tant sur la culpabilité que sur la peine. Les acquittements devenaient plus rares (10 %). La justice devenait-elle plus rigoureuse ou plus impartiale ?
Deux personnages de cette affaire étaient aussi confrontés à l’actualité judiciaire : Jeanne Seznec, fille de Guillaume Seznec, et François Le Her qui l’épousa en secondes noces ; tous deux parents de Denis Le Her Seznec porte drapeau des innocentistes, et petits-fils de Guillaume Seznec.
François Le Her, personnage trouble, au passé tumultueux, collaborateur de l’occupant allemand allait répondre à plusieurs reprises de ses actes. Accusé de viol, il était acquitté par les assises du Finistère. Grâce à la providence d’une lettre apocryphe, il échappait à une condamnation de viol sur mineure. Il était aussi incarcéré pour attouchements sexuels, et détenu pour des faits de collaboration. Quant à Jeanne Seznec, elle était acquittée par la Cour d’assises du Finistère. Pourtant n’avait-elle pas reconnu avoir tué son mari, François Le Her, de trois balles de revolver le 3 octobre 1948 ? L’on comprend le fardeau familial porté par Denis Le Her Seznec et son combat, pathétique et désespéré, pour la réhabilitation de son grand-père.
Si l’on peut sur le plan humain comprendre la démarche d’un petit-fils et ses emballements, à la différence de ceux des tiers, il faut cependant raison garder. C’est à mon sens un combat perdu d’avance tant le faisceau de présomptions et les éléments à charge contre son aïeul sont graves et concordants.
En fonction des éléments relatés par Bernez Rouz, je n’aurais probablement pas été tourmenté par le doute. J’aurais, en mon âme et conscience, comme les jurés de l’époque, déclaré Guillaume Seznec coupable du meurtre de Pierre Quéméneur. Je n’aurais pas admis la thèse de la préméditation et j’aurais considéré que Seznec était coupable du faux en écriture privée.
Georges CENCI

Officier de gendarmerie (cr), délégué du procureur dans un Parquet du sud du Midi de la France, Georges Cenci a dirigé la brigade de recherches de Cannes qui a élucidé notamment l’affaire Ghislaine Marchal. L’auteur a publié le récit de cette remarquable enquête dans Omar l’a tuée (l’Harmattan, 410 p., 27€, ISBN 2-7475-3785-4)

4. Le dimanche, 24 décembre 2006, 12:47 par Frédéric

Merci à Mme Bezzina et au capitaine Cenci pour leurs messages. Joyeux Noël à vous deux, à Mr Huet et aux lecteurs de son site.
Frédéric.

5. Le dimanche, 24 décembre 2006, 16:02 par Marie-France Bezzina

La CEDH est submergée par les requêtes, notamment de plaignants des ex-pays de l'Est contre leur État. Je crois qu'il y a actuellement un délai d'attente d'au moins 2 ans avant que la demande soit jugée recevable, ou non ! Cela m'étonnerait que cette juridiction donne suite à l'affaire Seznec, trop ancienne (coupable décédé), jugée, peine accomplie, grâce accordée, révision rejetée au moins 13 fois... pour sombrer la quatorzième si je ne me trompe pas.
Quant à la presse, dans ces affaires, elle a toujours bon dos. Elle se place forcément là où il y a le vide. Elle enquête quand des élèments assénés par les uns ou les autres sont douteux, voire mensongers, et même apporte son concours à la résolution d'énigmes. Des témoins sont parfois plus prolixes avec un journaliste qu'avec un enquêteur. C'est peut-être regrettable, mais c'est comme ça.
Cela dit, il serait bon que tout le dossier d'une affaire jugée soit accessible au public sans restrictions, mettons, au bout de 50 ans, soit 2 générations et qu'en aucun cas les pièces à conviction ne soient détruites dans ce laps de temps.
J'ai vu la photo de Dils avec Seznec. Je connais Ginette Beckrich, j'espère qu'elle n'a pas eu connaissance de ce deal. Pauvres petits garçons.
À nouveau, Joyeux Noël à tous. Je pense toujours qu'au bout du compte, la Justice arrive à se frayer un chemin.

Cette proposition, si elle était objectivée, éviterait la mise sur le marché d'ouvrages aussi mensongers que rémunérateurs.
Il me semble que le délai actuel de consultation est de cent cinquante ans, laps de temps qui permet à ceux qui ont pu consulter (par l'intermédiaire d'avocats, entre autres) tel dossier sulfureux, d'en distiller à loisir quelques pages bien senties, penchant toujours dans le même sens.
Car l'autorisation accordée à l'historien Bernez Rouz l'a été à titre tout à fait exceptionnel, s'agissant d'un dossier qu'il n'a pu consulter dans son intégralité, et sous le regard très vigilant d'un greffier...
SH

6. Le lundi, 19 mars 2007, 23:16 par Constant

Sincerement on tourne en rond. Une espèce de processus obssessionel de solitaire I présume.

7. Le samedi, 31 mars 2007, 20:50 par Liliane

Non, Mister Constant, you presumez mal...... Il y a des gens qui continuent de chercher. Sur un autre forum, quelqu'un a écrit d'une part qu'il allait (peut-être) faire un site neutre pour trouver la vérité et rien que la vérité, et d'autre part que chacune des personnes intervenantes avait un morceau de cette foutue vérité. Alors quand jouons-nous au puzzle ?

►Vraiment, je ne vois guère ce qu'il y a encore à trouver, puisque la messe est dite - de longue date. Vous devriez consulter le blog de Maître Eolas, avocat, qui a dit sur cette affaire - et sur celle d'Outreau, soit dit en passant - des choses extrêmement solides, et surtout irréfutables ! Alors, n'y a-t-il donc aucune autre croisade, qui vaille vraiment la peine ?

SH

8. Le mercredi, 18 avril 2007, 13:12 par marianne

la lutte du pot de terre et du pot de fer?... personne n'a plus rien a attendre de personne , et surtout pas d'une soit disante " justice ", dame justice est bien morte et enterrée, mais nous n'avons pas été avisé de son décès !...a t elle vraiment un jour existée ?...j'en doute fort , et je ne suis pas la seule !...

9. Le dimanche, 28 octobre 2007, 16:25 par la bouse

Breton = porcherie lisier biniou indépendantiste.
J'ai bien compris ?

Euh, justement, il me semble que vous avez très mal compris, La Bouse. C'est un type dont le père était né à Brest qui vous le dit, ça va comme ça ?

SH

10. Le mercredi, 31 octobre 2007, 18:04 par Frédéric

En réaction au commentaire de "la bouse" :

on peut très bien aimer la Bretagne et sa culture (c'est mon cas), voire en être originaire (mon grand-père paternel était de Fougère, Ile-et-Vilaine) sans pour autant croire en l'innocence de Seznec. Faire de l'ancien maître de scierie de Morlaix un symbole identitaire breton est totalement contre-productif. N'oublions pas que les jurés qui l'ont envoyé au bagne étaient de Quimper.
Cordialement,
Frédéric.

11. Le mercredi, 13 août 2008, 19:00 par drop

curieux de donner la parole à mme bezzina, tristement célèbre pour ces articles scandaleux sur l'affaire villemin

Effectivement, mieux vaut ne donner la parole qu'au politiquement correct ; curieuse, votre conception de la démocratie.
Quant à la journaliste citée, que je connais un peu, je ne vois absolument pas ce qu'il y a (ou ce qu'il y avait) de scandaleux dans ses articles - qui reprenaient les conclusions de nombreux experts, l'auriez-vous oublié !
SH.

12. Le dimanche, 21 septembre 2008, 19:12 par Liliane

Permettez-moi juste de vous dire que "Maître Eolas" arrive un peu après la bagarre. Le fils de l'une de mes amies m'a effectivement parlé de lui, en décembre 2006. Hors le fait que son statut d'avocat lui permette de longuement disserter sur les lois et leurs applications, je pense qu'il sera crédible à mes yeux quand il aura lu tous les ouvrages concernant cette "Affaire", les archives diverses, les forums, les articles de presse..... Environ 6.000 pages, donc il a encore du "pain sur la planche" mais c'est du bon pain et qui ne fait grossir que l'intellect.
Par contre, si quelqu'un pouvait me renseigner sur la liste des "descendants de Pierre Quémeneur", liste de noms qui a été évoquée au moment du 14 décembre, je lui en serais grandement reconnaissante. Car à lire Denis Seznec, le dernier descendant, Olivier Quemeneur, journaliste télé de son état, aurait été descendu en 1992, lors d'un reportage en Algérie par le FIS, alors qu'il préparait un plateau pour CBS, émission en faveur de Seznec. Merci de l'aide de ceux qui pourront me l'apporter sur cette question.

13. Le samedi, 14 février 2009, 12:30 par drop

@sh

pour vous faire une opinion sérieuse concernant les articles de mme bezzina s'agissant de l'affaire villemin, je vous conseille l'ouvrage de l lacour ( le bucher des innocents) qui obtint le prix de l'investigation.le système bezzina y est décrit avec précision.

vous y retrouverez les articles de l'époque et pourrez vous faire votre opinion; je maintiens totalement mes propos du post précédent

Comme je maintiens les miens - outre que cela n'a rien à voir avec Seznec ! Mais à titre très exceptionnel, je puis vous dire que je connais parfaitement, et de longue date, l'ouvrage que vous me "conseillez" de lire. Il a bien été écrit par une amie intime des parents du malheureux enfant ? Personne qui était en même temps la maîtresse du Juge chargé d'instruire le dossier (entre nous, il aurait pu être son grand-père) ? Et savez-vous comment cela s'appelle, dans le Code pénal ? Alors, fin de la polémique.


SH.

14. Le jeudi, 19 février 2009, 14:45 par Frédéric

Bonjour Drop,
je me permets d'ajouter quelques remarques à la réponse de mon ami Samuel. Le livre de Laurence Lacour (dont je possède un exemplaire, édition de 1993) est certes intéressant à lire, et très documenté (le juge Lambert, qui y est pourtant sévèrement vilipendé, a dit que c'était le livre "le moins médiocre sur l'affaire"), mais ce n'est pas non plus le "Saint Graal" sur le dossier Grégory Villemin. Un autre ouvrage fort instructif est paru trois ans avant celui de Mme Lacour : "Affaire Grégory Autopsie d'une enquête" (Paris, Messidor, 1990) du journaliste Serge Garde. Un ouvrage qui est aujourd'hui totalement introuvable, sauf en bibliothèque : BNF (François Mitterrand) ou BILIPO (Bibliothèque des Littératures Policières).
Quant à l'affaire Seznec, cela fait quelques années déjà que je ne crois plus en l'innocence de l'ancien maître de scierie de Morlaix...
Bien cordialement,
Frédéric.
Euh, si je puis risquer mon grain de sel, le remarquable livre de Serge Garde, qui s'appuie sur la consultation du dossier, est quasi introuvable pour la bonne raison qu'il a été, à la demande des parents, interdit de diffusion et passé au pilon. Bel exemple de liberté d'informer, dans ce pays.
SH.

15. Le jeudi, 19 février 2009, 17:58 par Frédéric

Merci d'avoir ajouté ces précisions. Si notre correspondant "Drop" habite en région parisienne, il pourra consulter le livre à la BILIPO (l'inscription est gratuite). Une lecture fort instructive !

16. Le mardi, 9 février 2010, 15:10 par gciv

Monsieur Georges CENCI vous écrivez " J’aurais, en mon âme et conscience, comme les jurés de l’époque, déclaré Guillaume Seznec coupable du meurtre de Pierre Quéméneur. "
Et vous êtes " délégué du procureur dans un Parquet du sud du Midi de la France " ! Cela fait peur.
Quand on vous lit , il n'y a jamais eu d'erreurs judiciaires . Les juges , les gendarmes ont la science infuse.
Dommage que vous ne vous soyez pas occupé de l'affaire Clearstream , des faux électeurs , des emplois fictifs , des disparus de l' Yonne , des disparus de Mourmelon .

17. Le vendredi, 27 septembre 2019, 18:51 par Nicolas

Je vous reconnais, entr'autres qualités, celles de garder raison en toutes circonstances. D'être plus attiré par la recherche et la défense de la vérité que par des hypothèses hasardeuses dont les médias sont friands. Celles qui font "du tirage" à visées de mystères et de sensationnel.

Nous avons vu votre combat pour endiguer, avec succès, les théories fumeuses d'un William Reymond, mais pas que, dans l'affaire Dominici.
Les courants médiatiques de nos jours obéissent à des intérêts sous-terrains que vous ne connaissez pas . C'est là votre force ..Les lobbyistes ici sont les sans dents... ..On y respire l'air du bon sens libre !

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet