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Les Trois

, 13:51 - Lien permanent

Voilà que les trois candidats socialistes à la candidature occupent - depuis trop longtemps - à peu près la totalité du champ politico-médiatique, comme s'il n'y avait, en lice pour la magistrature suprême (quel grand mot pour pas grand-chose), que ces braves gens-là, comme s'il n'y avait rien d'autre à gauche, comme surtout s'il n'y avait rien d'autre à droite.
Les choses sont sans doute bien amères, mais la gauche ne peut remporter aucune élection (nationale), sauf à se lancer dans d'effarants discours démagogiques.
Sauf à bénéficier, comme en 1981, d'un ras-le-bol généralisé, d'ailleurs soigneusement orchestré par d'habiles publicistes.
C'est ainsi, malgré que vous en ayez, depuis que le général de Gaulle a décidé que les femmes françaises seraient admises à la votation populaire. Nourrissait-il, alors quelques arrières-pensées ? Je n'en sais rien.
Ce que je sais, c'est qu'en 1958, des chercheurs (de la fondation pour les études politiques, je crois) obtinrent l'autorisation exceptionnelle de faire voter, à Lyon, hommes et femmes dans des bureaux séparés. Le résultat n'étonna que ceux qui ignorent tout de l'éternel féminin. Les choses ont-elles évolué, depuis ? J'en doute fort.

Mais revenons aux gesticulations socialistes : la dénommée Ségolène, tout fraîche sortie des sondages, et faite par eux, serait une véritable catastrophe pour la France. Sur cette personne, les remarques d'un lecteur réunionnais, parues dans Le Figaro à la mi-juin dernier, résument des sentiments très partagés : "Ségolène Royal est en train de tromper très profondément l'opinion. Au lieu de se fonder sur son sourire, et quelques lieux communs qui ne peuvent étonner que les étourneaux, il serait bon de savoir comment elle s'est comportée quand elle fut ministre. À cet égard, le témoignage d'Alain Etchegoyen, qui l'a vue à l'œuvre, de très près et longuement, quand elle s'occupait d'enseignement, est capital. Et accablant : cette politicienne, au fond classique, ne songeait qu'à son image en toute occasion, reculait devant les syndicats et avait peur de son ombre". Voilà qui est dit. Marie-Ségolène n'a jamais exercé de métier de sa vie (passant directement de l'ÉNA aux conseils spéciaux à l'Élysée, comme F. Bredin ou É. Guigou) ; n'a jamais su ce que c'était que payer un loyer (parfois, ça aide pour comprendre le petit peuple, qu'on prétend représenter). Et lorsqu'elle fut sous-Ministre d'Allègre, elle n'a eu de cesse de dégommer son mammouth de cornac, inventant de plus à chaque heure un conseil nouveau, donnant le tournis à tout le monde (on fera exception pour son action contre les bizutages). Mais la démagogie paye, toujours la démagogie. Et cette charmante personne ne s'appelle pas Simone Veil, tant s'en faut.
À côté d'elle le crâne d'œuf, le plus jeune premier ministre de la Ve République : on ne compte plus les casseroles et les faux-pas de ce "roquet", pour reprendre l'expression de l'actuel titulaire de l'Élysée. Point n'est besoin d'en dire davantage sur lui : ses propres camarades tiennent à son égard des propos atroces. J'ai rappelé l'une de ces joyeusetés, dans un autre billet.
Et ces braves gens prétendent sans rougir qu'ils vont changer le monde ? Mais on a déjà donné, et on a vu, en mai 81 !

Comme un fait exprès, ils discutent et se disputent (sous l'œil des caméras du service public !) tandis que vient de s'éteindre "la plus brillante intelligence de sa génération", j'ai nommé JJSS. Ce polytechnicien qu'une maladie cruelle et dégradante avait ravalé, depuis nombre d'années, à l'état de légume. Je me souviens, c'était il y a bien longtemps, que Jean-Jacques avait donné, dans l'Express, un article où il rappelait, en gros, que la plupart des dépenses de la France (comme de tout pays, d'ailleurs), étaient quasiment engagées et obligatoires, et que la marge de manœuvre était de l'ordre de 7 à 8 % (si j'ai bonne mémoire). C'est dire que tout candidat qui prétend changer la vie n'est qu'un menteur plus grand ou plus cynique que ses rivaux, ou ses contemporains (il est vrai que les promesses n'engagent que ceux qui y croient).
C'est assez dire que la marge de manœuvre d'un socialiste est aussi réduite que celle d'un autre candidat, plus réduite encore car, si on commence à faire peur aux possédants, les capitaux s'envolent, et c'est la banqueroute (qu'on a frôlée en 81-82). Plus réduite encore, sauf à tirer des chèques qui seront honorés par les générations futures. Il faut remarquer, c'est regrettable à dire, qu'on a rasé gratis chaque fois qu'un gouvernement socialiste a sévi, et qu'on a engrangé des temps de vacances (36, 56, 81, 98), et puis que la droite est revenue au pouvoir pour remettre les finances en ordre, dans le rôle ingrat du Docteur Tantpis.
C'est que, qu'on le veuille ou non, sauf à donner dans la démagogie, et là elle s'y connait, la gauche n'a qu'une réforme à faire, une seule, qui soit réellement socialiste et utile au peuple : c'est la suppression de la notion d'héritage, ou la taxation très forte des successions (il faudrait revoir de plus près le problème des outils de travail, des usines, etc...). Il n'y a pas d'autre réforme qui soit socialiste, et ce serait une réforme juste.
Un seul des trois candidats, un peu dillettante, un peu noceur, un peu crapule certes, a annoncé la couleur, là-dessus, ne craignant pas l'impopularité. C'est DSK. C'est le seul qui mérite qu'on l'écoute, et qu'on lui donne sa chance. Tout le reste n'est que promesses verbales, et lendemains qui déchantent.

Dans un article récent, le quotidien britannque The Economist comparait la France actuelle à l'Angleterre de 1979, "nation en crise, en pleine utopie socialiste, incapable de se réformer". Et il souhaitait à la France une "Thatcher", capable de remettre le pays sur ses rails (à quel prix, sans doute, mais comment procéder autrement après tant de mensonges et d'illusions ?).
Ma foi, on pourrait nous souhaiter pire... Une Marie-Ségolène, par exemple...

Commentaires

1. Le mercredi, 8 novembre 2006, 17:53 par Adricube

Autant j'adhère comme souvent à votre analyse, qui rejoint d'ailleurs dans sa conclusion une analyse un peu différente (car portant sur la politique politicienne) que j'ai faite sur un autre site aujourd'hui même, visant à montrer que seul DSK pouvait l'emporter au second tour (ce qui est de ma part rendre service, puisque socialiste ne suis point et ne voterai donc sans doute pas pour ce personnage, à moins qu'il n'enterre en grande pompe le fameux "projet" hollandien), autant j'ai du mal à être d'accord avec votre petit paragraphe sur les héritages ... même si effectivement vous avez sans doute raison, ce serait une mesure socialiste. Mais juste ?????

Je ne considère pas pour ma part que casser ce qui est un lien entre générations, s'attaquer ainsi à la famille en mettant l'État avant elle soit juste. A moins que l'État ne fasse la preuve qu'il est plus utile que la famille, ce qui n'a pas encore été démontré ... au contraire ! Partout où la famille n'existe pas ou plus, l'État fait preuve de son incapacité à remplacer sa force stabilisatrice.
Et l'héritage est la forme ultime de la solidarité familiale, puisqu'il incite la plupart d'entre nous à mettre de côté, partiellement, son intérêt personnel, et à le supplanter par l'intérêt de ses descendants.
Évidemment, je comprends bien que ce serait mieux encore de mettre de côté son intérêt personnel en vue de l'intérêt général : mais actuellement il me semble évident que ce que je donne à l'État est, sinon perdu, du moins gaspillé pour une bonne part et sert d'autres intérêts particuliers plus que l'intérêt général.

La preuve en est donc faite, encore une fois, je ne suis pas socialiste !

Cher Adricube, ne vous mettez pas dans des états pareils !
Et votre cœur, vous y pensez ?
Petite anecdote amusante : je trouve votre commentaire au milieu de centaines de spams, qui hélas me font perdre beaucoup de temps, mais bref. Et savez-vous pourquoi ? Vous avez écrit par deux fois "socialiste".
Mon anti-spam, lui a relevé soCIALISte, et a flanqué tout ça à la poubelle...
Il a fallu que je fasse un tour sur Google pour savoir ce qu'est ce Cialis... Comme quoi, on apprend à tout âge !
Bonne soirée !
SH

2. Le jeudi, 9 novembre 2006, 10:48 par Adricube

C'est vrai que mes 31 ans sont proches et que le cœur s'use ... malheureusement, les mois à venir seront je pense source de bien d'emportements !!!