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Tous les saints

, 05:37 - Lien permanent


Lundi matin, j'écoutais tranquillement, sur France-Inter, un débat à propos des "cités". Brusquement, un auditeur vint à dire qu'il habitait, lui, dans un quartier HLM relativement pauvre, mais sans aucun problème particulier, parce que habité majoritairement par des Asiatiques "qui travaillent et s'intègrent, contrairement à certaine communauté qu'on ne veut pas nommer". Que si la police n'arrivait pas à venir à bout des violences, il fallait envoyer l'Armée. Et déchoir de la nationalité française tous les délinquants fraîchement naturalisés.
La parole fut aussitôt coupée à cet impertinent... Allez, encore mille voix pour Le Pen, ai-je pensé...

Par ailleurs, on a vu dans un ballet invraisemblable - et scandaleux - tous nos responsables se précipiter dans divers lieux musulmans, pour y fêter la fin du Ramadan... cette pratique antédiluvienne et surtout anti-hygiénique, parfaitement étrangère, sinon contraire au génie de notre pays. Se précipiter, c'est le mot, comme pour recevoir l'onction de moins de 6 % de la population.
Aussi, je ne doute pas que les mêmes vont se hâter, qui dans les églises, qui dans les temples, qui dans nos cimetières, pour honorer une coutume qui a certes été laïcisée en direction des enfants sous le nom de vacances de pommes de terre, comme disent les Helvètes, mais qui renvoie d'abord au vieux fonds chrétien qui est l'âme de notre cher et vieux pays.
Que cela plaise ou non.
Tous les saints ! Il me plaît d'évoquer, en ce jour, un curieux édicule en forme de rotonde situé dans un petit cimetière que je connais bien. De l'évoquer, car ils me semblent bien oubliés, en tous cas bien seuls, les quatre qui reposent là.

Rotonde
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats...


Sur la dalle, on peut lire une inscription en provençal, que je pense inutile de traduire :

Aqui lou viage se termino
Vuei es per ieù deman per tu
Urous aqueù que ié camino
Dins lou draiou de la vertu




Là repose toute une famille qu'un sort funeste précipita, voilà plus de trois quarts de siècle, dans le bassin de Saint-Christophe, qui constitue la réserve d'eau potable de la ville de Marseille. La route qui le longe connaît certes quelques virages prononcés, mais j'ignore comment la voiture d'un Consul de France a pu un jour déraper au point de finir sa course dans ces eaux calmes.

Saint-Christophe


Je sais en revanche que l'une des deux jeunes filles du couple, lorsqu'elle fut repêchée, avait la chaîne de sa croix huguenote profondément enfoncée dans la chair de son cou. Il me plaît d'imaginer que son grand-père paternel, pasteur protestant qui se défroqua, je crois, passa en tout cas brillamment l'agrégation de grammaire et finit professeur de Lettres classiques, et qui repose tout à côté, étend sur elle son ombre bienveillante :

[...] Jusqu'au jour où nous parviendrons à la vision de ta Face,
Et où Tu essuieras toutes les larmes de nos yeux
.



lag Oui, à travers cette humble évocation, je proteste.
J'ai appris que 24 millions de pots de chrysanthèmes furent vendus, l'année dernière à pareille époque. Cela peut sembler beaucoup. Mais c'est tout juste un pot pour trois habitants. Je souhaiterais que nous ne perdions pas l'habitude de nos rituels, l'idée que le monde est constitué de plus de morts que de vivants, et qu'il faut honorer les mémoires, c'est à dire les traditions.

Que pourrais-je répondre à ces âmes pieuses,
Voyant tomber des pleurs de leurs paupières creuses ?





Moi, en tous cas, je saurais que répondre.





Commentaires

1. Le jeudi, 2 novembre 2006, 11:10 par Adricube

Que les asiatiques travaillent et ne sèment guère de troubles, du moins visibles, c'est un fait.
Qu'ils s'intègrent, j'en doute fort. Il n'est qu'à voir les "quartiers chinois" de Paris où beaucoup ne parlent pas le français, où même certains employés de restaurants chinois qui, je l'ai constaté de moi même, ne connaissent de la ville où ils habitent que deux points, celui où ils vivent et celui où ils travaillent, qu'ils ne savent pas situer sur une carte.

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