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Corneille et... Mahomet au pays de Gex

, 20:00 - Lien permanent

Il y a fort longtemps, j'avais entretenu mes lecteurs de l'incroyable culot d'organisations musulmanes qui, fin novembre 2000, avaient empêché Enrico Macias de chanter (à Roubaix, me semble-t-il).
Depuis, puisque nous ne bougeons pas, ou si peu (quelle magnifique exception que celle d'Élisabeth Badinter - oui, la femme du barbon qui a osé pleurer en direct, l'autre jour, au motif que Saddam Hussein ne bénéficierait peut-être pas d'un procès parfaitement équitable ! - qui, dans une émission programmée en janvier 2004, avait su dire leur fait à tous les contempteurs de notre société et de notre mode de vie), pourquoi certains n'avanceraient-ils pas leurs pions ? À cet égard, le Rapport sur l'Islam à l'école ("Les signes et manifestations d'appartenance religieuse") constitue un avertissement qu'apparemment, nous ignorons superbement. Très bien.
Mais voilà que j'apprends, avec quelque retard, que les mêmes fanatiques (hum ! Il s'agit entre autres du dénommé Tariq Ramadan, qui devait plus tard se faire un nom) avaient empêché, voici une dizaine d'années, que fût lue publiquement, à Genève, une pièce de... Corneille. Oui, vous avez bien lu, l'auteur, en 1636, du Cid ! Évidemment, le titre même de l'œuvre peut faire tiquer, sauf à taxer Corneille d'incroyable lucidité : Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète

("Qui ? Moi, baisser les yeux devant ses faux prodiges !
Moi, de ce fanatique encenser les prestiges !
")

Pièce qui, soit dit en passant, est présente en de nombreux endroits sur le Net...
Eh bien, voici que Le Monde, par le truchement du metteur en scène dont on peut louer l'obstination, nous apprend que la dite tragédie cornélienne a été donnée, début décembre dernier, à Genève et chez nous, à Saint-Genis-Pouilly (petite ville de l'Ain)... sous protection policière (!!!), ce qui n'a pas empêché incendies de voitures et dégradations diverses...
Mais remercions le maire de la commune qui a réagi courageusement à l'intervention de l'imam local : "Le seul fait de venir nous dire qu'on n'a pas le droit de lire ce texte est une agression. Que cela vous plaise ou pas nous sommes en République".

Enfin, vous rendez-vous compte ! Une pièce d'un contemporain de Louis XIV jouée aujourd'hui grâce à la protection de gardes mobiles !
Mais dans quel pays sommes-nous donc ? Et jusques à quand l'intolérable sera-t-il toléré ?

[org. : Le Monde, 15 février 2006, p. 18, Une fatwa contre Voltaire ?]

Commentaires

1. Le mercredi, 22 février 2006, 19:42 par Adricube

Bravo pour cette nouvelle mise en page qui va permettre à vos fidèles lecteurs - j'en suis - de réagir à vos propos toujours intéressants...

2. Le jeudi, 3 novembre 2011, 08:04 par Nicolas

Nous allons payer cher notre lâcheté, fruit de la pensée unique mitterrandienne. Le piège de ce Machiavel diabolise toute pensée qui ne va pas dans le sens de la dépravation des mœurs, des idées, et du laisser-aller. Dans ce ventre mou gaucho, les Islamistes percent nos fondamentaux républicains pour y mettre leur charia.
Quand la France se réveillera, il faudra beaucoup de morts pour reprendre ce que la fermeté aurait suffit à garder !
Des veaux, les Français ? Oui mais hallal !

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