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On ne peut pas plaire à tout le monde

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Voici un nombre certain d'années (très exactement mi-novembre 1974 - car j'ai de bons repères), j'eus vent que deux jeunes femmes de ma connaissance, à peine plus âgées que moi, avaient interdit à une dame, qu'elle fût présente aux obsèques de leur père. Elles la sortirent même à coups de pompes dans le derrière (donnés par les conjoints de ces deux charmantes), au motif que la personne avait ruiné leur père, et lui avait tout fait bouffer (sic).
On a compris que la personne non grata était la maîtresse du père. J'eus la curiosité, ou le temps, ou l'opportunité, je ne sais plus, d'effectuer une petite enquête.
La dame en question, jetée comme une malpropre, avait partagé la vie de Louis (le père) durant près de quarante ans, ce qui fait tout de même un sacré bail.

Quant à l'accusation de dilapidation, je fus à même de remarquer que l'héritage du père était fort conséquent (même diminué), et que les deux sœurs se partagèrent un joli pactole, et obtinrent, à compter du décès, un train de vie fort supérieur à celui qui avait été le leur jusqu'alors (l'une d'elles, d'ailleurs, ne mit pas longtemps à l'emporter au paradis). Aussi, j'ai pensé que les furies n'avaient nullement voulu protéger leur mère (car les parents n'avaient pas divorcé, ils étaient seulement séparés) des incartades supposées de leur père, mais tout bonnement conserver leurs bas intérêts matériels...
Cette histoire un peu longuette, et je vous prie de m'en excuser, m'est revenue en mémoire tandis que j'allais allumer la télévision, hier au soir, pour regarder un épisode de l'émission de Fogiel, On ne peut pas plaire à tout le monde (émission que je ne connaissais pratiquement pas, d'ailleurs).
En effet, j'avais été sensible, quelques jours auparavant, à l'apparente détresse de la dernière compagne d'un homme que nous avons tous adoré et admiré, Raymond Devos. Mais elle n'avait pas, elle, quarante ans de vie commune avec le premier humoriste de France, à faire valoir : seulement trois ans. Qu'importe après tout, si ses sentiments n'étaient pas factices.
En face d'elle, les ayants droit de Devos, des furies ou des furieux interdisant à la compagne de seulement accéder au lit de souffrance de l'artiste... comme cela ressemble à l'histoire que j'ai précédemment racontée ! Mais la comparaison s'arrête là, car la séquence de l'émission a seulement posé le problème, et nous n'en saurons pas plus, avant le procès qui s'annonce (triste fin, pour Devos !).

Et je change totalement de sujet, tout en restant au même lieu, car cette compagne empêchée était accompagnée de son avocat, Me Collard.
Les familiers de mon site savent que je déteste le personnage à un point difficilement concevable (affaire Dominici), et d'ailleurs je me sentais un peu coupable d'une telle attitude. Mais hier, j'ai compris que cette exécration était très largement partagée, pour de tout autres raisons que les miennes, et certainement tout aussi valables. Car, à peine le personnage fut-il sur le plateau, accompagnant sa cliente, que le combat commença, et pour bref qu'il fut, il ne se déroula pas à fleurets mouchetés, je vous assure.
Guy Carlier avait introduit le médiatique avocat avec quelque humour (se demandant pourquoi on voyait toujours Collard dans ce genre de conflit - et je pense qu'il faisait allusion, entre autres, au procès concernant la soi-disant fille d'Yves Montand), et l'interpellé prit la mouche, à la fois contre Carlier et contre Ruquier, présent pour d'autres raisons sur le plateau, mettant en cause, de façon à peine voilée, l'homosexualité de l'animateur de On va s'gêner.
Un juge Burgaud, hélas, n'aurait rien trouvé à riposter, mais pas Ruquier, qui assume tranquillement sa "préférence", et le lui fit bien voir.
Bref, je suis sorti de cette séquence peu éclairé, en vérité, sur la réalité de l'empêchement dénoncé par la compagne de Devos, mais convaincu que pas mal de gens, très différents les uns des autres, ne pouvaient voir Collard ni en peinture, ni en figure.
Rasséréné, pour tout dire...


[Note du 2 mai 2009. Malheureusement pour Marie-Christine R., la dernière compagne de Raymond Devos (décédé en juin 2006), le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines), devant lequel elle était poursuivie pour usurpation de la qualité de médecin et administration de substances nuisibles à une personne vulnérable, n'a pas été sensible à ses arguments... et à la défense de son avocat : six mois fermes requis !]