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Libres !

, 08:07 - Lien permanent

On nous a annoncé, hier soir, à grands renforts de sons de trompes, la JOIE des politiques, des musulmans et des médias ("Dalil Boubakeur ému" m'a fait sourire, sinon ricaner. Pas vous ?). Et ce matin, le quotidien que j'ai sous les yeux affiche une Une barrée d'un immense : Bienvenue à la maison. Tandis qu'un autre titre : Libres ! Immense joie. Car, après 124 jours de détention, les otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot ont été libérés par "l'Armée islamique" en Irak. Tiens, ça tombe bien, à la veille de Noël !
Quel inestimable "cadeau" que font ces chers ravisseurs aux chrétiens que nous sommes ! Ainsi seront passés à la trappe des événements récents, mais somme toute mineurs, comme le retrait de figurines en chocolat de Saint-Nicolas d'une maternelle de Coudekerque, ou encore ce sapin de Noël qui a été retiré, à la demande "d'une poignée d'élèves", du hall d'entrée d'un lycée de Lagny (il ne faut pas "les" fâcher, n'est-ce pas ?).
Je passerai aussi sur les explications des otages, qu'on aurait pu prendre, d'ailleurs, pour le Président de la République et son grand Vizir, tant leur assurance avait quelque chose d'assez ubuesque (on les sentait cathodiques pratiquants), pour ne rien dire du caractère scandaleux de certains des propos géopolitiques qui furent tenus. Tout à côté, le vrai Président et le vrai Vizir avaient l'air de petits garçons compassés... Non, je passerai là-dessus.
En revanche, tandis que je savoure mon petit déjeuner, j'écoute une radio que je ne fréquente pas beaucoup, et c'est un tort : Radio bleue Provence donne la parole à ses auditeurs, et je remarque, une fois de plus, combien en regard les "auditeurs" de France-Inter paraissent triés sur le volet - censurés pour tout dire, et ce fait a, d'ailleurs, déjà été pointé par plus autorisé que moi. Bref.
J'écoute attentivement, tandis que je bois mon cacao en provenance du commerce équitable, les réactions d'auditeurs nettement plus fines (il est vrai que ce sont des femmes, qui s'expriment) que celles qui m'étaient venues, la veille, devant des images que j'avais jugées quelque peu choquantes, mais mises sur le compte de l'émotion bien compréhensible des uns et des autres.
Et ces dames de rappeler qu'il n'y a pas eu que deux otages, qu'il y en a encore beaucoup d'autres en captivité (on aurait pu, hélas, ajouter : qu'il y en aura encore bien d'autres), que certains d'entre eux ont été égorgés, etc. etc. J'écoute ces dames élargir le débat jusqu'aux disparus (à l'intérieur de l'Hexagone) sans laisser de trace, en distinguant ceux qui ont la chance d'avoir l'appui des médias et dont mille affichettes rappellent le visage - comme celui de la fillette que, justement, j'ai sous les yeux - et puis tous les autres, qui sombrent dans l'oubli le plus profond, et l'indifférence générale (mis à part, peut-être, ajouterai-je, dans un coin de mémoire de quelques flics tenaces), car ils n'ont pas eu la chance d'être appuyés par le Quatrième Pouvoir.
Et je me dis que si on donnait vraiment la parole au peuple, alors on aurait de sacrées surprises. Mais bon, je me tais, je suis trop proches de ces braves Marseillaises dont l'accent est encore plus beau que le mien, et dont les pensers, s'ils ne s'appuient pas sur une immense culture livresque, ont du moins l'insigne mérite de partir du cœur - et du bon sens.

Je me tais, car pourquoi en dire davantage ? Après tout, ce ne sont que quelques lamentables témoins de l'Armée judéo-chrétienne, alors...

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