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Triste spectacle

, 17:11 - Lien permanent

On avait suivi avec intérêt, l'après-midi, un derby Agen-Toulouse, plein de feu et de rebondissements. Et peu importait le résultat : tous les joueurs s'étaient "donnés". On s'attendait à un match bien plus engagé, le soir, certes rugueux avec des Blacks favoris, mais pas à ce point ridiculisant leurs adversaires.
Alors, on a éteint le poste longtemps avant la fin.
Et pourtant, il y avait un spectacle superbe dans le spectacle : l'excellent Alain Rolland, cet arbitre qui parle anglais aux Français, et français aux All-Blacks ("Lâchez le ballon !"), qui a l'œil à tout, mais sait magnifiquement laisser le (beau) jeu se dérouler.
C'était pour lui qu'on n'avait pas coupé le son, ce qui fait qu'on a dû supporter les "Ils portent le deuil de leurs adversaires" et autres "le cochon est dans le maïs"...

J'ai vu pour la première fois Salviac à Nevers, il y a près de vingt-cinq ans, alors qu'il commentait une rencontre internationale (contre les Pumas, il me semble - je me souviens de la fougue de Malleig). Il y a donc plus de vingt-cinq ans qu'officie ce nullard majuscule, mais qui, avec le statut de fonctionnaire qui est le sien, est inamovible. Oh ! Je ne méconnais pas les dangers du "marché" et de la libre concurrence !
Mais quand il n'y a plus de concurrence du tout, dans ce pays qui est une sorte d'Union soviétique ayant réussi (enfin, il faut le dire vite), alors la médiocrité s'étale, et se pavane. C'est bête à pleurer.
Comme on aurait dû pleurer sur cette bien pâle équipe, la "nôtre", faite de papys essoufflés et de jeunes aussi maladroits qu'inexpérimentés (c'est du moins l'excuse qu'on leur tend), tendre gibier dont les Blacks ne firent qu'une bouchée.

Monstrueux, ces Blacks, comme l'a dit, en guise d'explication ultime, le manager ? Pas plus que d'habitude, eux qui avaient été sérieusement accrochés la semaine précédente, par les Gallois. Mais en face de ces "monstres", il y avait des fonctionnaires, plus préoccupés par les juteuses recettes supplémentaires que procure le show-bizz que par une préparation sérieuse et intensive à l'affrontement international.
Oui, il aurait fallu pleurer, à constater que parmi les rares survivants, il y avait, justement, deux étrangers, Liebenberg le Sud-Africain et Marsh, rescapé du cancer, le... Black.
Eh bien, je vous en fiche mon billet, on aurait tiré au sort, parmi les trente acteurs de l'après-midi, quinze joueurs d'Agen et de Toulouse mêlés, on leur aurait donné deux heures d'entraînement collectif, ils auraient mieux tenu le coup que ceux qui, le soir, ne firent qu'ajouter une sélection à leur palmarès. Bête à pleurer, oui. Seulement, c'est l'équipe que nous avons vue en plein naufrage - et qui devrait prendre immédiatement la porte - dont on nous a déjà annoncé qu'elle remporterait la prochaine Coupe du Monde...


Alors, si cela advient, ainsi sera prouvé ce qui me turlupine depuis le début de ces Coupes : le pays organisateur est aussi celui à qui, en coulisses, on a promis la victoire... Ô tempora, ô mores !

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