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Coupe & quarts de finale

, 18:33 - Lien permanent

Eh bien, quelles que soient les surprises à venir, on peut d'ores et déjà dire que cette quatrième Coupe du monde de Rugby a été une totale réussite.
À un bémol près :
la présence chez nous, encore et toujours, de l'inamovible clown dérisoire qui sévit depuis beaucoup trop longtemps sur A2 (ne l'ai-je pas croisé à Nevers, en 79 ou 80, déjà, à propos de je ne sais plus quelle rencontre internationale ?) : au plus palpitant d'un match (qu'il commente toujours comme un Georges Briquet - pardon Georges -, comme s'il était à la radio), ne voilà-t-il pas qu'il nous dévide les nombreux changements successifs d'hôtels imposés aux joueurs d'une des deux équipes sur le terrain ! Lourdaud sortant ses fines plaisanteries, comme l'improbable question posée par M. Pastille, de Mende, ou nous apprenant que les Verts sont dans le rouge, que tel joueur est saignant, et tout en attirant notre attention sur les plus beaux yeux de la sélection irlandaise, nous dévoilant les surnoms des uns, et la généalogie des autres !
Je tiens sa présence pour une insulte faite au jeu lui-même. Aussi combien on a pu apprécier que l'un des membres de la seconde équipe de commentateurs (Jean Abeilhou - Jérôme Cazalbou) ait balancé, à propos d'une question (une vraie, cette fois) posée par un téléspectateur rochelais : "enfin quelqu'un de La Rochelle qui connaît le rugby". Les connaisseurs auront jubilé.
Mais on ne peut pas toujours réagir par l'humour à la bêtise de ce fonctionnaire (bon, je sais que certains vont dire que c'est une formule pléonastique, je sais).

Par bonheur, son second, si j'ose dire, l'ancien ouvreur international Thierry Lacroix, devenu commentateur avisé et pédagogue (il emploie trop souvent à mon goût une tournure très vieillie, la forme transitive du verbe échapper - il échappe la balle), rehausse le niveau. Mais il serait tellement plus opportun qu'il fût seul, devant le micro.
"Je suis heureux de voir évoluer des joueurs intelligents", s'écria un jour le dit Th. Lacroix. Cela va sans dire. Mais il ne serait pas mal d'avoir aussi des commentateurs intelligents.
La bile étant ainsi évacuée, il faut dire tout le bonheur qu'il y a à suivre ces spectacles où l'intelligence l'emporte (presque) toujours sur la force, ces spectacles qui n'excluent personne. Il y a en effet de la place pour tout le monde, les petits, les grands, les gros, les maigres, qu'ils soient blancs, noirs, rouges, jaunes... et j'en passe !
Le rugby, c'est d'abord deux bandes de colosses et un petit homme bleu au milieu ; c'est même cela, la démocratie : tout ce beau monde qui obéit au doigt, à l'œil et au sifflet du petit homme bleu, prêt sans hésitation à pénaliser, toujours avec le sourire (No more, thanks you), voire à retourner une pénalité....

On l'a même vu, l'arbitre, agressé un jour par un intrus, être férocement défendu, après une première seconde de stupéfaction, par deux tonnes de muscles.
Et puis ce sont les chevaux-légers (enfin, c'est une image, ils font quand même dans les nonantes kilos) s'échapper en d'époustouflantes courses, commettre des gestes de génie (oh la passe de Spencer à Rokossoco ! Oh ces joueurs d'exception, et je rêve de voir un jour évoluer une équipe dont la charnière serait tenue par le tandem Gregan-Spencer) ou se lancer dans des combinaisons qui, pour être très éculées (redoublement de passe, passe sautée, 89), marchent toujours aussi bien et créent presque infailliblement le surnombre - avant de s'écrouler, parfois, en terre promise !
Et c'est par exemple le petit Poucet gallois capable d'inquiéter, par son jeu intelligent et inspiré, l'ogre néo-zélandais : oui, c'est cela la démocratie, où le droit prime (presque) toujours sur la force, où le combat est si loyal qu'on se congratule toujours, au final.

Oui, peu importe, après tout, ce qui va bientôt suivre : car je vous propose de chercher, dans ces quarts, les pays qui ne sont pas venus se faire trouer la peau pour nous en 1944 (pour ne pas parler de 18).
Alors, pour reprendre les termes de Lacroix (encore lui), Chapeau, Messieurs.


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