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Faites entrer l'accusé(e)

, 09:23 - Lien permanent

Reprise, hier soir, de Faites entrer l'accusé. J'ai déjà eu l'occasion, l'année dernière à pareille époque, d'écrire combien cette émission, au demeurant "sérieuse" et peu tape-à-l'œil, me mettait mal à l'aise.
À nouveau, hier soir, le même sentiment à propos de l'assassinat du "petit" Grégory (il irait sur ses vingt ans, aujourd'hui !).

Si j'ai été heureux de retrouver longuement Laurence Lacour, dont j'ai déjà signalé Le bûcher des innocents (Plon, 1993, 681 p.), j'aurais aimé pouvoir me faire une image plus contrastée de l'enquête, dont on n'a entendu strictement que les premiers protagonistes (les gendarmes) ; s'agissant des seconds, il nous a été signalé que leurs conclusions provenaient de la collusion entre un journaliste avide de dollars, et un Commissaire de police avide de reconnaissance médiatique : j'ai trouvé cela un peu court, et certainement malhonnête.

Le dit Commissaire n'était pas là pour se défendre, et en tout état de cause il n'avait pas mené seul son enquête. Si l'on peut comprendre que la parole n'ait pas été donnée au juge Lambert (qui a reconnu sa nullité, y compris sexuelle - !!! - dans un livre que la postérité ne retiendra vraisemblablement pas), on eût aimé que le policier vînt s'expliquer calmement. D'autant que le réalisateur Christian Hondelatte n'a fait allusion qu'aux menus bouts de ficelle trouvés dans l'ancienne maison des parents de Grégory, ce qui est certes bien mince, mais pas au "mouchard" de l'autobus ayant croisé la voiture emportant vraisemblablement l'enfant sur le lieu de son martyre.

Alors, on ne sait plus que penser, car les coupables ont souvent des têtes d'innocents, et il est vrai que Laroche avait une tête de coupable idéal. Cette émission embrouille plus qu'elle ne débrouille, et c'est en cela qu'elle me met mal à l'aise. Un seul point est sûr, c'est que le (ou la) coupable appartenait à la famille, proche ou plus lointaine.
La défense de la mère, à mon sens, était conduite de façon autrement plus convaincante dans le livre précité. Alors, que croire ?

Justement, me revient en mémoire les propos d'un ancien repris de justice, devenu écrivain, et à qui on avait posé la question, sur France-Inter : "Mais elle est coupable, cela ne fait aucun doute", répondit-il. Et son assurance me troubla.

D'autant que les mères infanticides, sans courir les rues, ont tout de même existé à de nombreux exemplaires...

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