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Le Sanglier

, 20:02 - Lien permanent

Je roule vers le nord, à partir de Manosque, et je me demande la raison de cette cohue, et de cette multitude de képis.

L'année dernière encore, la 96 était en ces lieux jalonnée de silhouettes métalliques représentant les victimes de l'inconscience des conducteurs, et c'était impressionnant - surtout de nuit.
Les silhouettes furent rapidement ôtées, après de vives protestations (en France, il suffit de protester pour obtenir satisfaction, et pourtant les protestants, depuis la Révocation de l'Édit de Nantes, ne sont pas légion !), mais les voilà regroupées sur quelques ronds-points, et ça n'est pas moins parlant.
Je me demande comment on peut faire passer de la vie à trépas trente personnes chaque année, sur une portion aussi courte, aussi dépourvue, apparemment, de dangerosité.

Peu après la Grand'Terre, la fameuse "enclave des Ponts-et-Chaussées" où fut perpétré le triple crime que l'on sait, est en train d'être dégagée : je m'arrête, je ne l'avais plus vue dans cet état depuis trente ans, progressivement envahie par un maquis reprenant ses droits, et ses habitudes.
Un jeune adolescent y va de sa tronçonneuse.

Et l'école ?  lui dis-je, jouant les Sarkozy.
- Mais M'sieur, c'est les vacances !
- Ah, je l'avais oublié...


Et voilà qui m'explique cette circulation bientôt aussi intense que sur la parallèle A7, ces théories de gendarmes et ces multitudes d'appels de phares (tuons-nous les uns les autres, et que les pandores ne viennent pas nous casser tous les saints) !

Mais je n'étais pas là tout à fait par hasard, j'avais à récupérer des journaux belges relatant l'Affaire du siècle. Alors, si vous voulez savoir ce que je pense de ce qu'a écrit Sud-Presse, c'est ici.

Le propriétaire de La Grand'Terre se désole, et me prend à témoin : regardez dans quel état est le massif que j'avais voulu créer !

Je regarde, en effet, un espace de dix mètres carrès, comme labouré profondément, et je crois reconnaître les traces de pneus d'un quelconque tracto-pelle.
Mais mon ami me détrompe : allons, ce sont les sangliers !
- Mais par où sont-ils donc passés ?
- Par là, naturellement !


Et je suis la direction de sa main tendue : les sangliers ont utilisé un chemin que je reconnais, alors que je ne l'avais jamais vu auparavant. C'est celui qu'emprunta le Sanglier de Lurs, au retour de son forfait : "j'ai longé le petit sentier et j'ai regagné la ferme après avoir traversé la voie ferrée".

L'histoire, éternel recommencement...

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