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Le brav' général Aussaresses

, 13:27 - Lien permanent

Le Monde publie, en se bouchant le nez, une partie des "aveux" du général Paul Aussaresses, "personnage central de la Bataille d'Alger" (il était capitaine, et abordait la quarantaine au moment des faits. En aucun cas il ne pouvait être "personnage central").

Que la guerre ne se fasse pas avec de blanches mains, nous le savions depuis longtemps.
Certes, il a pendu le leader du FLN, Larbi Ben M'Hidi, et il "revendique" cette horreur (de quelles horreurs s'était rendu coupable le dénommé Larbi Ben M'Hidi, ça, on n'en parlera pas).
Naturellement, toute la classe politique, dans une belle unanimité, l'accuse d'avoir dépassé les borgnes. Fort bien.
Mais on eût aimé un rappel précis de l'actualité algérienne, d'une part. Un rappel précis du contexte, et des atrocités/massacres concomitants commis par l'ALN, d'autre part.
Le sourire kabyle, par exemple ; ou le cigare de Boufaric. Enfin, un rappel précis des vifs encouragements de la classe politique d'alors, Mitterrand en tête.
Et faut-il dire ici, sans passion, que le premier mort de la guerre d'Algérie fut un jeune Français, instituteur de surcroît ? Ce que l'on a nommé La Toussaint rouge, tout de même !
Guy Monnerot, depuis moins d'un mois instituteur auxiliaire en Algérie, en poste à Tiffelfel (mechta perdue entre Arris et Biskra) regagnait son poste, en compagnie de sa jeune épouse, les vacances de Toussaint achevées.
Son idéal était d'aider les musulmans aux trois quarts illettrés. Il avait d'ailleurs été rapidement adopté par les Chaouïas (nom générique des gens de l'Aurès), chez lesquels il exerçait.
Dans les gorges de M'Chounèche, un groupe de "terroristes" fit descendre tous les occupants du car. Le caïd du lieu voulut s'interposer, et fit remarquer au chef du groupe terroriste que "c'étaient les instituteurs de France qui venaient pour les aider". Le caïd et le couple furent aussitôt abattus par une rafale (Mme Monnerot, "seulement" grièvement blessée, laissée pour morte).
Voilà le premier mort de l'Aurès, le 1er novembre 1954, à une centaine de kilomètres de la frontière tunisienne !
Et lorsque furent publiés des textes mettant en scène les barbouzes et leurs méthodes (les exécutions sommaires), alors Le Monde ne s'indignait guère... Pourtant, soyons clair, un homme en vaut un autre, quelles que soient par ailleurs sa race, sa couleur de peau ou sa religion.
Mais toutes les guerres se soucient comme d'une guigne de la personne humaine.


Alors, par pitié, cessons de battre notre coulpe !

[Source de ma documentation : L'histoire de la Guerre d'Algérie, publiée il y a plus de trente ans par Yves Courrière, et reprise dans la collection Bouquins]

Commentaires

1. Le mardi, 10 décembre 2013, 20:42 par H. Louanchi

HARKIS : LES CAMPS DE LA HONTE

Lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl...

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des Arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désœuvrés et l'isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

Sur Radio-Alpes.net - Audio-France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Écoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone... émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H. Louanchi)

Interview du 26 mars 2012 sur Radio-Alpes.net

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