Bloc-notes - Mot-clé - triche 2019-09-20T03:25:18+02:00 SH urn:md5:d677b0537e74df749e032f6f00efdbb4 Dotclear Invictus, où est ta victoire ? urn:md5:5a41300a309caea1091fb3705259f1d9 2010-01-13T18:11:00+01:00 2016-09-10T10:47:07+02:00 S H Arts et Spectacles Afrique du SudBevanClint EastwoodInvictusrugbytriche <p>Enfin un film qui va convertir les derniers contempteurs du grand Clint, je veux parler des altermondialistes, des écologistes et autres zélateurs du Grand Soir, dont le point commun est l'anti-américanisme primaire !<br /> Ces braves gens risquent de pardonner à Clint Eastwood, désormais, son personnage d'<em>Harry le dégueu</em> ou son indécrottable penchant du côté des Républicains - lui, à peu près le seul homme au monde à n'avoir pas au sacrifié au culte universel de l'Obamania. Comme l'écrit suavement <em>Le Monde, "le cinéaste de la vengeance se montre de plus en plus préoccupé par le pardon et la rédemption</em>". Amen.</p> <p>Car <em>Invictus </em>dégouline de bons sentiments, à la vérité c'est une image d'Épinal bien naïve, mais pourquoi pas, après tous les films si durs avec lesquels Eastwood nous avait imposé sa vision bien pessimiste des hommes.<br /> De prime abord, écrit un critique avisé, <em>le sujet pourrait paraître aride et trop spécialisé. Qui est assez féru d'un tel sport, de politique internationale et suffisamment connaisseur de l'histoire de la fin de l'Apartheid pour être tenté d'aller voir Invictus ?</em> Eh bien, sans hésiter l'ombre d'une seconde, je réponds : moi !<br /> Tous les critiques tombent en pâmoison devant la performance de l'acteur qui incarne (de belle façon, c'est vrai) le père de la nation dite arc-en-ciel. Mais enfin, on n'a pas attendu <em>Invictus </em>pour s'apercevoir des insignes qualités que possède Morgan Freeman - et pas seulement devant la caméra de Clint, pour qui il a tourné trois fois, sauf erreur. Mais on était aussi là pour juger des performances de Matt Damon (un Pienaar somme toute assez plausible), car figurez-vous, braves gens, que certaines personnes du sexe prétendent que mon fils conduit comme Jason Bourne (je vous laisse chercher le rapport), ce qui n'est d'ailleurs pas complètement faux !<br /> <br /> Bof. Je pense qu'on commence à comprendre que ce film m'a laissé assez froid, s'il ne m'a pas ennuyé. Mandela est sans conteste un homme certes animé d'une foi inébranlable, mais flanqué de l'épouse la plus volage du monde, et surtout criminelle de sang froid (on ne l'aperçoit d'ailleurs qu'en catimini).<br /> <br /> <img alt="Freeman en Mandela" src="https://www.samuelhuet.com/blog/public/images/mandela.jpg" style="margin: 0 1em 1em 0; float: left;" title="Freeman en Mandela" /><br /> Le grand homme est certes maître de son destin, capitaine de son âme, et même <em>invincible à ses ennemis</em>, comme dit Salluste. Mais il a laissé son pays dans un état si lamentable que même les habituels thuriféraires ne se risquent pas à dire qu'il eut un bilan globalement positif. Pourtant, qui niera qu'il avait une tout autre stature humaine que le clown qui est son actuel successeur ?<br /> Entendons-nous bien : l'apartheid est un système qu'il faut qualifier d'horrible et d'inhumain, voire même de fasciste ; mais il convient aussitôt de remarquer que ce n'est le cas que lorsqu'il est, hélas, pratiqué par des Blancs. Depuis la date de son abolition (en Afrique du sud, du moins) fin juin 1991, la ségrégation n'a guère reculé avec les belles paroles, mais la violence paroxystique a gagné une telle ampleur, qu'elle n'a d'équivalent dans aucun autre pays, le Zimbabwe voisin peut-être, excepté. Avec des bandes ne le cédant en rien à la violence des fameux Tontons Macoutes haïtiens. Et le pays chasse à coups de trique ses immigrés…<br /> <br /> Quant à la qualité des nombreuses scènes proprement rugbystiques, on sera très charitable pour Clint en remarquant avec Abdelatif Benazzi qu'il s'agit de matches du niveau de notre 3e Division : on nous donne surtout à voir de furieux combats de buffles soufflant et gémissant. Mais ne cherchons pas noise sur ce point au réalisateur inspiré de <em>Gran Torino</em>, infiniment plus habile revolver que ballon ovale en mains !<br /> Il faut donc revenir à ce qui s'est réellement passé le 17 juin 1995 à Durban, lors de la demi-finale Afrique du sud-France. Un déluge invraisemblable avait transformé le terrain en piscine boueuse : ce n'était plus du rugby, mais du water-polo. Le match, d'ailleurs, fut longtemps retardé, et on vit à la mi-temps des escouades de balayeurs s'efforçant d'assécher un tant soit peu un terrain totalement inondé...<br /> L'arbitre gallois du match, Monsieur Derek Bevan, que je n'hésiterai pas à qualifier de salopard, fit mine de ne pas voir les nombreuses mêlées écroulées par les Springboks, ce qui, dans un match "normal", se traduit par (au moins) un essai de pénalité. En revanche, il refusa deux essais aux Français, mais en accorda un à Ruben Kruger (le Springbok en personne reconnut que son essai n'était pas valable !). Et tous ceux qui ont suivi en direct ce match se souviennent de la haletante dernière minute au cours de laquelle, enfoncés sur leur en-but par les Français, les Sud'Af' virent un tonitruant Benazzi déposer le ballon "en terre promise", mais Bevan décida qu'il avait aplati quinze centimètres avant la ligne, accordant la victoire aux Springboks, par 19 à 15. Oui, méprisable salopard !<br /> En finale, les Boks battirent l'équipe de Nouvelle-Zélande par 15-12. Personne n'arrivera à me faire croire que les Sean Fitzpatrick, les Ian Jones, Robin Brooke, Josh Kronfeld, Zinzan Brooke, Graeme Bachop, Andrew Mehrtens, et autres Jonah Lomu, ne surclassaient pas nettement leurs homologues sud-africains. Personne.<br /> D'ailleurs, si l'on examine les statistiques d'ensemble, on remarque que les Springboks ne figurent ni parmi les meilleurs marqueurs d'essais (Marc Ellis et Jonah Lomu, Nouvelle-Zélande), ni parmi les meilleurs réalisateurs (notre Thierry Lacroix, puis l'Écossais Gavin Hastings et le Néo-Zélandais Andrew Mehrtens).<br /> <br /> Mais c'est ainsi : il fallait "aider" le Président Mandela <em>à unifier une nation profondément divisée sur le plan racial et économique</em> (en revanche, il est clair que les Boks n'ont pas volé la Coupe, en 2007)...<br /> <br /> Restent de magnifiques paysages, dont l'Afrique du sud n'est point avare, et que Clint nous restitue avec maestria. Mais nous, on a la même chose à la maison. En Corse par exemple. Restent les aussi les images vraies de la Coupe de 1995, qu'on nous donne (enfin) à voir sur le générique de fin. Mieux vaut tard que jamais, Clint.<br />  </p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2010/01/13/Invictus%2C-o%C3%B9-est-ta-victoire#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/562