Bloc-notes - Mot-clé - médiatisation 2019-09-22T03:28:53+02:00 SH urn:md5:d677b0537e74df749e032f6f00efdbb4 Dotclear Milliards et feux de joie en banlieues urn:md5:afc75d5b9a72fbad3cc684fb1d54085c 2011-12-27T03:23:00+01:00 2016-01-23T11:50:03+01:00 S H Faits de société djeuns de banlieuemédiatisation <p>Tiens, s'agissant des exploits de nos <em>djeuns </em>de banlieues ou d'ailleurs, les médias ont été particulièrement discrets, cette année : on ne comptabilise donc plus, comme naguère, les exactions de toutes sortes, et en particulier les centaines de voitures sacrifiées par ceux qui, précisément, ne sacrifient pas aux "fêtes" chrétiennes, mais qui tiennent à y prendre part, à leur façon ? Il est vrai que c'est particulièrement lassant d'entendre des "<em>Qu'est-ce qu'il a fait, Sarkozy&nbsp;?</em>". L'avez-vous remarqué ? De la dette colossale de la France au pourrissement du climat social, en passant par la crise mondiale et l'accroissement du chômage, tout est de la faute de Sarko, selon les médias, à 80 % de gauche. Car le bon peuple a oublié, justement, ce que la Gauche a fait, quand elle était aux affaires – comme il oublie, ou fait semblant d'oublier, que la Gauche "tient", actuellement, toutes les régions sauf une – et le Sénat… Et que, malgré qu'elle en ait, c'est en son sein que se recrutent majoritairement les "<em>ténors du pipeau</em>".</p> <p>Donc, en ces temps de triomphalisme annoncé ("<em>quand je serai Président</em>", déclame fièrement Flamby… quand il sera Président, si par malheur pour la France il le devient, ça va flamber dans tous les domaines, vous pouvez m'en croire), il est peut-être opportun de lire, avec la plus grande attention, ce texte de Jacques Marseille. Il date de six ans, mais qu'il reste d'actualité, quand il rappelle, opportunément, un passé plus lointain ! Et qu'il est bon que, de temps à autre, des vigies viennent nous rafraîchir la mémoire !</p><h3><strong><em>La faillite du modèle français ou : En banlieue, on brûle aussi des milliards...</em></strong></h3><p>[<em>© Le Point du 2 février 2006</em>]</p><p><br /><em>C'est la fin des bonnes intentions : il est temps de passer à l'action. Au lendemain des violences, des saccages et des incendies de voitures qui viennent d'éclater après la mort&nbsp; d'un jeune habitant des banlieues, le président de la République n'a pas mâché ses mots. Il s'est donné cinq ans pour « réussir la politique de la ville ». Le séminaire gouvernemental qui a accompagné cette annonce n'a pas lésiné sur les moyens. Le Premier ministre a organisé un véritable plan de bataille : il y aura vingt mesures pour « changer la ville » dans « quatre cents quartiers ». La solidarité entre les communes riches et les communes pauvres sera renforcée. Le budget de la Ville sera multiplié par cinq, de 1 milliard à 5 milliards... de francs !</em><br style="font-style: italic;" /><br style="font-style: italic;" /><em>De francs, en effet, car la scène que nous venons de décrire ne se déroule pas en 2005, mais en 1990, au lendemain des affrontements de Vaulx-en-Velin. Le président de la République se nomme François Mitterrand et le premier ministre, Michel Rocard.</em><br style="font-style: italic;" /><br style="font-style: italic;" /><em>En fait, ces grands ensembles construits à partir des années 50 ne sont pas devenus seulement les lieux symboles de la ségrégation sociale. Ils sont surtout les témoins de la faillite du « toujours plus de moyens ». Depuis 2000, l'État, les collectivités locales, la Caisse des dépôts et consignations et aussi l'Union européenne ont consacré à la « politique de la ville » 34 milliards d'euros. Pour le budget de 2006, Dominique de Villepin a décidé de puiser dans la « réserve » de 5 milliards d'euros, laissée à la discrétion du gouvernement, pour préparer des mesures qui feront la « République plus ouverte et plus fraternelle ».</em><br style="font-style: italic;" /><br style="font-style: italic;" /><em>Toujours plus pour toujours moins. Comme le démontrent les dérives de notre système de santé ou les médiocres performances de notre système éducatif et de recherche, ce ne sont pas les milliards déversés dans les banlieues qui résoudront leurs problèmes. Comme souvent, ce sont les Français qui le disent. Sondés par le CSA-Le Parisien trois mois après le début des violences urbaines, ils sont 82 % à estimer que les solutions apportées ne régleront pas les problèmes et 86 % à prédire que des événements semblables se reproduiront dans les mois à venir.</em><br style="font-style: italic;" /><br style="font-style: italic;" /><em>En fait, ce n'est pas à une crise des banlieues que nous avons assisté à la fin de 2005, mais à une crise de l'État dont les banlieues n'ont été finalement que le révélateur. Réaffirmer, par exemple, l'instauration de pénalités financières pour les municipalités qui ne respectent pas le seuil de 20 % de logements sociaux ne sert à rien. Fondamentalement, en effet, la ségrégation est un phénomène dont le principe profond se trouve non pas dans l'urbanisme ni dans la structure des logements offerts, mais dans l'intimité des peurs et des ambitions des familles qui les habitent. Comme l'a parfaitement démontré Éric Maurin </em>[<em>« Le ghetto français. Enquête sur le séparatisme social », Seuil, 2004</em>]<em>, l'analyse du destin social des personnes ayant grandi dans des logements sociaux révèle qu'il n'y a aucune différence entre un quartier pauvre inséré dans une banlieue de classes moyennes et un quartier pauvre de centre-ville populaire. C'est dire que les milliards injectés dans les aides personnalisées au logement n'ont rien changé aux causes profondes de la ségrégation.</em><br style="font-style: italic;" /><br style="font-style: italic;" /><em>Mises en place par la gauche dans les années 80 pour augmenter l'effort de la nation en direction des écoles et des collèges des quartiers défavorisés, les ZEP (zones d'éducation prioritaire) ont également donné des résultats très décevants au regard de leur coût. C'est que, selon un travers bien français, l'éparpillement des subventions vers un trop grand nombre d'établissements, sans évaluer réellement les besoins de chacun d'eux, a été sans effet. Au total, les ressources allouées en moyenne à un élève de ZEP sont à peine de 8 à 10 % supérieures à celles allouées à un élève hors ZEP, alors qu'aux Pays-Bas les ressources allouées en moyenne à un élève issu des milieux défavorisés sont de 1,5 à 2 fois plus importantes que la moyenne.</em><br style="font-style: italic;" /><br style="font-style: italic;" /><em>C'est dire que, tant que nous n'aurons pas réellement pris conscience de la faillite du modèle français, les milliards déversés dans les banlieues connaîtront le même sort que les voitures qui y brûlent chaque soir.</em></p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2011/12/27/Milliards-et-feux-de-joie-en-banlieues.#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/589 Justice pour Quéméneur, conseiller général de Sizun urn:md5:26b0f9fbd4ef3a8205373a4907137b3b 2006-12-21T23:12:00+00:00 2009-11-05T05:53:30+00:00 S H À propos de Justice arrêtcassationcourjusticemédiatisationSeznec Il y a environ dix-huit mois, j'avais exprimé mon agacement de citoyen lambda devant les incroyables certitudes gesticulatoires de M. Denis Le Her, en commentant une émission dominicale de Fogiel ("<em><a href="http://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2005/04/18/363-seznec-ou-la-justice-des-medias" hreflang="fr">On ne peut pas plaire à tout le monde</a></em>"). Quatre ans auparavant, en 2001, j'avais déjà, brièvement, marqué mon scepticisme (sinon ma désapprobation) devant la démarche inusitée et militante entreprise par le Garde des Sceaux d'alors. <br /> <a href="http://www.samuelhuet.com/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=311" hreflang="fr">J'écrivais en effet</a> :<br /><br /> <blockquote><p> "<em>Je constate d'abord que l'argument le plus invoqué aujourd'hui (en faveur de la révision) est qu'un policier ayant participé à l'enquête initiale (Pierre Bonny. Il débutait alors dans le métier) a, vingt ans plus tard, été convaincu de collaboration et d'indignité nationale, et exécuté à la Libération pour cela (il avait d'ailleurs, dès 1934, été radié de la police, disons pour prévarication). Ensuite, que l'affaire sera revue parce qu'un Ministre de la Justice, la pâle Mme Lebranchu, appartenait autrefois à un Comité pour la révision du procès Seznec. Il me semble dommageable qu'un Ministre de la République se révèle aussi crûment partisan(e), et militant(e), alors qu'il est avant tout en charge du bien commun, et qu'on attend donc de lui une exemplaire impartialité. Mais, bof, ce que j'en dis... <br /> Je risque quand même une remarque : un autre bagnard, un certain Louis Nourric, condamné en 1928 aux travaux forcés à perpétuité (pour l'assassinat d'un encaisseur), s'est toujours proclamé innocent (il a été gracié après 25 ans de bagne) : ne vaut-il pas un Seznec, quand bien même les pompes médiatiques l'ignorent superbement ? Et ne devrait-il pas, lui aussi, faire l'objet de la part de notre zélé(e) Ministre, d'une demande en réhabilitation ? Chiche, Madame !"</em></p> </blockquote><br /> <br /> Je pensais alors faire entendre une voix discordante, tant l'action médiatique du groupe <em>Justice pour Seznec</em>, (France-Justice) boostée par l'activisme zélé d'un ancien Garde des Sceaux, présentement députée bretonne, est bien organisée.<br /> Ah ! C'était sûr ! La "mémoire du mort" allait être "déchargée" ! Et c'est pourquoi, outre les apparitions médiatiques de M. Le Her, soigneusement programmées et dûment annoncées (<em>Les rendez-vous avec les média : France 3 Ouest - JT 19-20 ; TF1 - JT PPDA (sous réserve) ; Europe 1 - Jacques Pradel ; RTL - On ne pouvait pas le rater</em>), la foule des partisans de l'ancien réviseur était invitée à se présenter sous les lambris solennels de la Cour de cassation, afin d'entendre en direct l'arrêt "historique" (<em>Info pratique : le Palais de Justice de Paris se trouve au 4, Boulevard du Palais (Métro Cité / Ligne 4). Nous nous attendons à ce que beaucoup de personnes assistent à cet événement. Prévoyez donc arriver tôt car une fouille systématique est effectuée à l'entrée du Palais</em>). <br /><br /><br /> <img src="https://www.samuelhuet.com/blog/public/images/leh.jpg" alt="Cour de Cassation © Ch. Platiau - Reuters" title="Cour de Cassation © Ch. Platiau - Reuters" style="margin: 0 1em 1em 0; float: left;" /><br /><br /> <br />Et puis, patatras ! Ah ! qu'il était touchant l'incroyable tableau de l'innocenté de Montigny-lès-Metz tenant la main du petit-fils de l'ancien bagnard. Pour faire pleurer dans les chaumières, il ne manquait plus, comme me l'écrivait le soir même un ami, que Richard R. et Omar X...<br /><br /><br /><br /> <br /> Alors il est temps, maintenant que les passions sont (un peu) retombées, de revenir sur les <a href="http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_publications_documentation_2/actualite_jurisprudence_21/chambre_criminelle_578/arrets_579/seznec_br_9710.html" hreflang="fr">41 pages de l'arrêt n° 5813</a> de la chambre criminelle de la Cour de cassation, réunie en Cour de révision. Et de les lire avec soin. Car elles ont été rédigées après des "<em>vérifications très approfondies</em>". <br /> Je croyais, disais-je, avoir fait entendre une voix discordante et très minoritaire : mais l'audition attentive d'une émission du matin sur <em>Radio Monte-Carlo</em>, de même que les <em>Courriers des lecteurs</em> de plusieurs quotidiens, comme enfin l'article terriblement objectif et accusateur de Daniel Schneiderman dans <em>Libération</em>, m'ont rapidement convaincu du contraire : les quelques centaines de braillards de l'autre après-midi, les insulteurs de nos juges suprêmes (mais pour qui se prennent-ils donc, ces indépendantistes et autres piètres joueurs de biniou ? Et où se croyaient-ils ? Dans une porcherie bretonne, les pieds dans le lisier ?) et plus encore de la France (on a, paraît-il, entendu fuser des "<em>Mort à la France !</em>" rageurs) ne sont en définitive qu'une petite minorité certes agissante, rameutant dans ses filets tous les naïfs de l'hexagone.<br /> Tous les naïfs. Et les gogos. Avec la complicité des médias.<br /> <br /> Car j'en viens à l'article de Schneiderman qui, lui, ne s'appuie pas sur les "<em>certitudes médiatiques</em>", mais sur les faits. Et ils sont particulièrement cruels, énumérés dans <em>Le complot invité des JT</em> : <br /><br /> <blockquote><p> "<em>Si l'on souhaitait comprendre comment la télé s'y entend parfois pour graver dans le marbre les évidences qu'elle choisit, comment elle parvient à éliminer des justes causes les détails dissonants, il fallait regarder les reportages consacrés par les 20 heures au rejet, par la Cour de cassation, de la demande en révision présentée dans «l'affaire Seznec». Ce ne fut qu'émotion, colère, et communion nationale dans la détestation de la vilenie judiciaire... Sur une chaîne comme sur l'autre, pas un mot sur les motivations, les arguments, les raisons, de l'arrêt de la Cour de cassation. Une fois de plus, qu'on se le dise, la Justice est-incapable-de-reconnaître-ses erreurs... Mais la figure du petit-fils, de sa vie consacrée à l'oeuvre, est tellement émouvante, tellement plus vendeuse qu'un aride arrêt ! Et puis, l'innocence du grand-père comme l'autisme de la Justice sont des postulats, qu'il n'est plus besoin de démontrer... Mais, surtout, ce que les reportages télévisés n'ont pas montré, c'est encore une fois, comme dans nombre de ces interminables affaires, la gangrène du Complot, qui dans l'ombre dope, nourrit, et pourrit la conviction... des partisans de la révision</em> [...]".</p> </blockquote> <br /><br /> Nous y voilà ! Les complotistes, qui ont fait (et font encore) les beaux jours des partisans de l'innocence de Dominici, ont trouvé une nouvelle niche : le maître de scierie breton. À n'en pas douter, il aura des successeurs, car le filon est prospère...<br /> <br /> Mais pour l'heure, voilà que je m'inquiète. Sauf grave erreur de ma part, j'avais lu quelque part que le petit-fils avait annoncé son intention de se suicider, si la Justice ne donnait pas corps à ses rêveries fumeuses. Et puis, j'apprends que la famille a manifesté son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme. À la bonne heure ! Voilà qui ne mange pas de pain, puisque c'est une démarche totalement inutile. <br /> Mais elle fera jaser, c'est sûr, dans les étranges lucarnes. Peut-être le but ultime, en fin de compte ?<br /> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2006/12/21/496-justice-pour-quemeneur-conseiller-general-de-sizun#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/492