Bloc-notes - Politique 2019-07-16T14:36:13+02:00 SH urn:md5:d677b0537e74df749e032f6f00efdbb4 Dotclear Ils m'ont obligé à voter socialiste, ces cons ! urn:md5:9d33129c01cf471d1f5d715caf71cc06 2017-06-18T08:40:00+02:00 2017-06-18T15:52:47+02:00 S H Politique <p>Si j'ai bonne mémoire, c'est mi-novembre 1958 que le jeune hebdomadaire <em>l'Express</em> publia une caricature montrant un Soustelle croqué en petit scout, sac tyrolien aux épaules, répondant à un immense de Gaulle penché sur lui : "<em>Je suis venu préparer l'arrivée du gros de la troupe</em>". Jacques Soustelle (quel grand intellectuel, celui-là !) avait en effet été élu député (de Lyon !) dès le premier tour, avec 34 autres (contre 4 élus au premier tour ce 11 juin). Le "gros de la troupe" UNR (Union pour la Nouvelle République), qui allait soutenir sans faille l'oeuvre de redressement du pays entreprise par le Général, ne fut en fait que 35 %, en gros, de la future Assemblée, ce qui fait que l'opposition eut son mot à dire - et le dit. Et quand je pense que tous les féroces opposants d'alors se réclament, aujourd'hui, du Général et vont solennellement commémorer ce jour l'appel du 18-juin... Mais passons à autre chose...</p> <p>La déferlante gaulliste de 1958 n'a donc rien à voir avec ce que le premier tour de nos élections législatives de 2017 nous laisse entrevoir : un raz-de-marée sans précédent plébiscitant "<em>un homme creux qui n'est plein que du vide de sa communication</em>", pour reprendre l'expression cinglante de Michel Onfray (quel autre grand intellectuel, celui-là !), et ne laissant à la future opposition qu'une portion terriblement congrue.<br /> Lorsque je passe en revue l'hécatombe du premier tour, je me réjouis certes de l'élimination de l'infâme Guigou, qui après s'être parjurée à propos du mariage pour tous, n'a rien trouvé de mieux à faire que de courir lécher le cul des croyants (c'est vrai, elle a l'habitude) pour récolter leurs suffrages, en assistant en pleine campagne électorale, coiffée du hijab, à la rupture du jeûne du ramadan dans une mosquée ! De même, j'ai appris avec satisfaction non dissimulée que le jeune député catholique ayant porté haut la future loi dite du mariage pour tous a lamentablement mordu la poussière. Mais c'est avec consternation que j'ai vu Destot, l'ancien Maire de Grenoble, homme droit s'il en est (féru d'alpinisme, pour moi c'est une référence) être abandonné en rase campagne par ses électeurs. Ou encore l'épouse de Xavier Darcos, qui n'est pas la moitié d'une conne, être carrément balayée par le célèbre mathématicien Cédric Villani (médaille Fields 2010, qui s'y connaît en politique autant que moi en hébreu) - dont je pressens qu'il va très vite prendre ses distances avec ce milieu qui lui est parfaitement étranger (il ne sera pas le seul à être épouvantablement déçu parmi ce nouveau "gros de la troupe" !). Et je songe également à l'injuste sort infligé par un petit merdeux d'<em>En marche</em> à l'ancien général Bertrand Soubelet (qui n'a recueilli sur son glorieux nom que 6 % des suffrages exprimés)... Enfin, une maigre consolation : il y aura, semble-t-il, moins de fonctionnaires que d'habitude...<br /> Et plutôt que d'éructer, "<em>les électeurs sont à vomir</em>", peut-être pourrait-on seulement, devant cette situation, songer au constat très pessimiste que dressait naguère François de Closets<strong>*</strong> : le résultat d'un siècle et demi de scolarisation à marches forcées est nul s'agissant de la conscience et de l'esprit critique du citoyen lambda...<br /> En tout cas, je n'ai perçu, cette fois, aucune protestation contre le découpage paraît-il très injuste (ce que n'arrêtaient pas de claironner les socialos lorsqu'ils ne parvenaient pas à s'attribuer toutes les places) effectué par la droite (et systématiquement, on montrait alors du doigt le truculent Pasqua). Alors, devant cet incontestable bouleversement, qui a tout écrasé et vaut ce qu'il vaut, mais les autres n'avaient qu'à se battre davantage (par exemple, en rappelant que le matraquage fiscal sans précédent de Hollande, mais c'est Macron - et merci pour mes impôts augmentés de 47 %), on nous ressort les vieilles lunes contre le scrutin uninominal majoritaire à deux tours (dont Pierre Mendès-France approuvait totalement le principe, mais oui, mais oui !), et on prône la proportionnelle, qui serait à coup sûr la mort de la Cinquième (à laquelle, certes, tant de coups de canif ont été portés), et rendrait le pays totalement ingouvernable, en permettant de plus à de parfaits hurluberlus, voire d'authentiques fascistes révisionnistes, d'obtenir des sièges (pour ne rien dire des zélateurs de la pédophilie). Aussi, je m'étonne qu'un Michel Onfray donne de la voix dans ce sens : mais il est vrai qu'il a soutenu Besancenot, puis Mélenchon, alors qu'un élève de CP aurait sans difficulté compris, qu'il s'agit là de fort médiocres bateleurs dépourvus de toute culture... On ne peut être pointu dans tous les domaines, n'est-ce pas ?<br /> Quoi qu'il en soit, mis au pied du mur puisque ma candidate (pourtant élue du canton) a mordu elle aussi la poussière, il me reste à être clair avec moi-même : au second tour, on élimine. Ces cons m'obligent à voter, certes sans enthousiasme, mais à voter socialiste, pour aider une personne qui n'a apparemment pas démérité mais qui surtout n'a pas fui le navire et qui est opposée, certes sans grandes chances de succès, à son ancien suppléant, un traître ayant rejoint la bannière du cycliste du Touquet...<br /> Maintenant, la République est "en marche", et on nous promet l'extase : vous allez voir ce que vous allez voir... Certes, une troupe comprenant beaucoup d'incapables (ce qui ne changera pas beaucoup) et même de repris de justice et d'aigrefins (ce qui ne changera pas davantage) sans parler de la foule immense des opportunistes, va paraît-il aider à engager une authentique "mission réformatrice" dans le champ économique et social, à promouvoir la modernisation de l'État et des services publics, la restauration des finances publiques (laissez-moi rire !), le soutien aux entrepreneurs et aux créateurs, la renaissance des territoires oubliés, l'affirmation de l'identité et du rang de la France... n'en jetez plus, on a déjà vu ce que le futur président est allé dire à Alger !</p> <p> </p> <p style="text-align: justify; font-size: 8pt;">* &nbsp;"<em>Aucune société n'avait, comme la nôtre, donné l'instruction à tous les enfants, la liberté à tous les adultes. Cette double chance devrait éveiller ce goût de l'initiative, ce désir de recherche, cette curiosité insatiable, cette soif de l'inconnu qu'imaginaient les utopistes lorsqu'ils rêvaient une telle société. Nous en sommes loin. On n'observe que passivité, conformisme face à la pression médiatico-publicitaire, on ne découvre que des attitudes prévisibles, des réactions attendues, bref toutes les marques d'un conditionnement tristement efficace. Est-il naturel que quinze ou vingt ans d'études ne produisent que des consommateurs téléphages, victimes consentantes et soumises de tous les racolages ? Est-il normal d'apprendre tant de choses dans l'enfance et d'en perdre le goût dans son âge adulte ? Je ne peux m'empêcher de ressentir cette rupture, même teintée de nostalgie, comme un échec</em>" (François de Closets, in <em>Le bonheur d'apprendre</em>, p. 11) .</p> <p> </p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2017/06/18/Ils-m-ont-oblig%C3%A9-%C3%A0-voter-socialiste%2C-ces-cons-%21#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/881 "Aller loin, vite et fort" urn:md5:c434d71c96661c37d94f1704f9320021 2017-06-06T20:35:00+02:00 2017-06-07T08:01:36+02:00 S H Politique <p>Tandis que la campagne pour les législatives bat son plein, ou plus exactement son vide, on nous rebat les oreilles avec une "Mani pulite" à la française, et à cet égard Éric Zemmour note malicieusement que ceci se déroule sous le regard "<em>d'une justice et de médias soudain bien moins vindicatifs</em>", eux tellement prompts et acharnés, il y a peu, à descendre Fillon. C'est pourquoi plus que de "Mani pulite", on devrait parler de manipulateurs puissamment aidés par des médias complices.</p> <p>On nous rebat les oreilles avec la fougue juvénile de notre président (diantre, le sieur Poutine en tremble encore : va-t-il s'en remettre ?), et je note que la preuve du contraire est cruellement rapportée avec deux quasi-septuagénaires dans des postes clés, dont le vieux cheval de retour Bayrou, infect traître à tous crins, et l'improbable Collomb, que je viens d'entendre s'exprimer lamentablement à propos de l'attentat de Notre-Dame - pour ne rien dire de Le Drian, aussi à l'aise aux Affaires étrangères qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, et qui ne croit manifestement pas à ce qu'il dit sur le terrorisme international, ce qui n'est pas de bon augure s'agissant des 'accommodements raisonnables' bien de chez nous, dont on peut redouter qu'ils ne s'amplifient rapidement ; et s'agissant de la jeunesse, que dire du petit traître Bruno Le Maire, désormais chargé d'appliquer une politique absolument contraire à celle qu'il avait développée, sans succès (2, 4 % des voix, quelle claque !), lors des "primaires" de la Droite ? Et que dire du sieur Castaner, écrasé en 2015 lors des élections régionales (17 % contre 41 % au Front national) en Provence-Alpes-Côte d'Azur et qui, toute honte ravalée, a déserté le PS et s'est immédiatement rangé sous la bannière Macron ? En définitive, on ne peut que s'incliner devant le courage de ceux (comme Cazeneuve) qui n'ont pas abandonné leur parti et sont restés fidèles à leurs idées, en dépit de la déroute qui leur est promise.</p> <p>Bref, ce petit monde attend paraît-il une majorité absolue "pour avoir les coudées franches" (on a vu ce que cela a donné en 81)... Georges Bidault, en 58, lors de l'accession du Général De Gaulle au pouvoir, avait averti : "<em>aujourd'hui, musique de chambre, demain, musique militaire</em>" ; mais il fut, en l'occurrence, bien mauvais prophète. Je parierais volontiers que c'est en revanche le système qui nous pend au nez, le premier ministre ayant par exemple déclaré : "<em>L'impatience nous oblige à aller loin, vite et fort</em>" (pour faire du Hollande-bis, est-ce bien raisonnable ?).<br /> Déjà, un avant-goût de ce qui nous attend, dans le domaine de la police de la pensée, nous a été servi par l'incroyable déclaration de Castaner (que j'ai habillé plus haut), à propos des attentats que l'on sait, dont les auteurs n'auraient rien à voir avec l'Islam (et d'après lui, c'est la raison pour laquelle il ne faut plus parler d'État islamique) ! Et je gage que ce n'est pas la gifle qui lui a été administrée par Pascal Bruckner dans <em>Le Figaro </em>qui va changer grand chose à l'apathie voulue des Français...</p> <p>Quoi qu'il en soit, je me suis amusé à regarder les affiches et professions de foi de candidats "En marche" (ils ne savent pas vers quoi, mais passons, puiqu'un âne affublé de l'étiquette Macron serait en passe d'être élu - et vive la majorité totalement hétéroclite) : il y a la parfaite inconnue qui s'affiche aux côtés de Macron (deux portraits de même taille), son suppléant étant réduit à une mention en petits caractères d'imprimerie ; il y a les rivaux qui se réclament tous deux de la "majorité présidentielle" (allez vous y retrouver) ; il y en a un qui sera forcément élu, tant sa circonscription compte de bobos, écolos et tutti quanti ; tout ce qu'il trouve à dire, c'est qu'il est un "<em>sportif ayant pratiqué le rugby pendant vingt ans</em>" (quelle référence, en effet !) ; tandis que sa doublette, "<em>sportive reconnue</em>", étale sa qualification de cadre de l'Éducation nationale (envolée la neutralité des fonctionnaires !). Quelle chambre introuvable - dont le patriotisme sera le cadet des soucis - tout cela va produire ! Mais chut ! attendons la chute.<br /> En attendant, et pour revenir au rugby, on a eu la surprise de voir, dimanche avant la finale ASM-RCT, de jeunes joueurs Fidjiens s'agenouiller devant notre président ; car chez eux, tel est le respect dû à un roi... Nous avons donc un nouveau Messie en Emmanuel Macron. Mais inutile de nous agenouiller : nous avons déjà la tête dans le sable et les fesses à l'air. Le réveil, si toutefois il a lieu un jour, nécessitera, comme le dit la délicieuse Theresa May, "<em>certains débats difficiles, et souvent désagréables</em>".</p> <p> </p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2017/06/06/Aller-loin%2C-vite-et-fort#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/880 Amère victoire, amère défaite urn:md5:e0124bfab969b1f746b7a9bf436e19c8 2017-05-08T13:30:00+02:00 2017-05-09T11:26:11+02:00 S H Politique <p>Elle était inéluctable dès les résultats du premier tour acquis, et pourtant les médias se sont bousculés pour nous faire la leçon - et tenter de nous faire peur. Il n'est pas jusqu'au dernier éditorial du <em>Figaro </em>qui ne soit entré dans la danse, nous affirmant que "<em>le vote Macron</em> [était]<em> la voie de la raison</em>". Ce qui, soit dit en passant, donnait du poids à l'existence, claironnée depuis si longtemps par Mme Le Pen, d'une alliance "UMPS". À cet appel succéda une volée de bois vert de la part des commentateurs de l'éditorial : "<em>la voie de la raison : vote blanc ; la voie de la colère : vote Marine !</em>" résumait l'un des intervenants.</p> <p>Elle était d'autant plus inéluctable, cette victoire, après l'incroyable "prestation" de la frontiste (un ami, soutien habituel de Marine, se demandait devant moi si elle n'avait pas fumé la moquette, ce soir-là) face à un Macron parfaitement serein (avait-il pris des calmants, de son côté, lui qu'on vit plus d'une fois, sur les tréteaux de la campagne, saisi par l'hystérie ?), dévidant de façon parfaitement maîtrisée, sous la grêle des insultes, des exposés bien dignes d'un énarque. Il convient en effet de le noter, pour n'y plus revenir : ce soir-là, Mme Le Pen a fait montre de son hideux vrai visage et prouvé à la France entière qu'elle était une candidate définitivement indigne d'accéder à la magistrature suprême. Et le premier résultat en a été qu'en dépit de scores flatteurs obtenus au premier tour, elle n'est arrivée en tête, au second, que dans deux départements (le Pas-de-Calais et l'Aisne), et a perdu beaucoup de terrain dans ses fiefs traditionnels.</p> <p><br /> <img alt="" height="128" src="https://www.samuelhuet.com/images/img/macronmerdias.jpg" style="margin: 2px 4px 2px 0px; border: 1px solid #000000; float: left;" title="Macron-médias" width="259" /></p> <p>Ainsi donc, aidé par sa concurrente, Macron l'a nettement battue (66/34), et il fallait voir, dimanche soir, la "<em>jubilation médiatique</em>" à l'œuvre. Il fallait lire aussi le communiqué triomphant émanant de la Grande mosquée de Paris, se réjouissant de la "<em>brillante élection</em>" d’Emmanuel Macron et de "<em>l’élan national </em>[sic] <em>qui l’a plébiscité</em> [re-sic], <em>signe d’une France réconciliée avec toutes ses composantes spirituelles et religieuses pour répondre dans l’unité aux menaces de division qui pèsent sur la nation..., signe d’une nette espérance dans une vision du vivre-ensemble rassemblée autour des valeurs républicaines humanistes, patriotes, démocratiques et laïques</em>". On me permettra de ne pas commenter.</p> <p>Mais comme son mentor Hollande en 2012, Macron doit se poser, j'imagine, des questions sur cette "<em>victoire sans triomphe</em>" : car l'abstention record, couplée avec une inflation jamais vue de bulletins blancs ou nuls - une explosion, lui prouve amplement qu'un bon tiers des électeurs n'a pas voulu choisir "<em>entre la peste et le choléra</em>", pour reprendre l'expression d'un malheureux concurrent du premier tour.</p> <p>Et quand je songe que cette victoire du jeunisme et de l'audace s'appuie sur de vieux chevaux de retour, du type Collomb, Bayrou (l'infâme Ganelon de Pau) ou même Raffarin, je m'interroge sur la suite... Car même s'il peut y avoir un effet mécanique de la victoire de Macron sur la couleur de la future Assemblée, je me souviens de l'effarante versatilité de nos concitoyens.</p> <p>En 1988, par exemple, l'Assemblée nationale comptait 258 députés socialistes. Cinq ans plus tard, les électeurs sanctionnèrent l'incroyable malhonnêteté des années Mitterrand, et les trois quarts mordirent la poussière (52 députés socialistes seulement après les législatives). Vint la dissolution catastrophique voulue par Chirac (et de Villepin), et les socialistes retrouvèrent, en 1997, leur nombre de 1988 (ce qui nous valut cinq années de pouvoir de la désastreuse "gauche plurielle") : oubliées, ou pardonnées, les magouilles socialistes ! Alors, faire un pronostic sur ce qui va se passer au mois de juin... car le <em>Penelopegate</em>, ça ne marche qu'une fois !</p> <p>Reste aussi que, même largement vaincue, Mme Le Pen a doublé le score obtenu, il y a quinze ans, par son père (Chirac l'avait alors emporté avec plus de 82 % des suffrages), ce qui en dit tout de même beaucoup sur le mécontentement profond de la France d'en bas : rappelons que plus de dix millions de suffrages se sont portés sur son nom, en dépit de tous les avertissements à profusion déversés depuis deux semaines sur les électeurs !</p> <p>Alors, quelle amertume nous saisit, devant une France aussi défaite...</p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2017/05/08/Am%C3%A8re-victoire%2C-am%C3%A8re-d%C3%A9faite#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/879 Bon public, ils t'ont donc eu ! urn:md5:b02e6e1521e5bb89b3dfe54255259c01 2017-05-03T15:44:00+02:00 2017-05-08T16:37:04+02:00 S H Politique <p>Ainsi donc, le déferlement médiatique à l'appui de <em>l'arrogant et populiste</em> candidat officiel a pris, entre les deux tours, une dimension d'une impudence rare. D'ailleurs, c'est très improprement qu'on parle de deux tours : il s'agit au vrai d'une élection à un tour. Et les Français, qui à près de 80 % avaient massivement rejeté l'ancien président, viennent dans un bel élan de parfaite cohérence, de plébisciter son jeune clone. Faut-il en rire, ou en pleurer ? <em>Les Français sont des veaux</em>, avait dit le Général. Ce sont surtout des cons, à qui on peut faire gober n'importe quoi. Ainsi, notre prochain président sera un enfant, comme le dit très justement Michel Onfray. Un enfant qui, faute d'avoir résolu son complexe d'Œdipe, a épousé la Mère - tandis que son adversaire-pour-rire (et faire valoir) a tué le Père, ce qui est bien davantage significatif !</p> <p>Et ce qui ne laisse pas d'être fort surprenant, c'est que cet être immature qui est allé cracher sur la France depuis l'étranger, fait à présent l'objet d'un culte quasi-unanime. Et le ralliement sans condition de Fillon (et des autres), à peine les sondages l'avaient sorti de la course, à celui qui est en sous-main responsable de son abomination, n'est pas le moindre paradoxe de cette improbable élection. Fallait-il, parce qu'il se proclame chrétien, qu'il tendît la joue gauche ? Qu'il me soit modestement permis de lui rappeler l'exemple de Jésus boutant hors, à coups de pompes dans le cul, les marchands du Temple ! Et quand j'entends l'un de ses lieutenants, Xavier Bertrand, claironner qu' "<em>Il faut tout faire pour que le score du FN soit le plus bas possible</em>", je m'interroge sur la suite. Embrassons-nous Folleville, c'est bien le cas de le dire encore une fois ! De même, lorsque je songe à Valls, Raffarin, Mmes Kosciusko-Morizet et Royal, et Estrosi réunis par l'ineffable BHL contre le FN, je me dis qu'il y a des coups de pied qui se perdent ! Décidément, la Droite d'en haut ne comprend rien à celle d'en bas.</p> <p><br /> <img alt="" height="191" src="https://www.samuelhuet.com/images/img/macron-ref.jpg" style="margin: 2px 4px 2px 0px; border: 1px solid #000000; float: left;" title="'Réforme'-3704" width="139" /></p> <p> </p> <p> </p> <p>Et jusqu'aux parpaillots qui montent à leur tour au créneau et prennent "clairement position en faveur du fondateur d'En marche !" : cela devient franchement intolérable !</p> <p> </p> <p>Tout est en effet prétexte à diaboliser Mme Le Pen et son parti - en oubliant le score fleuve que les Français lui ont accordé. Alors, que les choses soient claires&nbsp;: ou le FN ne fait pas partie de la République, et dans ce cas il faut l'interdire. Si personne n'a envisagé son interdiction, c'est qu'il s'agit d'un parti comme les autres, et que le diaboliser sur tous les tons n'est pas une attitude républicaine.</p> <p>Mais il y a plus, et Michel Onfray dénonce avec force "<em>cette étrange perversion qui consiste à nourrir le monstre Le Pen qu'on prétend combattre</em>". Personne, en effet (à part Onfray), n'a rappelé que le Front national est une création ex nihilo de Mitterrand, destinée à empêcher la Droite d'accéder au pouvoir - et c'est un piège diabolique qui a parfaitement fonctionné, une fois encore. Il ne s'agit donc pas, à moins d'être acheté par les médias, ou totalement aveugle, de dénoncer le FN, mais bien au contraire de dénoncer l'effroyable piège.</p> <p>Et c'est pourquoi, contrairement à ce que claironnent les Bertrand et autres Pécresse, dans la mesure où l'élection est acquise (de façon parfaitement frauduleuse), il faut à mon sens faire en sorte que le score du FN soit le plus haut possible - ou encore, ce qui revient quasiment au même, que les votes blancs croissent significativement.</p> <p>Qu'il me soit permis de rappeler, à cet égard, un fait historique : en avril 1972, le président Georges Pompidou proposa un référendum sur l'élargissement de l'Europe. Le chef de l'opposition (non-communiste) d'alors, un certain Mitterrand, demanda qu'il soit fait obstacle à cette démarche : il proposait l'abstention ou le vote blanc. Le résultat, très médiocre pour Pompidou - il en fut politiquement affaibli -, alla au-delà de ses espérances.</p> <p>C'est un vote semblable qui me paraît, mutatis mutandis, devoir être opposé à la résistible ascension du petit Macron. Pour lui assurer une victoire par défaut. La bataille perdue, il nous reste à nous montrer dignes. Et lucides. Médiocre politicard, ta rouerie n'obtiendra pas nos noms !</p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2017/05/03/Bon-public%2C-ils-t-ont-donc-eu-%21#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/878 Deux frères... urn:md5:4eaf6b99e210e06e24f03b9489371dbc 2017-03-21T06:36:00+01:00 2017-05-22T18:34:17+02:00 S H Politique <p>On annonce la disparition d'Henri Emmanuelli, à la suite d'une longue maladie, selon la formule consacrée. Il était âgé de 71 ans, et président du Conseil départemental des Landes - après avoir été longuement député de ce même département. Tout aussitôt, ses anciens camarades de parti de le couvrir de fleurs, toutes plus sincères les unes que les autres et nullement hyperboliques, cela va sans dire.</p> <p>Ainsi, celui qui se prend encore pour le président de la République de tweeter : "<em>Henri Emmanuelli était un homme droit. Socialiste de cœur, de raison et d'action, il n'a jamais transigé avec ses idées et ses principes</em>". Bien curieux principes socialistes pour un homme qui débuta sa carrière chez Rothschild, qu'il ne quitta qu'au moment de son élection comme député - il était alors Directeur adjoint de la Compagnie financière Edmond de Rothschild. Une sorte de préfiguration de Macron, donc.</p> <p>Dame Aubry, quant à elle, parle avec emphase "<em>d'un homme qui n'a jamais dévié de ses convictions tout en essayant de changer la réalité</em>". Et elle ajoute : "<em>La France perd un homme d'État et la gauche, un immense militant</em>".&nbsp; <em>"Un homme d'État</em>" ! Mézalor, mézalor... on se demande bien pourquoi cet "homme d'État" ne dépassa jamais, dans les nombreux gouvernements concoctés par Mitterrand, le niveau de secrétaire d'État. Une injustice de casting, sans doute ?</p> <p>Quant à la déclaration de l'actuel prétendant socialiste à la course à l'Élysée, Benoît Hamon, elle ne laisse pas de sonner curieusement quand bien même elle paraît fort sincère : "<em>Je lui dois beaucoup. Ça me bouleverse. Il était une forme d'âme sœur pour moi...</em> [...] <em>il était un frère en politique</em>". "<em>Un frère en politique</em>" ? Qu'est-ce à dire ? Est-ce une discrète allusion du cadet au passage de l'aîné dans l'organisation discrète sise dans la rue du même nom ?</p> <p> </p> <p><em>Ah ! qu'en termes galants, ces choses-là sont mises !</em>&nbsp; comme s'écrie Philinte au vers 325 du <em>Misanthrope</em>...</p> <p> </p> <p>Car aucun de ces incroyables tresseurs de lauriers ne fait allusion à ce qui fâche, comme par exemple le fait que ce trésorier du parti socialiste fut condamné fin 97 pour complicité de trafic d'influences, à dix-huit mois de prison avec sursis et à deux ans de privation des droits civiques (Affaire Urba). Inquiété également six mois plus tard lors de l'affaire Lestrade de financement illégal du Parti socialiste (ramification de l'Affaire Urba), il s'en tira avec un non-lieu - ne me faites pas dire que la justice sait se montrer clémente envers les socialistes, et que le "deux poids, deux mesures" que l'on vit actuellement dans l'Affaire Fillon a connu de fort nombreux précédents...</p> <p>Mais il y a pis, selon moi : car lorsqu'il fut convoqué devant le tribunal, il ne s'y rendit pas seul ; il était flanqué d'une foule de socialistes grondants et même menaçants à l'égard de la Justice : à la tête de cette bien curieuse délégation se pavanait un certain Jospin, tout menton mussolinien en avant. Sans doute est-ce pour cette raison que le petit Cazeneuve, Premier ministre actuel, a indiqué dans son hommage : "<em>Henri Emmanuelli a consacré sa vie à son idéal de justice...</em>". On devine lequel !</p> <p>Ah, les braves gens ! Comme le remarque finement Proust, "<em>le temps qui change les êtres ne modifie pas l'image que nous avons gardée d'eux</em>". Et le regretté Jean-François Revel trouva les mots justes pour stigmatiser cette attitude nauséabonde, dans un article du <em>Point </em>intitulé <a href="https://www.samuelhuet.com/fr/kairos/37-phileo/800-decence.html">"Un peu de décence !"</a></p> <p>Et si je passe très vite sur le doigt d'honneur (le "frère" Emmanuelli était un homme particulièrement raffiné, cela se voyait sur sa figure) que le défunt fit en 2011, en pleine séance de questions à l'Assemblée nationale, à l'endroit de Fillon, justement (lequel était alors Premier ministre), je veux quand même noter que le président du Conseil départemental des Landes fut le premier à doter de "tablettes" informatiques les collégiens de son département : il y voyait le <em>nec plus ultra</em> de l'éradication de l'échec scolaire, de l'égalité des chances enfin réalisée, etc.</p> <p>Apprendre sans effort ! Et même tout en s'amusant ! Le vieux rêve de tous les indécrottables imbéciles ! Mais je dois à la vérité d'ajouter, tout de même, que nombre de ses collègues, socialistes ou pas, lui emboîtèrent assez rapidement le pas.</p> <p>Comme quoi, il ne faut jamais trop espérer de l'intelligence humaine, surtout en démocratie formelle.</p> <p> </p> <p><strong>Note</strong> :</p> <p> </p> <p>Dans <em>Le Monde</em> du 23 juin 1995, Pascal Bruckner devait écrire, sous le titre "<em>La démagogie de la détresse</em>", ce qu'il pensait des pleurnicheries d'Emmanuelli (et de quelques autres):</p> <p>"À en croire la presse, Henri Emmanuelli, condamné dans le dossier Urba à un an de prison avec sursis par le tribunal de Saint-Brieuc, aurait déclaré "<em>qu'il comprenait mieux les juifs depuis qu'il était devenu le juif judiciaire du PS</em>". La comparaison serait simplement grotesque si elle ne tendait à devenir l'argument obligé de nombreux responsables politiques en délicatesse avec la justice. Déjà en 1993, Bernard Tapie, mis en examen dans l'affaire OM-Valenciennes, s'était exclamé : "<em>Je me sens comme un juif traqué par la Gestapo</em>" avant de se présenter un an plus tard comme le chef de file des exclus et des déshérités. Et Alain Carignon, dans son dernier livre, <em>Une saison dans la nuit</em>, récit de ses six mois de détention provisoire, constate que rien n'a changé depuis l'époque des lettres de cachet, fustige l'acharnement judiciaire à son encontre et dit comprendre "<em>l'efficacité de la torture nazie qui enferme les gens, seuls</em>" [sic].</p> <p>Bref, chaque fois le désaveu de la faute entraîne la disqualification du système juridique français, ravalé au rang d'une pâle copie du IIIe Reich. Car se dire le "juif" de la société, c'est faire de ses adversaires l'équivalent des nazis, c'est rattacher son cas particulier à la plus grande ignominie du siècle, fantastique exagération de la part de personnages publics qui bénéficient durant leur procès de toutes les garanties d'un État de droit. De leur peur légitime du pouvoir souvent discrétionnaire des juges d'instruction, on en arrive à ce syllogisme pervers : puisque des innocents parfois sont condamnés à tort, si je suis poursuivi à mon tour, c'est que je suis innocent [...]".</p> <p> </p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2017/03/21/Deux-fr%C3%A8res...#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/876