Bloc-notes - Pipoles 2019-05-20T06:36:42+02:00 SH urn:md5:d677b0537e74df749e032f6f00efdbb4 Dotclear D'un philopède et de ses zélateurs urn:md5:a29cd71df8980e5d950ed5afdba5c893 2019-02-11T10:27:00+01:00 2019-02-17T06:48:54+01:00 S H Pipoles <p>Les hasards d'une vente de livres "déclassés", d'une bibliothèque municipale, me rendirent maître et possesseur du premier tome du <em>Journal </em>de Gabriel Matzneff (années 1953-1962. Sauf erreur, l'auteur a publié au moins treize volumes de son Journal...). Et si j'utilise le passé simple du mode Indicatif, c'est pour marquer le long intervalle de temps qui s'est écoulé entre cet achat et sa lecture. Que dirai-je de cette lecture, dès l'abord ? Essentiellement ma honte teintée d'horreur.</p> <p>Certes, ce jeune homme (il avait vingt-six ans lorsque s'achève ce premier tome) nous dévoile sa passion pour l'Antiquité et sa connaissance fine des langues dites mortes : ce qui d'ailleurs nous vaudra le passionnant récit d'une amitié orageuse avec Montherlant - et, sauf erreur de ma part, c'est bien Matzneff que Montherlant chargea d'aller répandre, après son suicide, ses cendres sur l'antique Forum romain. Il nous rapporte aussi, étant issu du milieu "russe-blanc", ses nombreuses rencontres dans les milieux orthodoxes de la capitale. Mais l'essentiel de son récit (et nous n'en sommes qu'au tome 1 - "<em>Cette camisole de flammes</em>" - d'un <em>Journal </em>qui comprendra tant de volumes !) porte sur son "obsession des moins de seize ans" - entendez par là sa chasse aux gamins (parfois aux gamines) pour les motifs que l'on devine. Comment ne pas comprendre, ainsi, que dans l'Algérie française finissante, le "philopède", comme il s'intitule (car il connaît les racines grecques !) traînait derrière lui toute une cohorte de petits yaouleds attirés par des espèces sonnantes et trébuchantes ? Gide avait agi de même, quelque soixante ans plus tôt, du côté de la Tunisie... Mais du moins, l'auteur des <em>Nourritures terrestres</em> avait-il été relativement discret - ce qui n'est pas, j'en conviens, une circonstance atténuante. Au lieu que le démon Gabriel se vante de ses multiples bonnes fortunes - et n'y a-t-il pas eu, à Alger, un juge assez naïf pour lui permettre de partager la même couche que son enfant unique ? Étonnons-nous que cet auteur peste au passage contre les parents qui surveillent leur progéniture de trop près... Ce qui m'a sidéré - si j'étais grossier, je dirais "j'en ai été sur le cul", ce qui irait parfaitement dans le contexte matznéffien - c'est que nombre de ses victimes (car il s'agit bien de victimes, n'est-ce pas ?) entretenaient ensuite une correspondance avec le sodomite, dont il nous délivre avec gourmandise les "bonnes feuilles". Il n'est pas jusqu'à cette jeune collégienne de Macon - il n'a pas pu arriver complètement à ses fins avec elle, d'ailleurs - qui par la suite lui écrit des choses tendres... Et dire que le loustic se permet des remarques méprisantes sur certaines de ses éphémères conquêtes... Je n'ose parler du complexe de Stockholm, et pourtant.</p> <p>En définitive, il s'agit là d'une sorte de Fourniret avant la lettre - sans les crimes, certes - mais comme lui obsédé par la virginité, un Fourniret gosse de riches, pourvu d'une "bourse" fort importante, qui donc peut demeurer oisif et se consacrer toutes affaires cessantes (hors ses séjours en hôpital psychiatrique) à l'assouvissement de ses penchants - ses études désintéressées et ses sordides chasses intéressées. Et ce qui continue à me poser question (qu'on ne m'allègue point que c'est à cause du vent, qui a tourné), c'est que cet odieux personnage n'ait jamais été inquiété par la Justice (si, brièvement, dans l'affaire dite du Coral), ou qu'aucun père de famille ne soit venu lui régler son compte ; cependant que la dite Justice exhume des affaires vieilles de trente ans et plus, pour apposer le sceau de l'infamie sur des petits curés et leurs supérieurs hiérarchiques (certes, ce n'est pas immérité, au contraire). Selon que vous serez puissant ou misérable...<br /> Mais voilà que, le hasard faisant en la circonstance bien les choses, j'ai aussi eu en main un ouvrage de la dénommée Denise Bombardier (<em>Lettre ouverte aux Français qui se croient le nombril du monde</em>, paru en 2000 chez Albin Michel), ouvrage n'ayant de prime abord aucun rapport avec la pédophilie. Cette écrivain(e) canadienne nous rapporte un vif incident ayant pris place au cours de l'émission-phare de Bernard Pivot, le 2 mars 1990 ; il me plaît de le rapporter ci-après en entier :</p> <p> </p> <p><span style="font-size: 80%;">"Les <em>parisianistes </em>vivent en autarcie intellectuelle, sociale, politique, morale voire culi­naire. Et tout est affaire de timing [Qu'on me pardonne ce mot anglais qui fait chic dans leur bouche]. On doit lire tel livre, voir tel film, boire tel vin, fré­quenter tel restaurant, assister à tel spectacle au bon moment. Un mois plus tôt, six semaines plus tard, et cela devient plouc ou dépassé. Le parisianisme, à la manière des produits de consommation, est une denrée périssable mais, contrairement aux produits soumis aux impératifs physico-chimiques, ses pratiques relèvent plutôt de critères mystérieux voire ésotériques. Qui décide que Johnny Hallyday est in et Alain Delon off, que lire <em>Les lnrocks</em> est "classe", <em>L'Équipe </em>un "must", <em>Libération </em>incontournable, <em>Le Figaro </em>impérativement contournable, que Bernard Pivot est "has been" mais Jack Lang "hot" et que le dévoilement de la vie triangulaire de Sollers, Rolin et Kristeva fait chic et celle des Tartempion dans un de ces reality-shows télévisuels est un signe d'indigence sociale, voire d'aliénation. </span></p> <p><span style="font-size: 80%;">À New York, le succès seul détermine l'appartenance au new-yorkisme, "If you can make it there, you'll make it anywhere", chante Sinatra dans <em>New York, New York </em>["<em>Si vous réussissez là, vous réussirez n'importe où</em>"]. À Paris, la réussite ne garantit pas obligatoirement l'entrée dans la tribu parisienne. Il faut également penser du bon côté, aimer les icônes culturelles marquées du nihil obstat du clan auquel on s'identifie et cela en étant solidaires de spectacles qu'on a trouvés nuls, de livres qui nous tombent des mains, de chanteurs qu'on n'a jamais écoutés. Et s'impose la pratique du cynisme et de la dérision pour déstabiliser l'interlocuteur afin de discriminer les benêts des futés, lesquels sont introduits dès lors dans la "famille". D'ailleurs, que l'on croie ou non à l'institution familiale, on aime à parler de "famille de pensée". </span></p> <p><span style="font-size: 80%;">L'on me permettra ici de revenir sur une tempête médiatique que j'ai déclenchée il y a quelques années et qui m'a permis de démonter la mécanique <em>parisianiste</em>. Au cours d'un passage à "Apostrophes", à l'occasion de la sortie d'un de mes romans, j'ai, c'est le cas de le dire, apostrophé Gabriel Matzneff, pédophile et orthodoxe pratiquant (à l'époque) invité pour venir discourir sur son·<em>Journal</em>. Dans l'ouvrage, qui précisons-le n'est pas un roman, l'auteur racontait, au fil des pages, ses passionnantes activités parisiennes dont la sodomisation de jeunes garçons et filles (15-16 ans), victimes consentantes et flattées des attentions matzneffiennes. La lecture de ce livre m'avait révoltée et j'avais décidé d'affronter ce personnage qui utilisait sa notoriété douteuse afin d'attirer les enfants dans ses rets. Prévenue par mon éditeur du tort que risquait de subir mon livre en provoquant un esclandre face à ce pur (si l'épithète s'applique) produit branché du parisianisme littéraire, je me préparai mentalement à assumer les retombées éventuelles mais sans y croire vraiment. Car, dans ma naïveté, j'étais convaincue que cet étalage "pédophilique" (on dit bien médiatique) n'allait pas trouver de défenseur hormis les pédophiles eux­-mêmes, lesquels se réjouiraient en silence. Quelle erreur de jugement de ma part !</span></p> <p><span style="font-size: 80%;">Les "amis" de Matzneff montèrent aux barricades. Dans <em>Le Monde</em>, Josyane Savigneau (de la part d'une femme, cela me stupéfia) se commit d'un long papier à la défense de Matzneff, coiffé du titre "L'homme qui aime l'amour". Philippe Sollers, à la télévision, me traita de mégère et de mal baisée. Dans <em>Libération</em>, Jacques Lanzmann me descendit en flammes et le roman par la même occasion, en reprenant les arguments étoffés de son camarade ex-maoïste. Il termina sa "critique" en me conseillant de retourner sur mes banquises. Autrement dit, il m'invitait à me congeler le cul faute de l'utiliser. </span></p> <p><span style="font-size: 80%;">Je considérai d'abord que l'expression "mal baisée" constituait un affront aux hommes québécois, particulièrement ceux qui ont traversé ma vie amoureuse mais la violence des propos publics des amis de Matzneff, leur propre indécence et, je dirais, l'immunité dont ils bénéficiaient au sein de leur mouvance gaucho-décado-littéraire en disaient long sur leur réseau parisien. Je doute que la plupart ait pris la peine de lire l'ouvrage en question. Leur défense procédait d'une réaction classique d'autant plus exacerbée qu'il s'agissait de ma part, à leurs yeux, d'entraver la libre expression de la sexualité. </span></p> <p><span style="font-size: 80%;">Quelques jours plus tard, le président Mitterrand me reçut à l'Élysée. Je savais que l'ouvrage de Matzneff avait gêné la Présidence. En effet, dans ce même journal, l'écrivain racontait un déjeuner à l'Élysée auquel il avait été invité et citait François Mitterrand qui lui aurait déclaré alors : "Cher Matzneff, continuez votre bon travail". Or, comme ce dernier nous avait décrit avec forces détails ses prouesses de séducteur sodomiste la veille du repas élyséen avec une "petite oie" de quinze ans et demi du lycée Henri IV, le lecteur ne savait plus si les félicitations présidentielles étaient applicables à l'œuvre littéraire de l'auteur ou à ses ébats sexuels. Bref, le président était embêté et il voulait le faire savoir. "Alors, ce Matzneff, vous l'avez malmené, me dit-il avec un sourire entendu. Il est vrai, enchaîna-t-il, que je lui ai jadis reconnu quelque talent et une certaine culture. Malheureusement (sa voix se fit théâtrale), il a sombré dans la pédophilie... et la religion orthodoxe ! - Dans mon pays, il serait mis en prison, Monsieur le président, ajoutai-je. - Ah ! fit-il en balayant l'air de son bras, vous les connaissez comme moi ces intellectuels parisiens. Ils sont si obsédés de paraître libéraux, surtout en ces matières si délicates, qu'ils errent". Puis, il changea de sujet de conversation, "Comment vont vos amis de droite ?" me demanda-t-il, l'air de dire : "Parlons de choses sérieuses"…</span></p> <p> </p> <p>Ainsi, la pédophilie n'était pas une affaire sérieuse, aux yeux du chef de l'État. Passons avant de passer à la suite, et mentionnons une réaction dont notre Denise québécoise ne souffle mot (mais en avait-elle eu connaissance ?) : elle subit aussi les foudres sarcastiques de l'immonde Christine Angot !<br /> Ainsi, l'incident <em>Apostrophes </em>et ses suites nous permet opportunément de ranimer la flamme de nos souvenirs. Ce que Denise Bombardier nomme le "parisianisme", c'est à la vérité la toute puissante "gauchosphère" germanopratine et ses tristes zélateurs. Il s'agit de cette engeance qui possède des relais tellement puissants dans les milieux intellectuels et médiatiques, et qui, sur le point qui nous occupe, a toujours défendu des idées bien arrêtées. C'est ainsi que<em> Le Monde</em> (où l'on s'ennuie) a donné la parole à la gauchosphère le 26 janvier 1977, jour de la publication d'une "lettre ouverte" aux Parlementaires pour défendre les actes d'odieux pédophiles versaillais au nom de la libre jouissance, lorsque le "consentement" (!) des enfants était acquis. Et parmi les soixante signataires de ce torche-cul, on ne s'étonnera pas de relever les noms de Jack Lang, de Jean-Paul Sartre, de Bernard Kouchner, de Catherine Millet,&nbsp; de Jean-Louis Bory, de Jean-Luc Henning, de Patrice Chéreau, de&nbsp; Roland Barthes et, naturellement, de Gabriel Matzneff (qui, sauf erreur, était à l'origine du papier)... Naturellement, <em>Libé </em>emboitait le pas de son confrère, pour promouvoir en mai de la même année la constitution du <em>Front de libération des pédophiles</em>... J'ajoute que nombre de ces signataires avaient aussi vivement applaudi aux délires fascistes du <em>Grand Timonnier</em>, n'oubliant pas au passage de cracher sur tout ce qui était compte-rendu objectif de la situation chinoise (Simon Leys, <em>Les habits neufs du président Mao</em>) ; puis, toute honte bue lorsque la vérité ne put davantage être celée, rentrèrent dans le rang comme si de rien n'était et continuèrent à pérorer. Ces infects personnages <em>n'ont pas de figure</em>, selon la savoureuse expression méridionale. Mais ils disposent d'un incroyable pouvoir, dont ils savent user à discrétion pour nous contraindre à <em>penser du bon côté</em>.<br /> Ajoutons au passage que les mêmes, du moins ceux qui parmi eux sont encore de ce monde, ont pris position pour le mariage homosexuel, l’homoparentalité, la PMA pour toutes, bref, pour le dynamitage de la famille traditionnelle et l'effacement des pères. Tout un programme.</p> <p>Que j'espère n'être pas le seul à qualifier d'infâme.</p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2019/02/11/D-un-philop%C3%A8de-et-de-ses-z%C3%A9lateurs#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/894 Il a été Placé en garde à vue urn:md5:cc7bfc4de2d19c4017a979cdd3887582 2018-04-05T10:55:00+02:00 2018-04-05T12:03:14+02:00 S H Pipoles <p>"<em>Je me souviens que cet argument</em> [les mesures en faveur des enfants d'immigrés nord-africains, dont n'ont jamais bénéficié les enfants des "boat people", qui ont réussi sans se plaindre, par leur ténacité]<em> avait été utilisé, au Sénat, par un élu courageux, Jean-Louis Masson (ingénieur ancien élève de Polytechnique et titulaire de deux doctorats d’État, rien que ça !) qui avait mis en avant cette comparaison. Mal lui en avait pris : le ban et l'arrière-ban sénatoriaux, rouges de colère et d'indignation évidemment feinte, vouèrent aux gémonies ce pelé, ce galeux mal embouché, qui avait osé sortir des plates-bandes du politiquement correct. Et je me souviens de l'intervention, la main sur le cœur, du sinistre Jean-Vincent Placé, l'ex-jules à la Duflot - les deux têtes à claques que j'abhorre par-dessus tout, dans notre pays</em>".</p> <p>Tels sont les propos que je tenais, il y a un an et demi à peu près, <a href="https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2016/11/01/D%C3%A9composition-fran%C3%A7aise-et-manque-d-investissement">sur ce blog</a>. Je ne savais pas alors que le "<em>sinistre Placé</em>" nous révélerait bientôt sa vraie nature : en effet, hier au soir, ayant sous l'emprise de l'alcool insulté des femmes et "<em>proféré des injures racistes à l'encontre du videur d'origine maghrébine</em>" de l'établissement parisien où il était venu s'encanailler, il s'est retrouvé en garde à vue - non sans avoir au préalable traité les policiers venus l'arrêter de tous les noms d'oiseaux (espérons que parmi ces fonctionnaires, il ne s'en trouvait pas "de couleur").</p> <p>Et les réseaux sociaux de prendre l'affaire à la rigolade, et de s'en donner à cœur-joie : "<em>Il est de Séoul, il se saoule !</em>"... "<em>Placé en garde à vue. Avec un nom comme ça, il ne pouvait pas y échapper...</em>"... "<em>Et le juge lui collera une amende... qu'il se hâtera de ne pas payer, selon ses petites habitudes !</em>"... Sans oublier la remarque d'un lettré (ou d'un bon connaisseur des pages roses des anciens Larousse) : <em>comme disaient les Anciens,&nbsp; "Arx Tarpeia Proxima Capitoli</em>"... Pour ma part, je me contenterai de souhaiter que le Placé&nbsp; n'était pas dans cet établissement "aux frais de la princesse". Pourtant, est-ce vraiment sûr ?</p> <p>Quoi qu'il en soit, il se dit qu'à la suite de ce faux-pas (mais était-ce le premier ? Depuis Tartuffe, on sait ce que valent les donneurs de leçons), l'ex-sénateur a décidé d'arrêter la politique : certes, il pourra toujours se reconvertir dans la limonade...</p> <p>Mais la relation de ce fait divers - hasard du calendrier ou malignité journalistique ? - figure tout juste au-dessous d'une nouvelle qui va faire chavirer le cœur du bon populo : Cécile Duflot, autre ministre inénarrable de Flanby, arrête la politique….</p> <p>Je me demande si les deux anciens amants ont pris leur décision de conserve... Ou s'il faut en conclure que les grands esprits se rencontrent…</p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2018/04/05/Il-a-%C3%A9t%C3%A9-Plac%C3%A9-en-garde-%C3%A0-vue#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/888 Ce désir fou de vivre une autre vie urn:md5:29b66f2d8b9b7a5fd00de27ba5b3c7d3 2017-12-06T14:11:00+01:00 2018-01-06T12:17:57+01:00 S H Pipoles Johnny <p>On l'appelait <em>l'idole des jeunes</em>, comme le proclamait l'une de ses premières chansons. C'était le cas : je me souviens à cet égard qu'un sondage, effectué dans une Fac <u>scientifique</u> en 1969 (année érotique), révéla qu'un tiers à peine des étudiants savaient que la découverte de la pénicilline était due à Sir Alexander Fleming, alors même que la quasi-totalité n'ignorait pas que Jean-Philippe Smet était la véritable identité de Johnny Hallyday...</p> <p>Il était en tout cas fort loin d'être l'une des miennes, aux temps lointains de nos jeunesses quasi-communes. Et je le considérais davantage comme un voyou violent et sans culture (il suffisait de l'entendre parler !), et toujours prêt à faire le coup de poing. Je me souviens ainsi de cette lettre indignée de lecteur, parue au milieu des années soixante dans le défunt "<em>Provence-Magazine</em>" qui narrait une baston l'ayant opposé à Johnny, parce qu'il s'était trop approché de la table où le chanteur et ses musiciens se restauraient après un concert. Et puis un jour, j'entendis Georges Brassens parler à son sujet d'un "type très digne", et cela me donna à penser. Et surtout un saint homme, un pasteur protestant qui avait beaucoup compté dans la formation de mon adolescence, me conta une histoire édifiante. Lassé de voir les murs de la chambre de leur fils cadet constellées d'immenses affiches à la gloire de l'idole des jeunes, il avait décidé, avec son épouse, et malgré leur légitime prévention, d'emmener le dit fils à un concert de Johnny&nbsp; : "<em>à aucun moment du concert</em>", me dit-il, "<em>il n'y a eu de vulgarité</em>" ; et cela me suffit pour effectuer sur le champ mon chemin de Damas et me mettre à goûter quelques titres, au nombre desquels je citerai <i>Gabrielle</i>, dont j'apprécie encore, outre la mélodie, la virtuosité de l'interprétation.</p> <p>Naturellement, les morts étant tous des braves types, les éloges dithyrambiques ont commencé à pleuvoir, dès le milieu de la nuit, comme hallebardes à Saint-Privat. Ainsi du Président affirmant en jeune présomptueux : "<em>De Johnny Hallyday nous n’oublierons ni le nom, ni la gueule, ni la voix, ni surtout les interprétations, qui, avec ce lyrisme brut et sensible, appartiennent aujourd’hui pleinement à l’histoire de la chanson française. Il a fait entrer une part d’Amérique dans notre Panthéon national</em>". Et on rapporte même que l'hommage vient aussi de l'international vers le "<em>French Elvis</em>" ; ce que ma modeste expérience dément, car j'ai assez fouillé les bacs des disquaires new-yorkais pour savoir que les galettes de notre Johnny national, n'y avaient guère droit de cité... Et puis, n'est-il pas vrai que Bashung (qui certes n'avait pas, tant s'en faut, l'envergure de Hallyday) a été&nbsp; - que c'est injuste - pratiquement passé par pertes et profits, sitôt sous terre ?</p> <p> </p> <p>Par ailleurs, tout ce que je lis sur le disparu est pudiquement revêtu du manteau de Noé : la vie de notre Johnny - peut-être à cause d'une enfance tellement erratique - fut constellée de scandales, que ce soit à cause d'un nez trop poudré, de boissons trop raides, ou de désordres sexuels - dont il se sortit toujours à son avantage. Et là, parce que nous sommes en plein délire "féministe", je cite ici une remarque que j'ai entendue il y a peu dans la bouche d'une charmante personne : "<em>Le harcèlement, c'est quand l'homme n'est pas beau, et ne danse pas particulièrement bien...</em>" Ah que c'est bien vu, et pensé ! Car tous sont loin d'être égaux devant ce "phénomène de société" : voyez les trognes assez répugnantes des deux derniers "harceleurs" en date, Harvey Weinstein et Denis Baupin (ce dernier a seulement senti le vent du boulet, à cause de la bienvenue prescription) : eussent-ils hérité de la beauté d'un Gary Cooper, d'un Delon/Belmondo, ou d'un... Kennedy, que l'impunité continuerait à être longue, longue...</p> <p> </p> <p>Demeure que cette vie qui ne fut donc pas un fleuve tranquille, a été de plus en plus digne - et Brassens fut bon juge et prophète ; elle me fait irrésistiblement songer au Psaume 20, ce me semble : "<em>Eux, ils plient et s’effondrent ; nous, debout nous résistons</em>"... Je n'irai cependant pas jusqu'à dire, avec Polnareff : "<em>Il était un grand exemple pour nous tous</em>"...</p> <p>Et maintenant que la comédie est terminée, dans l'ombre notariale doivent commencer à s'agiter tous les ayants-droit - au gâteau qui ne doit pas être "inconséquent" : épouses, maîtresses, enfants de tant de lits... Car "<em>mon homme</em>", pour utiliser l'expression de la courageuse Laeticia, a été particulièrement généreux dans certain domaine. Je subodore que les empoignades seront rudes, et que les avocats seront les premiers à tirer leurs épingles du jeu... Ainsi passe la gloire du monde, et notons que la disparition de Johnny a complètement éclipsé celle de Jean d'Ormesson, qui - par chance - est immortel !</p> <p><strong>Petit ajout, pour raison garder : la lettre d'un lecteur ardéchois du Dauphiné libéré, publiée le 23 décembre.</strong></p> <p><font size="-1"><strong>"Héros national !</strong><br /> La République est bonne fille : oublié le temps des funérailles nationales, les millions d'euro que Johnny a soustraits au fisc en allant les planquer dans les paradis fiscaux. On me rétorquera qu'il en a fait gagner beaucoup plus à la France. À qui ? Sinon d'abord aux maisons d'édition de disques, à ses impresarios, à la presse people ? Johnny brillait incontestablement sur la scène, beaucoup moins dans sa vie privée et publique, mais on lui pardonnait tout. Quand on aime...<br /> La cérémonie funèbre a rassemblé une foule immense de gens venus de tous les coins de l'hexagone et même de l'étranger, animés d'une ferveur et d'une émotion qui se respectent. En même temps, je ne peux m’empêcher d'exprimer une certaine méfiance devant cet unanimisme célébré par le président Macron : oublions tout ce qui fâche, tout ce qui divise, rassemblons-nous dans l'unité nationale. Il gagnera peut-être quelques points dans le prochain sondage. Merci Johnny !<br /> À plusieurs reprises, le rapprochement a été fait avec les funérailles grandioses de Victor Hugo : c'est pour le moins indécent ! À ce sujet, je souscris pleinement à ce qu'a écrit Gilles Debernardi [éditorialiste du <em>Dauphiné</em>] dans un de ses derniers billets. Victor Hugo a payé de presque 20 ans d'exil forcé à Jersey son opposition au coup d'état du futur Napoléon lll ("Le Petit", comme il l'appelait). Les Parisiens en masse ont honoré aussi celui qui était resté avec eux dans le Paris assiégé par les Prussiens, au lieu de se réfugier à Versailles avec Thiers, le futur massacreur de la Commune.<br /> Par ailleurs, la disparition d'autres "géants" de la chanson, comme Trénet, Brel, Brassens, Ferré, Ferrat... n'a jamais donné lieu à un hommage aussi démesuré : d'accord, certains d'entre eux ne le souhaitaient pas, mais tout de même !<br /> On aura compris que je ne suis pas un fan inconditionnel de Johnny et je m'attends à des réponses indignées. Néanmoins, cela n'empêche pas d'aimer certaines chansons écrites par des paroliers de talent et servies par des musiciens de haut niveau".</font></p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2017/12/06/Ce-d%C3%A9sir-fou-de-vivre-une-autre-vie#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/886 D'un artiste de merde urn:md5:bbf235d63691194f951c4831b5497ab9 2016-10-10T04:10:00+02:00 2016-12-10T06:50:56+01:00 S H Pipoles <p>Naturellement, je ne penche ni pour Trump, ni pour la mère Clinton. Enfin, tout de même je me dois d'avouer que cette dernière m'est insupportable à un rare degré. Bien.<br /> Et je lis dans la presse (et même j'écoute, tout est possible aujourd'hui) une violente diatribe du grand acteur américain Robert De Niro à l'adresse du candidat républicain : "<em>Il est si manifestement stupide. C'est un minable, un chien, un porc, un escroc, un artiste de merde, un roquet qui ne sait pas de quoi il parle, qui ne travaille pas ses sujets, qui se fiche de tout, qui ne paie pas ses impôts. C'est un abruti. Colin Powell l'a dit mieux que tout le monde : c'est un désastre national. C'est une honte pour ce pays. Ça me met tellement en colère que ce pays en soit arrivé au point de mettre cet idiot, ce crétin, là où il est aujourd'hui.... Il dit qu'il aimerait donner un coup de poing à des gens ? Eh bien, moi j'ai envie de lui coller mon poing dans la gueule, etc. etc.</em>"</p> <p>Robert De Niro est manifestement un acteur de talent dont j'ai apprécié la prestation dans "<em>Il était une fois en Amérique</em>", mais surtout dans "<em>Heat</em>" - et parce que l'immense Al Pacino lui donne la réplique. Très bien.<br /> Il se trouve que cet acteur était à Paris, mi-février 1998. Il était venu y tourner "Ronin", sous la direction de John Frankenheimer. Mauvaise surprise ! Entre deux prises, il fut cueilli par des policiers de la brigade de répression du banditisme, et conduit - tel un vulgaire D.S.K., mais beaucoup plus discrètement - devant le juge N'Guyen qui se trouvait enquêter sur .... un réseau international de prostitution...</p> <p>Car il se trouve que De Niro se tapait des gonzesses bien sous tous rapports, mais appartenant à une filière de call-girls démantelée un an auparavant, pour des sommes allant jusqu'à... 10 000 euro la nuit (cherchez pas, c'est pas pour vous). Un type bien, quoi : dans le genre de Trump.</p> <p>Autrement dit, <em>un minable, un chien, un porc, un escroc, un artiste de merde, un roquet</em>...</p> <p>Naturellement, il s'était aussitôt adjoint les services du "fameux" Georges Kiejman (pour 10 000 euro la prestation ?), lequel avocat s'empressa d'annoncer qu'il avait porté plainte contre le juge N'Guyen pour violation du secret de l'instruction, et... infraction à l'article 432-4 du code pénal sur la liberté d'aller et venir !!!</p> <p>Rien ne vaut un bon avocat pour garder la liberté d'aller et venir : immédiatement, De Niro reprit ses allées et venues. Avec une poutre, pour lui. Et une paille pour Trump.</p> <p>Mais remarquons que treize ans plus tard, Strauss-Kahn ne bénéficia pas, de l'autre côté de l'Atlantique, de la même exquise courtoisie...<br /> <br /> <strong><span style="font-size: 7pt;">Il est vrai que la réaction de Robert de Niro est quand même assez surréaliste.<br /> Que lui dire sinon qu'il n'est plus dans un tournage de Martin Scorcese ! Que lui dire sinon qu'à côté d'Hillary Clinton, ce Donald n'est pas un mickey... - Olivier.</span></strong></p> <p> </p> <p> </p> <p><strong>[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]</strong></p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2016/10/10/D-un-artiste-de-merde#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/758 Rocard-Wiesel, in excelsis urn:md5:95677c122e2dbdf66501dbcaea37f164 2016-07-03T05:46:00+02:00 2016-12-10T05:48:43+01:00 S H Pipoles <p>On a appris, ce dimanche matin, de façon pratiquement conjointe, deux disparitions survenues samedi : celle de Michel Rocard et celle d’Élie Wiesel, rescapé de la Shoah et prix Nobel de la paix ; tous deux s'étant éteints à peu près au même âge.<br /> Sur le premier de ces défunts, les manchettes journalistiques immédiatement apparues sur la Toile rivalisent de dithyrambes, car <em>les morts</em>, n'est-ce pas, <em>sont tous des braves types</em> : "<em>Michel Rocard, monument de la Ve République</em>", "<em>Michel Rocard, rêveur réaliste</em>", "<em>Michel Rocard, théoricien de la deuxième gauche</em>"...</p> <p>Théoricien, c'est bien là que le bât blesse...<br /> Car cet homme, certes, était fort lucide, du moins en théorie : il avait d'ailleurs exprimé sa lucidité à l'égard de ses propres "amis politiques", en octobre 2005, dans un véritable brûlot assassin, "<em>Si la gauche savait</em>" (aux Éditions Robert Laffont). Il avait bien auparavant confié à qui voulait l'entendre son désarroi lors de la victoire de la gauche, en mai 81 : il disait avoir été "<em>terrifié</em>" par "<em>l'inculture économique</em>" des socialistes... On put, en effet, juger des résultats... que d'aucuns continuent à vénérer... Un an plus tard, lors des désordres entraînés par l'histoire du C.P.E. (qui ne sont pas sans faire irrésistiblement penser à ce qui se passe actuellement à propos de la loi dite "El-Khomri"), il était allé jusqu'à parler "<em>d'une nation excitée</em> [mais excitée par qui ? Sinon par ses homologues]<em>, peu capable de regarder la réalité</em>" en face !<br /> Comme l'on a dit de l'Abbé Pierre qu'il était "<em>l'insurgé de Dieu</em>", on pourrait donc qualifier Rocard "<em>d'insurgé de la gauche</em>".<br /> Mais voilà, n'est pas Jacques Vingtras, je veux dire Jules Vallès qui veut.<br /> Fils d'un père savant d'une insigne valeur, Rocard, qu'on le veuille ou non, était né avec une cuiller d'argent dans la bouche. Et son adolescence ne fut pas celle de Wiesel... Dès lors, comme tant d'autres zozos dits de gauche, il est assez ridicule de prétendre se mettre au service des opprimés, ou qui se croient tels : jusqu'à ambitionner de leur apporter la lumière... Et Rocard, en de trop nombreuses occasions, se montra particulièrement ridicule.<br /> Je songe par exemple lorsqu'il apparut un soir à la télé, poudré à frimas, pour enclencher soi-disant le big-bang en annonçant, depuis Conflans-Sainte-Honorine, sa candidature à la Présidence de la République, petit coup de com et de force qui échoua lamentablement ; ou encore lorsqu'il se pointa aux côtés d'un Mitterrand goguenard, lui enfermé dans un improbable imperméable et chaussé de godillots rubiconds dénichés je ne sais où ; je songe aussi à cette lamentable séquence télévisée, sous la houlette du camé Thierry Ardisson, lequel l'interpella d'un "<em>ma couille</em>" qui fit rougir de honte et de colère tout ce qui demeure de républicain en France ; mais pas Rocard, qui avait, sinon de la poudre, du moins quelques verres de trop dans le pif ; et je ne peux oublier cette incroyable nomination "d’Ambassadeur pour les pôles", géniale trouvaille du capitaine de pédalo. Certes, il se voulait, il se proclamait maître aux pôles, mais tout de même...</p> <p>Et comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je me souviens des affreux et sanglants râles qui accompagnèrent la fin du conflit algérien. À cette époque, naissait le lilliputien PSU. Qui fit placarder des affichettes dans toute la France (métropolitaine) : "<em>Avec le PSU, et contre l'OAS agissez !</em>" Les affichettes présentaient l'OAS écrasé entre une enclume et le marteau du PSU (il n'y avait pas de faucille...). Le PSU prétendant écraser l'OAS ! Laissez-moi rire, si je puis dire. Car en réalité, cette action consista uniquement à transformer les rares militants en autant de "porteurs de valises" ; et cela, qu'on le veuille ou non, porte un nom : cela s'appelle traîtrise envers la Patrie...</p> <p>Parvenu "aux Affaires", Rocard pondit la très brillante idée du GVT, ou "Glissement Vieillesse Technicité" (sic) : ou l'art de geler le point d'indice, et de supprimer l'échelle mobile (des prix et des salaires) : indiquez-moi à quelle occasion le peuple de France s'est davantage fait enfiler ?<br /> Et je songe aussi à cette obligation - assez irréalisable - pour les communes de créer un taux faramineux de "logements sociaux" dont l'attribution échappe souvent aux "souchiens". Et je ne manquerai pas d'oublier son très intense désir de faire entrer la Turquie et ses cent millions d'habitants, pays musulman d'Asie, au sein de l'Europe, autrement dit de la France ! Comme si nous n'étions pas assez déstabilisés ainsi !<br /> Pour faire court, Rocard avait des idées sur tout. Il avait surtout des idées... Pas souvent lumineuses. Que restera-t-il donc de lui ?<br /> Paix à son âme de protestant, certes. Mais à mon sens, Élie Wiesel était d'une envergure tout autre... Et qu'importe après tout : ces deux disparitions ont disparu assez rapidement et comme par enchantement, ensevelies sous l'autre fait capital du jour, le match entre les "Bleus" et l'Islande. Pauvre France !<br /> <br /> <strong><span style="font-size: 8pt;">Rocard, pas celui qu'ils voudraient qu'on croie. Enfin un portrait post mortem qui recadre la soi-disant "grandeur" proche d'un Léon Blum (sic) de ce politicien intelligent mais qui se conduisait comme un pantin désarticulé dans les ficelles du marionnettiste en chef qu'était Mitterrand. Il nous a refilé le Rsa et la Csg, deux virus aspirateurs de l'assistanat pour tiers monde en recherche de l'hôte intermédiaire et dont le vaccin salvateur n'est pas près d'être mis sur le marché. Merci pour ces toujours pertinents et courageux recadrages ! - Nicolas<br /> <br /> <em>Le Canard Enchaîné</em> l'avait surnommé du cruel "Le Gonflant de Ste Honorine" et je pense qu'au-delà du plaisir de faire un bon mot, il devait bien y avoir pour le Canard.... un fond de sauce ! "<em>Méfiez-vous de votre première impression, c'est souvent la bonne</em>" disait Talleyrand... Ceci dit, vivement que je sois mort, qu'on dise du bien de moi ! - Olivier</span></strong></p> <p> </p> <p> </p> <p><strong>[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]</strong></p> https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?post/2016/07/03/Rocard-Wiesel%2C-in#comment-form https://www.samuelhuet.com/blog/index.php?feed/atom/comments/751