Brocantes et vide-greniers...

J'aime, le dimanche, à flâner au long de diverses brocantes, en guise de repos après six jours de travail souvent intense, la plupart du temps intellectuel. Ainsi, dimanche dernier, je fus visiter l'un de ces "vide-greniers" (pièces apparemment effroyablement pleines, car elles ne se vident jamais) qui se tenait dans la cour d'une école élémentaire, ou plus exactement dans les cours, jumelées pour l'occasion, de deux écoles élémentaire et maternelle.

Ce qui faisait de la surface. Et du monde pour chiner, malgré l'heure matinale à laquelle je me présentai à l'entrée.
À peine entré, balayant du regard la foule des badauds, je ne pus m'empêcher d'éprouver certain picotement d'humeur, tant j'aperçus de femmes voilées, certes pas totalement (encore heureux), mais presque entièrement recouvertes, en dépit de la chaleur estivale en train de s'installer. L'avez-vous seulement remarqué ? Ces femmes sont dans leur immense majorité d'une laideur repoussante, et c'est peut-être à cause de cela, pour cacher leur honte, qu'elles se dérobent à nos regards, d'ailleurs nullement concupiscents. Mais il y a plus : au-delà de leur insigne disgrâce, elles tirent toutes une tronche de six pieds de long, comme si le bracquemart rabelaisien de Dsk s'était introduit en leur fondement... Non, je plaisante. Enfin, à peine...

En tout cas, pour revenir à ma brocante, il y avait plus de femmes voilées au mètre carré, en ce lieu dévolu à l'activité scolaire, qu'il ne s'en trouve dans les rues de Marrakech : je le sais, j'y suis été. Seulement voilà, le chef d'orchestre qui les voila ne savait sans doute pas qu'un tel bâtiment d'école est grevé d'une utilisation exclusive au service public d'éducation. Qu'il y est interdit d'y fumer, ou d'y arborer des tenues que je qualifierai d'exotiques, manifestant une appartenance religieuse ostentatoire. Jusques et y compris le jour du Seigneur, car le grèvement est permanent.


Seulement, voilà (bis) : nous sommes lâches. Et toute tentative de faire appliquer la loi, qui s'impose à tous, y compris aux femmes qui veulent publiquement manifester qu'elles ne sont rien, sinon des êtres inférieurs et soumis, des bonnes à tout faire d'hommes (mais sont-ces des hommes ?) d'ailleurs surveillant plus ou moins discrètement leurs fatmas (des fois qu'on les leur pique) est vouée à l'échec.
Les directeurs des écoles concernées eussent-ils voulu, présentement, s'assurer du respect absolu de la loi ? Il n'est pas sûr que leurs supérieurs les auraient suivis, sur ce terrain glissant. Mon expérience, et elle n'est pas mince, m'a appris que plus on s'élève dans la hiérarchie, plus on est "consensuel" (surtout, pas de vagues !) et inapte à prendre des décisions qui risquent de fâcher. Sauf à être général de brigade à titre temporaire.

Les dits Directeurs eussent-ils pris les devants, et fait placarder, à l'entrée des lieux dont ils assument la responsabilité, "Les signes religieux ostentatoires sont interdits dans cette enceinte", et fait refouler par quelques solides profs de gym les matrones ci-dessus mentionnées, et leurs gardes du corps improvisés, je suis à peu près sûr qu'une plainte aurait été déposée pour "discrimination" auprès d'un quelconque Tribunal administratif, ou autre - et en référé ! - qui aurait donné raison aux plaignants.

Nous sommes des lâches, incapables de défendre notre civilisation plusieurs fois millénaire - et nos précieux acquis de séparation. Et de plus, comme dirait méchamment Michel Onfray, nous avons montré par le passé que nous avions de solides aptitudes pour la collaboration...

Voile, burka et casquette.
Je regardais il y a quelque temps un reportage sur le Château de Chenonceau diffusé par la chaîne "Histoire".
A un moment, nous voyons le public sur le point d'entrer pour la visite guidée, et parmi eux un jeune bien de chez nous d'ailleurs, affublé d'une casquette à l'Américaine pour faire original (Il est bien connu que c'est en ressemblant à tout le monde que l'on fait original !).
En passant devant lui, le Guide lui dit simplement, mais d'un ton sans appel : "casquette".
Et le jeune bien de chez nous l'enlève sans broncher.
Comme quoi il suffit pour certains, de réveiller les bases endormies d'une certaine Éducation.
Mais pour les autres, trop de siècles nous séparent ! - Olivier

 

 

[Mon blog redémarre, là où je l'avais abandonné. Et j'y injecte peu à peu mes pages "Actualité", rédigées depuis ce pathétique 7 mai 2012. L'explication de ce revirement est à trouver à la date du 1er décembre 2016, 20:20]

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