Tombeau pour Joe Dassin

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Ou : parcourir le cimetière Betolan, Hollywood [Los Angeles]

 

 

On aimait ce garçon presque conscrit, dont la courte vie n'a pas été, loin s'en faut, un long fleuve tranquille (n'a-t-il pas, lui-même, chanté : "J'ai dépensé ma jeunesse comme une poignée de monnaie" ?) : il suffira de rappeler que d'inexpiables haines se manifestèrent jusqu'à sa sépulture...
On aimait sa joie de vivre sans prétentions, et quelques-unes de ses chansons, au-delà de l'Été indien, naturellement. On ne dira pas lesquelles...
Il s'en est allé voici vingt-cinq ans - et d'ailleurs les hommages audio-visuels ne manquent pas en ce moment puisque, même d'outre-tombe, le chanteur franco-américain fait encore vendre...
On se souvient que la livraison de Paris-Match qui fut publiée alors qu'une ultime crise cardiaque l'avait déjà terrassé, parlait d'une grosse fatigue du chanteur. Grosse fatigue, en effet... Dont il ne se remit pas. Comme Michel Berger, douze ans plus tard.

 

 

À Hollywood, quartier de Los Angeles, ça circule dans tous les sens. Pour trouver le cimetière Betolan situé au sud de la ville (sauf erreur de boussole), c'est coton.
Une fois entré (on le peut en voiture) dans cette immense plaine verdoyante, ombragée de palmiers, il faut évidemment se rapprocher du gardien.

Joe Dassin ? Connais pas.

(Sic transit gloria cantoris).

On insiste. Alors, il ouvre son grand registre. Fait écrire le nom recherché. Oh, Dassine ! s'écrie-t-il. Longues recherches dans les nombreuses colonnes. Puis le verdict, très sec : dans le carré juif, près de tel endroit.

Une bonne demi-heure consacrée à arpenter les allées infinies de "tel endroit", si paisibles. Et puis une tombe à l'américaine ; pas de ces superfluités européennes, de ces monuments gigantesques et autres preuves de la bêtise et de la fatuité : une tombe simple, comme toutes ses voisines. Un petit bouquet de fleurs rouges, à gauche.

Repose en paix, Joe. Tu l'as mérité. Et tu as mérité, aussi, de ne pas sortir de nos mémoires.