Lettre inquiète à mon homme (2)

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Mimet, samedi 8 octobre 1977

 

Tom,

 

J'entends ma voix qui te parle, mais je n'entends plus la tienne me parler.

Ne veux-tu plus communiquer avec moi ?

Qui as-tu choisi ? Sans doute pas moi... mais je suis bonne perdante, car en fait je ne me sens pas perdante puisque je te garde toute mon affection et mon amitié et je ne regrette rien de ce que nous avons vécu et qui n'appartient qu'à nous deux. Personne ne pourra jamais nous voler cela, personne ne saura jamais tout ce que nous avons ressenti ensemble.

Cela est à nous.

Depuis mon départ en Belgique tu ne me dis plus rien, ne cherches plus à me joindre. C'est le silence.

Je sais bien que tu préfères ne pas regarder les choses qui te dérangent mais quand tu es face à toi-même, que se passe-t-il ? J'ai certainement dérangé ta vie et j'en suis contente parce que c'est là qu'est la vie.

Alors pourquoi ton silence, pour la paix de ton couple ? Ou peut-être es-tu fâché contre moi oui contrarié par moi. Quoi qu'il en soit, j'aimerais que tu me le dises. Il est ridicule de faire comme si nous étions fâchés, si cela n'est pas le cas. Moi, je voudrais rester ton amie si tu le veux bien, parce que j'ai aussi besoin de ton amitié, de ton affection, si autre chose n'est pas possible.

Je tiens à ce lien qui nous unit et j'aimerais que nous sachions le cultiver et non pas le laisser à l'abandon. Petit Tom, nous pourrions nous voir pour savoir ce qu'il en est de nous aujourd'hui. Tu vois, je fais le premier pas, parce que si je ne le fais pas, peut-être que tu ne feras rien et que la situation restera ainsi en suspens. Sans qu'on sache, ni toi, ni moi, pourquoi.

Je ne veux pas t'emmener dans des troubles intérieurs, je ne veux pas bousculer le chemin que tu as choisi, mais je ne voudrais pas disparaître complètement de ta vie. Pour moi, il n'y a pas de raison de le faire ; mais peut-être en as-tu, toi ?

Alors, éclaire-moi sur ces raisons.

Voilà, le message est lancé ; à toi de vouloir l'entendre et le comprendre... à toi de jouer...

Je t'embrasse,

 

Béatrice